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DES DIVERS MODES DE MARCHE

L’étude de la marche par M. Marey. — Variations du pas humain suivant la profession, l’état social, le caractère, le milieu.

L’étude de la marche, commencée depuis un demi-siècle par Borelli et les frères Weber, a été portée à un haut degré de perfection par M. Marey. Il a pu faire des recherches précises par la niéthode graphique réalisée avec Taide d’ingénieux appareils enregistreurs, mais surtout par la chronophotographie.

On est arrivé ainsi à décomposer les mouvements dans la marche, à

calculer le travail dépensé.

Apres avoir expliqué le mécanisme de la progression de l’homme en général, la science s’efforce aujourd’hui

Fig. 1 . Marche ordinaire. (Je VOir OU qUOi CO méCa-

nisme diffère suivant les individus, car il n’y a pas

un, mais plusieurs types de marcheurs, et il est probable que ces types augmenteront à mesure que l’étude s’en fera plus approfondie.

Le pas humain varie suivant des conditions multiples : la profession, l’état social, le caractère, la race, le milieu où on vit.

Ainsi (1) le pas de l’homme du monde diffère de celui du campagnard. Le marin se reconnaît tout de suite à son balancement; ayant à marcher sur un sol constamment mobile, son centre de gravité risquant d’être à chaque instant et subitement déplacé de plusieurs degrés, il est obligé de garder les jambes fléchies et d’avancer en donnant autant d’étendue que possible à sa base de sustentation, et, conservant cette habitude même sur terre ferme, il a, dans la marche, de forts mouvements de latéralité provenant de l’écartement et de la flexion de ses jambes.

Les mécaniciens de locomotives sont aussi obligés de garder les genoux légèrement fléchis et les pieds écartés pour amortir les trépidations et se donner une bonne base de sustentation, à cause des inclinaisons des voies dans les courbes. Ils ont une démarche qui se rapproche beaucoup de celle du marin et qui permet facilement de les reconnaître.

Dans une même profession, où les conditions paraissent semblables, chez les cavaliers, par exemple, combien la marche de l’écuyer diffère de celle du jockey ! Ce dernier marche le dos voûté, ses jambes sont déformées ; c’est qu’il a sur le cheval une position

(I) Nous empruntons au Etchandy les principaux détails qui suivent.

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