‹ Comment on peint auhourd'huiChapitre 10 sur 22 · EMPLOI DES VÉHICULES · texte numérisé non relu

EMPLOI DES VÉHICULES

Ulmann. — Siccatif de Harlem. Estime que le Harlem n'est pas un siccatif, qu'il facilite le travail et surtout la reprise, en ralentissant la dessication des surfaces qui, de la sorte, sont mieux d'accord avec les dessous.

Valloton. — Huile, essence, eau (plus d'essence que d'huile, quelques gouttes d'eau).

ZuLOAGA. — Huile de lin. Jamais de siccatif. A entendu Degas vanter l'essence non rectifiée; la plus ordinaire serait la meilleure.

La toile blanche préparée à l'huile est le support le plus employé, le support classique, et généralement l'artiste prend de confiance et sans examen ce que le marchand lui offre en ce genre.

Pourtant les impressionnistes ont mis à la mode la toile absorbante, et on commence à se préoccuper de cette grave question du support et de la question de la préparation. On demande des préparations spéciales, ou bien on achète de la toile au mètre dans les magasins et on la prépare soi-même. Quelques-uns se contentent de l'encoller et peignent directement sur la couche de colle; viennent ensuite les préparations absorbantes, demi-absorbantes ou non absorbantes.

La préparation colorée en rouge n'est plus que rarement pratiquée. On adopte plus souvent la prépara-

tion en gris qui passe pour solide bien qu'elle soit aussi accusée de repousser.

Le carton est très apprécié, en raison de la facilité qu'il donne pour aller vite. Cottet le considère comme excellent.

Le papier plaît assez. On lui reproche de devenir cassant dès que l'huile se dessèche. Peut-être souffret-on moins de ce défaut en le collant sur toile, sur carton ou sur panneau.

Le panneau continue à être goûté comme support avec et même sans préparation. On verra que Maxence peint directement sur acajou.

J'apprends qu'en raison du prix élevé de la toile, depuis la guerre, des jeunes gens achètent de la toile à cataplasme amidonnée. Est-il nécessaire de dire que rien ne peut être plus mauvais, cette toile n'ayant aucune résistance et l'amidon étant un agent de dégâts ?

Par économie, les jeunes peintres recourent à un autre procédé qui n'est pas meilleur. Ils achètent de vieilles peintures, ils les lavent pour retrouver la toile, peut-être aussi peignent-ils simplement sur l'ancienne peinture. Tout cela est mauvais; même pour de modestes études d'atelier il est nécessaire de travailler avec soin et avec méthode. Par une étude mal conduite, on n'apprend rien et on contracte des habitudes de négligence.

Aman-Jean. — Toile absorbante. Carton. Panneaux.

André (Albert). — Toile absorbante.

Bail. — Toile à l'huile.

BoNNAT. — Toile blanche préparée à l'huile.

BouGUEREAU. — Un de ses élèves m'écrit : « Il peignait sur une toile demi-absorbante préparée comme d'habitude 1, c'est-à-dire d'une couche préalable de blanc plus ou moins teintée en gris ou en gris rouge à un certain moment (il n'a pas continué cette dernière teinte légère de brun rouge avec blanc et noir) puis, avec le même gris, deux ou trois couches, plus souvent deux, de même teinte de couleur absorbante à la colle de farine mêlée à la couleur de préparation première dont j'ai précédemment fait mention. Seul, le marchand de couleur savait préparer cette toile qu'auparavant ses élèves préparaient eux-mêmes d'après la recette du maître. La tradition des proportions, qui varient du reste suivant les besoins de l'artiste et dont la formule était établie, sinon tout au long du moins succinctement, dans le traité de peinture de Cennino Cennini, ne m'a pas été donnée à mon entrée à l'atelier. Évidemment, la farine ne devait pas dommer, mais à mon avis, c'est une mtroduction qui, si elle donne la qualité légèrement ab-

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