RESPIRATION
Cette prononciation défectueuse vient aussi de ce que l’enfant respire mal à propos.
Nous avons dit, au cours de ldi. période préparatoire {\) ^ combien ilimportait défaire l’éducation de l’appareil respiratoire du sourd-muet à qui l’on se propose d’apprendre à parler. C’est ici le moment de s’assurer de cette importance et de mettre à profit les résultats obtenus par la gymnastique respiratoire faite au début de notre enseignement.
Quand on essaye de faire prononcer couramment une phrase par un sourd-parlant, on constate qu’il respire plus ou moins après chaque mot, après chaque syllabe ; le poumon est ramené à tout coup à la position de repos. Ainsi faisaient les lèvres, le menton, la langue de l’élève entre chaque élément, quand il s’agissait de lier les sons. Eh bien, de même que nous l’avons empêché de déplacer inutilement ses lèvres, son menton, sa langue, de même nous devons lui apprendre à ne pas ramener sans opportunité ses poumons à la position de repos, ce qui occasionne, chaque fois, une dépense de souffle trop considérable et produit ce double inconvénient de fatiguer l’enfant et de nuire à la
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bonne prononciation. On aura soin de faire remarquer à l’enfant qu’il n’est pas nécessaire de laisser échapper beaucoup de souffle de la poitrine à chaque articulation, mais qu’au contraire moins on en donne, plus ilen reste pour les émissions successives, et plus aussi la parole est naturelle. On pourrait au besoin faire précéder l’émission rapide d’une forte inspiration : l’air contenu dans la poitrine étant presque doublé, l’émission de la parole durerait plus longtemps. Tout l’art cansiste à savoir ménager son souffle (1). » C’est encore par l’emploi du toucher que l’élève pourra faire ces constatations ; le maître tiendra une main de l’élève devant sa bouche ou sur son thorax (fig. 14 et 15) et fera remarquer à l’enfant que la poitrine ne se soulève pas après chaque syllabe ni après chaque mot, mais seulement après un certain nombre de mots et que, même quand la voix s’arrête, aux endroits où doit être observée la ponctuation, il n’est pas nécessaire pour cela de faire chaque fois une inspiration.
Par exemple, dans le petit récit que nous avons reproduit plus haut, voici à quels moments nous permettrons à notre élève de respirer :
EXERCICE
Monsieur Martin a des châteaux (courte inspiration), des terres, des forêts (courte inspiration) ; il est très riche et il n’est pas fier (profonde inspiration).
Monsieur Martin a bon cœur (courte inspiration) : il aime et secourt les pauvres (courte inspiration) ; il fait soigner les malades (courte inspiration); il donne des vêtements aux malheureux (inspiration profonde).
Dans cet exercice, comme dans les précédents, on pourra, en dehors de l’emploi du toucher ou dans le même
(d) F. M. B. C., foc. cit., p. 101.
moment, suivre avec le bout d’une règle la phrase transcrite au tableau noir, s’arrêter aux endroits où la voix doit s’arrêter et relever la règle aux endroits où le thorax doit se soulever pour l’inspiration.
Pour notre part, nous nous sommes toujours bien trouvé de cet emploi simultané du toucher et de la vue.
On pourra faire aussi une expérience qui ne manque pas d’intérêt : se placer avec l’élève devant un miroir et lui montrer qu’en parlant à proximité de la glace on la brouille moins que lui, pour prononcer la même phrase.