‹ Comment on marcheChapitre 4 sur 22 · DIVERS MODES DE MARCHE · texte numérisé non relu

DIVERS MODES DE MARCHE

différant complètement de celle de l’écuyer. Il s’accroche au cheval en le serrant entre les jamhes, se penche en avant en tirant sur la bride, tandis que l’écuyer qui apprend à son cheval à obéir à la moindre pression de ses jambes et le fait changer d’allure par de petites variations de position sur la selle, conserve toujours les jambes élégantes et souples, et bien que son dos soit toujours très droit quand, il marche, on sent qu’il n’y a aucune raideur dans son allure.

Dans les différentes classes d’ouvriers, la démarche varie aussi d’une façon curieuse : le terrassier, qui toute la journée aura roulé des brouettes, conservera son pas long et lent, avançant bien posément, tandis que le garçon maçon, délivré de l’auge chargée de lourd mortier, qui lui a pesé constamment sur la tête et qu’il ne peut transporter que par des prodiges d’équilibre, heureux d’être débarrassé le soir de rapides, et le petit balancement qu’il doit imprimer à son corps pour annihiler les oscillations du mortier prend alors des proportions énormes ; un trottoir entier n’est pas assez large pour lui. Malgré la similitude de costume, il n’est pas possible de confondre le

Fig. 2. Riche et pauvre.

ce fardeau, avance à pas

-garçon maçon avec son maître compagnon qui n’aura -manié que la truelle.

A côté de l’influence de la profession, on peut placer l’influence de l’état Social et du caractère. L’homme malheureux et fatigué cherche à marcher de façon à épargner le plus possible ses faibles réserves nutritives, il ne peut se livrer à aucune dépense inutile de forces (fig. 2).

Le corps porté en avant, il traîne les jambes comme ous verrons agir le • en flexion; mais à l’inverse de ce dernier, la tête avancée et plutôt abaissée, le dos arrondi révèlent la lassitude. Ainsi Détaille re- " présente dans ses tableaux le militaire cheminant à la fin de l’étape (fig. 3).

Le caractère influe sur la marche, de même les dispositions d’esprit du moment.

La démarche sournoise, étudiée par P. Richer (1), est analogue à l’allure en flexion, comme nous le verrons plus tard; en effet, pour surprendre, il faut être souple, léger, que le pied se posant sur le sol ait le moins de force possible, de manière à ne point faire de bruit.

(1) Voir Physiologie artistique, p. 304.

Page 1