Lorsqu'elle entrera dans la maison d'un autre
34-46. les juges détermineront la succession de la maison de son premier mari, et ils confieront la maison de son premier mari au mari postérieur et à cette femme et ils feront rédiger une tablette par ceux-ci.
47-49. Ils (la mère et son autre époux) veilleront sur la maison et élèveront les petits ;
50-60. Le mobilier ils ne donneront pas pour de l'argent; l'acheteur, qui aura acheté le mobilier des enfants de la veuve, de son argent sera frustré ; le bien retournera à son maître.
61-67. (Relativement à) une dame (ou : sœur) de dieu (prêtresse), épouse ou femme publique, à laquelle son père a fait présent d'une seriqtu, a inscrit une tablette.
Ces mesures sont sages et effîcaces pour protéger la fortune des enfants mineurs et pourvoir à leur éducation. Aussi allègue-t-on volontiers la loi § 177 pour mettre en relief le caractère humanitaire et familial du G. H.
Le document 11100 (KU III 718, Sch. 296) Babylone, Samsu-iluna porte le compte rendu d'un procès intenté par trois enfants devenus grands à leur mère remariée, sous prétexte qu'elle les aurait frustrés d'une part de leur fortune paternelle. En voici la traduction :
1-4. Bêlanum, Mithaddum el Birurulum, les enfants de Namijalum, attaquent leur mère lasiihalum, au sujet
de biens de toute sorte (faisant partie) de la maison (fortune) de leur père. 5. Ils s'adressent aux juges de Babylone.
6-9. Les juges s'emparent de leur procès, et, au sujet des biens de toute sorte de la maison de leur père, ils livrent
lasuhatum, leur mère, au temple de Marduk, pour le serment au dieu. 10-15. El lasuhatum, au sujet de Vargent, de Vor, des esclaves femmes, des esclaves hommes et de tous les biens
meubles numatum de la maison de leur père, ils (les juges)... la font jurer dans le temple de Marduk :
« Bien des biens meubles de la maison de leur père n'a été (soustrait par moi). » 16-20. A V avenir, Bêlanum, Muhaddum el Birurutum, les enfants de Namyatum, contre Idin-Adad, lasuhatum
et leurs enfants, au sujet des biens meubles de la maison de leur père, n'élèveront de plainte. 21-22. Par Marduk el Samsu-iluna, le roi, ils ont juré. 23-39. (Noms de 16 témoins, dont 9 sont des manzaz pani du temple). 40-42. Le 5 du mois de Tebitum de l'année, où le roi Samsu-iluna libéra.
Au premier abord, il n'apparaît pas que la veuve se soit remariée. En effet elle seule est attaquée par des enfants 11. 1-4. Toutefois dans 11. lG-20, le second mari Idin-Adad et les enfants issus de cette seconde union sont mentionnés et désignés eux aussi comme sujets du procès. La situation est donc identique à celle du § 177. Devenus grands, les enfants engendrés par le premier mari, Namyatum, font un procès à leur mère.
Pourquoi les juges recourent-ils, pour juger ce procès, au serment et non à l'inventaire prescrit par la loi § 177. La comparaison entre les objets marqués sur ce document et ceux que les époux pouvaient présenter eût permis de faire aisément la preuve de la culpabilité ou de l'innocence des époux. Cette abstention donnerait à penser que les biens meubles ne figuraient pas tous sur l'inventaire. Ceci expliquerait l'interdiction de vente 11. 60-70. Remarquons en effet que numatum, le terme employé, signifie bien meuble, comme dans C. H. § 25, 11. 57, 60 ; § 34, 1. 63. Si un inventaire avait existé, il aurait été insulfisant, puisque l'on est forcé de recourir à la preuve du serment.
2^ Skction. Les Enfants §§ 178-105
La seconde section traite : 1. de la seriqtu ou dot des filles, sacrées ou de concubines §§ 178-184. — 2. des enfants adoptifs § 185-193. — 3. des châtiments §§ 194, 195.