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CHAPITRE II

LIAISON ET ÉLISION

Définitions. Examen, pour chaque consonne pouvant terminer un mot, des cas où elle se lié au mot suivant et de ceux où elle ne se lie pas.’ — Du rôle de Vh dite aspirée. — Principales combinaisons où la liaison s impose. Exercices de liaison et d’élision. •— Remarque sur la prononciation des noms de nombres, — Petites formules pratiques renfermant des liaisons à faire.

Quand un mot finit par une consonne et que le mot suivant commence par une voyelle, il arrive fréquemment que la consonne finale du premier mot vient se joindre à la voyelle initiale du second et que les deux mots S6mblent n en faire qu’un : ç’est ce qu’on appelle une liaison.

Quand le premier mot finit par un e muet, cet e disparaît complètement dans la prononciation et la consonne qui le précède va s unir à la voyelle initiale du mot suivant : c’est ce qu’on appelle une élision.

Les liaisons à faire et les élisions à observer sont si fréquentes dans notre langage, qu’il est nécessaire de donner de bonne heure au sourd-parlant l’habitude des unes et des autres, si l’on veut que sa parole soit intelligible.

La liaison ne se fait pas toujours. Nous allons examiner, pour chaque consonne pouvant terminer un mot, comment se fait la liaison et dans quels cas elle ne se fait pas.

La consonne p ne se lie généralement pas :

Tout à coup 1 il s’évanouit.

Un sirop \ excellent.

Excepté après les mots trop et beaucoup :

Trop étroit, beaucoup à voir,

Trop aigu, beaucoup à dire.

Le P se lie chaque fois qu’il est suivi d’un e muet qui, alors, s’élide :

Le cheval galope et hennit.

Ce couteau coupe admirablement.

Ne se lie jamais quand il est seul :

Christophe Colomb [ a découvert l’Amérique.

Le b se lie quand il est suivi dhm e muet qui s’élide :

Une tromb^pouvantable.

Une colombe agile.

La liaison de là consonne m ne se fait Jamais non plus :

La faim i est mauvaise conseillère.

Excepté dans le cas où elle est suivie d’un e muet :

Homme habile.

Ma plume est petite.

Une pomme énorme.

Quand cette consonne se lie, elle se prononce tantôt f, tantôt V : ’

Soi^rdente, chétiMusecte, bœuj énorme,

Neu^ns, neu^eures, neuf hommes,

Neuf ardoises, neu^llumettes, neuf oranges.

LIAISON ET ÉLISION

Quand f est suivi d’un e muet élidé, il garde toujours sa valeur propre :

Étoffe anglaise.

Coiffe élevée.

Girafe étonnante.

Se présente rarement à la fin d’un mol. Garde sa valeur quand il est suivie d’un e muet et qu’il se lie au mot suivant :

Ma blouse neuve est déchirée.

J’ai une ardoise neuve et un vieux cahier.

Prend le son de z en se liant :

Mes amis, des animaux,

mes oreilles, tes ongles.

les yeux,

ces arbres.

Il conserve sa valeur propre lorsqu’il précède un e muet, si déjà il ne l’a pas perdue.

Ainsi on dit :

Une ros^dorante, ■ une ardoise épaisse,

Mais on dit :

Une valse^ntraînante, une fosse humide.

Se lie toujours :

Vene^i, chez eux, allez au diable.

Sauf dans le mot nez :

Un nez 1 aquilin.

et J Se trouvent rarement à la fin d’un mot. Quand on y rencontre ch, il a la valeur de k et se comporte comme lui.

Mais ch et j se lient quand ils précèdent un e muet élidé (1) ;

Une vacliê aride, un songe étrange, un visage avenant.

T Se lie souvent, mais reste nul plus souvent encore :

Cet enfant, cet homme, cet arbre,

tout enfant, tout homme, tout arbre.

Il est prudent I et bon,

C’est un objet I utile, c’est un enfant | aimable.

Il ne se lie pas quand il est précédé d’un r ou d’un c; c’est la consomme qui le précède qui se lie :

Déser^ immense, rempdrr^ élevé

il pari à midi, pari à deux,

aspeci affreux, respeci humain.

Il se lie toujours, cependant, après le mot fort employé comme adverbe :

Il est fort aimable, fort adroit, fort habile.

Le tne se lie pas après la conjonction et

J’ai une ardoise et \ un crayon je suis sage et | appliqué.

D Se prononce t en se liant :

Gran^omme, grand arbre, grand enfant,

pied-à-terre, vend-il, prend-il.

(1) Nous ne répéterons pas davantage cette observation qui se rapporte à toutes les consonnes précédant un e muet à la fin d’un mot sum d’un autre mot commençant par une voj^elle ou une h muette.

LIAISON ET ÉLISION

Le d ne se lie pas quand il est précédé d’un r ;

Le hasard est grand, dard aigu, le nord et le midi,

il perd à tout coup, boulevard agréable.

Excepté quand on joint par un trait d’union un verbe à son sujet :

Perd-il? Mord-il? Coud-elle?

Mais cette consonne garde sa prononciation normale dans le mot composé nord-est, alors qu’elle s’élide dans nord-ouest.

Ne se lie généralement pas à la fin du substantif :

Le pain | est cuit, un besoin j urgent,

une jçbanson I admirable, "

donnez le sein | à votre enfant,' le bien j et lé mal, un moyen 1 infaillible.

Mais il se lie après un adjectif : -

Mon ardoise, ton encrier, son habit, .

en plein air, vain espoir, moyen âge,

un arbre, un homme, aucun élève.

Et après les mots on, combien, rien, bien (adv.)

On aime, combien est-ce ? je n’ai rien à dire, vous êtes bien aimable.

Cette consonne ne se lie que si elle doit être prononcée normalement à la fin du mot qu’elle termine :

Le cie^st bleu, Tbétel est plein,

un bel arbre, le nouvel opéra,

un fusil 1 arabe, un outil ] ingénieux.

A la fin du mot gentil, le 1 se mouille pour se lier :

Un gentil^ami, un gentil enfant.

LES SOL'RDS-MÜETS.

Pt Ne se lie pas à la fin des substantifs :

Du papier | épais, un écolier | instruit,

le berger j est prudent, le savetier 1 est pauvre.

Sauf dans les expressions :

Cœur-à-cœur, tour-à-tour.

Il se lie à latin des adjectifs et des verbes :

Un léger effort, le premier âge, mon dernier^mi, aller à la chapelle, aller au dortoir,

manger avec propreté, étudier avec attention,

se promener avec un ami, etc.

C Ne se lie pas quand il ne doit pas être prononcé à la fin

d’un mot isolé :

Mon estomac | est faible, j’ai fait un accroc 1 à ma blouse, un almanach 1 élégant.

Se lie dans tous les autres cas :

Avec effort, avec ironie, un bec effilé.

Gr Le g final se lie, mais en prenant le son du c :

Le sang humain, un rang illustre.

X Se lie toujours et prend, dans ce cas, la valeur de z :

Deux^reilles, six heures, dix ans,

jeu^nocents, le flux et le reflux.

H aspirée Dans les cas où l’h est dite aspirée, elle n’a d’autre rôle phonétique que d’empêcher la liaison de se faire avec le mot auquel elle sert d’initiale. Voici quelques mots où l’h joue ce rôle :

Les 1 haricots, un [ hamac, un ] hangar, une 1 hache,

un I hanneton, la 1 haie, des | hardes, , des \ harengs,

un I héros, une 1 herse, une | harpe, un 1 héron.

LIAISON ET ÉLISION

la 1 hampe, un 1 hêtre, le I houblon, la I houle, la I hure, les I hussards,

la I hanche, le I homard, la 1 houille, une I housse, une ! huppe, la 1 Hollande,

je i heurtai, une I hotte, une I houe, une I houppelande, une 1 hutte, la 1 Haye,

un 1 hibou, le I hoquet, une 1 houlette, une I huche, un j huguenot, etc.

Faire toujours les liaisons, chaque fois qu’elles pourraient se faire, serait du pur pédantisme et nuirait plutôt à la bonne harmonie de la phrase émise. Mais il est des cas où la liaison est urgente et s’impose. Par exemple on doit toujours lier :

r L’article avec le nom :

Les enfants, des arbres, aux anges, etc. '

2“ L’adjectif avec le nom :

Bonj^vrier, gros arbre, petit encrier, son ouvrage,

ce^ndroit, ces abricots, tes oreilles, etc.

3" Le sujet avec le verbe :

Nous avons, vous avez,

nous aimons, vous aimez.

ils ont,

ils aiment.

4" Le verbe avec ses compléments ;

Mangez-en, allez^l’école, faites attention,

ils viennei^nsemble, ils sont aimés,

O Les prépositions avec les mots qu’elles régissent :

Devan^ux, dan^n tiroir, sous une table.

Remarque : Il ne faut jamais faire de liaison après un repos quelconque (1).

Dès les premiers pas que l’on fait dans l’étude de la phrase, les liaisons se présentent assez nombreuses. Il faudra tout de suite habituer l’élève à les faire, pendant qu’elles ne sont pas en trop grande quantité. Il est parfaitement inutile de remettre à plus tard l’étude de difficultés dont on peut triompher facilement de bonne heure.

Les deux exercices qui suivent les initieront à la liaison et à l’élision.

EXERCICE

une ardoise, une oie, une orange, une écrevisse, une image, une hirondelle, une épée, une éponge, une oreille, une assiette, une araignée, une amande, une armoire, etc.

AUTRE EXERCICE, un^^rdoise, une heure,

deux^rdoises. deux heures,

trois^rdoises, trois heures,

guatr^^rdoises, guatre heures,

(1) V. Cours d’articulation, par un frère des écoles chrétiennes (P. G.).

un élève, deux élèves,

trois élèves,

guatre élèves.

/ Un arbre, un homme, un ours, un agneau, un ongle un enfant,

EU \ un^uf, U

un oiseau, un étui, un ami, un âne, un encrier,

\ un épi, etc.

LIAISON ET ÉLISION

cinq éléves.

cinq ardoises.

cinq heures.

six éléves.

six ardoises,

six heures,

sept éléves.

sept ardoises.

sept heures.

huit élèves.

huit ardoises.

huit heures.

neuf éléves.

neuf ardoises.

neuf heures,

dix éléves,

dix ardoises,

dix heures,

onze éléves, onze ardoises, onze heures,

douze éléves, douze ardoises, douze heures,

vingt éléves.

vingt ardoises.

vingt-quatre heures.

trente éléves.

trente ardoises,

trente-six heures.

cent élèves.

cent ardoises.

quarante-huit heure

Remarque : Devant un nom ou un adjectif commençant par une consonne, les nombres cinq, six, sept, huit, neuf, dix se prononcent sans faire entendre la consonne finale. Ex :

cing francs, sia; plumes, les sep^ merveilles, huit jours, neuf cahiers, diæ livres.

Le t du nombre vingt se prononce depuis vingt et un jusqu’à trente :

vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre, etc.

Mais il est nul depuis quatre-vingt-un jusqu’à cent :

quatre-vingi-deux, quatre-vingi-trois, quatre-vingf-quatre.

PETITES FORMULES PRATIQUES renfermant des liaisons à faire.

Pour répondre à la question : où vas-tu?

Je vais au réfectoire,

je vais en classe.

je vais au parloir,

je vais au jardin, je vais aux cabinets,

je vais à la fontaine,

je vais en promenade,

je vais à la lingerie,

je vais au lavabo,

je vais au dortoir,

je vais à l’infirmerie.

A la lingerie.

Bonjour, Madame,

Mon pantalon est déchiré,

donnez-moi un pantalon, je vous prie.

Ma blouse est déchirée,

donnez-moi une blouse, je vous prie.

Mon mouchoir est sale,

donnez-moi un mouchoir propre, je vous prie.

Mon héret est décousu,

donnez-moi un béret, je vous prie.

Mes souliers sont trop étroits,

donnez-moi des souliers, je vous prie.

Je n’ai pas de lacets,

donnez-moi des lacets, je vous prie.

Je n’ai pas de cravate,

donnez-moi une cravate, je vous prie, etc.

Je vous remercie.

LIAISON ET ÉLISION

A l’înfirmerîe.

Bonjour, Monsieur le médecin.

Je suis malade,

je tousse,

j’ai mal à la tête,

j’ai mal à la gorge,

j’ai mal aux yeux,

j’ai mal au nez,

j’ai mal aux dents,

j’ai mal au coude,

j’ai mal^ doigt,

j’ai mal au genou,

j’ai mal au ventre,

j’ai mal au pied,

j’ai mal aux oreilles,

etc.

Je vous remercie.

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