A LA DISTRIBUTION BUREAUCRATIQUE
NOUS DÉCLARONS PRÉFÉRER LA DISTRIBUTION AUTOMATIQUE DES RICHESSES ET CETTE DERNIERE S’OBTIENT PAR LE MÉCANISME DU PROFIT
C'est du reste, ce qui s’est produit jusqu’à ees derniers temps et d’une façon relativement satisfaisante, en dépit de quelques abus.
Jusqu’ici, en effet, et sous le régime du libéralisme économique, c’est bien le profit qui a été le seul répartiteur des richesses. Le profit de chaque production se traduisait automatiquement en pouvoir d’achat, c’est-à-dire on revenus des capitaux, en salaires ou traitements, en impôts ou en économies qui s’investissaient à nouveau et devenaient sources de nouvelles productions.
Pourquoi ce mécanisme, qui a assuré aux générations qui nous ont précédés une prospérité et une sécurité, est-il aujourd’hui hors d’usage? que s’est-il passé?
Il s’est passé ceci : jusqu’à nos jouis en vertu de la loi de l’offre et de la demande, le profit dépendait uniquement de la rareté.
Or, il s’est produit en ces dernières années, un fait nouveau d’une portée incalculable et qui n’a été jusqu’ici ni suffisamment compris ni convenablement mesuré. C’est qu’il ne peut plus y avoir de rareté sur la terre, et par conséquent plus de profit.
En quelques décades, grâce au machinisme et aux progrès techniques, la puissance de production de l’homme dans tous les domaines est devenue tellement formidable que si on laisse les diverses productions livrées au libre jeu de la concurrence, elles ne peuvent plus être bénéficiaires, elles ne peuvent plus engendrer aucun profit pour leurs producteurs. C’est ce que nous traduisons en disant que nous n’avons plus d’argent. Car chacun ne peut acheter la production du voisin qu’avec le bénéfice de sa propre production. Ce que nous appelons l’argent n’est en réailité que le pouvoir d’achat et le pouvoir d’achat est créé uniquement par l’échange bénéficiaire des diverses productions, c’est-àdire par l’ensemble des profits.
Il pourrait y avoir en France 1.000 miilards d’or. Nous n’en serions pas plus avancés pour cela et cet or resterait parfaitement immobile entre les mains dé ses détenteurs si nos productions devaient continuer à ne pas réaliser de profits. L’or perdrait même toute utilité, car il ne peut servir qu’aux échanges et les échanges sont condamnés à disparaître s’ils n 'engendrent plus de profits.
Il pourrait, au contraire, n’y avoir en France aucune parcelle d’or. Nous n’en serions pas moins extrêmement riches si le fait de participer
à une production valait à chacun de nous le droit de consommer tou 1 d’abord les autres productions essentielles, puis au fur et à mesure que pourrait se réaliser le progrès collectif, le droit de consommer un nombre de plus en plus grand de ces productions qu’on appelle actuellement de luxe. C’est là le but à atteindre. L’argent ou profit ne peut être et ne doit être qu’un crédit comptable sur la production des autres, crédit qui engendre automatiquement la consommation et la circulation monétaire nécessaire.