MARCHE EN FLEXION
Nous ne nous dissimulons pas les difficultés de toute nature que rencontrera notre projet. Depuis dix ans on lui a fait, à maintes reprises, Taccueil qu’on fait aux importuns.
Cet acte de prendre le premier homme venu et de le faire courir sans aucune préparation devrait attirer l’attention, ouvrir les yeux et convaincre les plus incrédules. Malheureusement il faut compter avec la routine; on a beau dire : essayez et quel que soit votre âge, votre embonpoint ou votre maigreur, nous nous chargeons de vous faire courir immédiatement et aussi longtemps que vos jambes pourront vous porter. Personne n’en croit un mot. Ceux qui, par hasard, se décident, deviennent de fervents adeptes, mais c’est le petit nombre ; les autres ont peur, ils craignent le ridicule. Un jour, pour ne pas manquer un train, ils ont couru cinq minutes et sont arrivés au guichet sans respiration, haletants, exténués, pouvant à peine indiquer leur destination. Qu’allez-vous leur parler de courir des heures entières après une pareille tentative? Non seulement ils ne veulent rien admettre, mais, comme on juge toujours les autres d’après soi, ils sont convaincus qu’à part un petit nombre de « dératés », personne n’est en état de fournir une pareille course.
Un certain nombre de régiments d’infanterie font actuellement l’essai de cette méthode et, malgré l’inexpérience des officiers, qui n’ont pour les guider que la théorie que nous-leur avons communiquée, ils obtiennent des: résultats qui dépassent leurs espérances. Que serait-ce si nous avions pu leur donner des instructeurs bien dressés, parfaitement au courant de
EXEMPLES
l’espèce de « tour de main » qu’il est indispensable de connaître pour faire rendre à cette marche son maximum.
Que l’armée entre dans cette voie. C’est la seule peut-être où il y ait encore de grands progrès à réaliser. Qu’elle se pénètre bien de l’utilité de cette rénovation physique et le succès est certain.
Si, au contraire, nous continuons les mêmes errements, tout est à redouter.