CHAPITRE XIII
CONSONNES : K et Gr.
Aspect da visage et jeu des organes dans la formation de ces consonnes. — Moyen de les enseigner. — Défauts les plus communs et procédés à employer pour les corriger. — Rapprochements philologiques.
k. — Dans l’articulation de on voit la langue se porter en arrière en se relevant, à condition que cette consonne soit associée à la voyelle a (fig. 72); quand elle est associée aux autres voyelles, ce mouvement ne peut être saisi.
Pour former cette articulation, la base de la langue se relève, entre en contact avec le voile du palais, comme le montrent les figures 73 et 74, celui-ci se trouve pressé entre la langue et la paroi pharyngienne, et tout passage de souffle est interrompu; puis la langue se détache vivement et une explosion se produit.
Pour enseigner cet élément à l’élève, on lui montrera dans le miroir ce mouvement de retrait de la langue et on lui fera sentir l’explosion du souffle sur la main (fig. 15) ou sur une feuille de papier (fig. 28).
Si la gymnastique linguale a été bien exécutée pendant la période préparatoire^ l’élève devra imiter facilement ce mouvement de recul et de relèvement de la langue.
S’il n’y réussissait pas, après quelques essais, on lui
ferait produire l’explosion du t, puis, avec le bout plat d’un crayon (fig. 23), ou simplement avec l’index, on lui repousserait la langue vers l’arrière-bouche; quand on croira l’élève capable de faire exécuter à sa langue le mouvement voulu sans ce secours, on retirera tout doucement le doigt en engageant l’enfant à continuer.
Fig. 72. r- K.
Au cas où l’enfant donnerait gu pour il faudra lui faire remarquer que le larynx ne vibre pas dans l’articulation de ce dernier.
Il se peut aussi qu’il laisse échapper du souffle par le nez et qu’il produise un élément double ressemblant à en ou gn; ce défaut provient de ce qu’il abaisse
Les substitutions de ^ à ou à t, et inversement^ sont très fréquentes, k s’est transformé en gu dans aigle (de aq’la), aigue {aqua), etc. Les jeunes enfants, avant d’avoir acquis une bonne articulation, prononcent tous /outeau pour couteau, ?and? pour ^'uand? tdîé pour café, etc.
Grui — Le ^ correspond à k comme d h t, comme v à /, è à p. L’aspect de cette articulation est donc le
Fig. 73.
même que pour la précédente. Le jeu des organes est le même avec cette différence que la base de la langue appuie un peu plus fort et sur une plus large surface contre le palais dans g que dans k (fig. 73 et 75).
Pour obtenir cet élément de l’élève on commencera par lui faire articuler le précédent, puis on attirera son attention sur le gonflement particulier et les vibrations de la région laryngienne (fig. 76).
Si ce procédé ne réussit pas, on pourra, de même qu’on s’est servi du t pour produire le k, faire articuler
consonnes; k et G. 233
d pour obtenir g en repoussant la pointe de la langue.
Les mêmes défauts peuvent se présenter que pour le précédent ; on les corrigera de même.
Fig. 76. — G (Gue).
Cet élément est parfois très long à obtenir et difficile à fixer. On ne l’obtiendra pas tant que ses homologues b et d ne seront pas bien acquis.