ayant renouvelé l'E Babbar pour Samas son aide
37-41. seigneur ayant vivifié Uruk en y mettant des eaux de richesse, pour
ses gens, 42-43. ayant élevé le sommet de l'E Anna, 44-47. ayant enrichi de luxe pour Anu et Ninni, 48. abri du pays 49-51. ayant rassemblé les gens dispersés d'Isin,
d'accomplir ce travail qui ne demandera pas plus de trois jours. Cf. Ungnad, Briefe Kôn. H, p. 108, n° 44. Nous pensons que H veut parler de creusement de canaux. Ceux-ci favorisaient les communications par voie d'eau, et surtout ils permettaient l'irrigatioTi nécessaire à l'agriculture. Aussi H pouvait bien dire, qu'en creusant un système de canaux à Uruk, il avait vivifié cette ville mubalit (balatu) et que ces eaux étaient des eaux apportant la richesse, l'abondance nu-ûh-si-im pour ses gens. Plusieurs des lettres de H sont relatives au creusement et au neti,oyage des canaux. Parmi les années de règne de H, la 9"=, la 33" «t la 40fi sont dénommées par des creusements de canaux. Dans le dernier cas il s'agit du canal de Sippar Tisit-EUil. Peut-être le canal d'Uruk est-il celui qui a' été creusé la 33» année. En effet, ce canal est appelé canal « Hammurabi abondance des gens » nu-Ijii-us nisi. Or, dans le présent texte, H dit qu'il a placé des eaux d'abondance nu-uh-si-im pour les gens.
42-43. Le dieu suprême du ciel Anu fut primitivement adoré à Uruk, où on lui édifia un temple E Anna (maison du ciel). Mais Anu ayant été considéré comme peu favorable aux hommes, fut supplanté par sa fille ou favorite Ninni (Istar). Voir I, 1-2. Ce dieu avait son trône dans la troisième partie du ciel, qui était la plus élevée. Le temple de ce dieu E Anna signifie donc « maison du ciel ». L'E Anna d'Uruk fut le lieu de culte d'Anu, le plus ancien et le plus célèbre. L'E Anna devint aussi le temple de Ninni (Istar) la favorite et l'épouse d'Anu. Dans l'épopée de Gilgames il est parlé du temple d'Uruk ou Erek, « l'E Anna la sainte, la maison sainte d'Anu et d' Istar » tab. I, col. I 10, IV, 37, 44. Par le présent contexte 44-47 il semble" bien qu'au temps de H, l'E Anna était un temple commun à Anu et à Ninni.
44-47. H a employé les mêmes termes I 54, 55. Il s'agit de Hbéralités et d'ornementation faites à l'É Anna.
Ninni est mentionnée ici pour la première fois. Le prologue contient d'autres allusions à cette déesse III 53-54, IV 34-35, 46-52, 60-63, V 13". Elles prouvent quelle dévotion le roi de Babylone professait pour cette grande déesse dont il se proclame le favori ; V 13*. Voir aussi l'épilogue, nous trouvons d'abord une simple allusion à Ninni XXIVr 24 XXVIIr 92-XXVIII 23. A ce dernier endroit, nous donnerons des renseignements plus complets sur cette déesse. Ninni, représentée dans l'épilogue sous son aspect guerrier, apparaît ici sous son caractère voluptueux. Au temple d'Uruk, Ninni était honorée comme la déesse de la volupté. Dans l'épopée de Gilgames, il est dit que Istar rassemble à Erech « les filles de joie et les prostituées » tab. VI, 184, 185. Puis l'Istar d'Ereck est appelée « l'hiérodule des dieux » qadistu ilani. tab. IX, col. I 1 1-25. Reconnaissons toutefois l'absence de détails dans le C.H. sur le caractère licencieux de Ninni.
48. On s'accorde à donner aux deux signes An, kus la valeur idéographique de salulu, qui signifie : protection, abri.
A qui ce rôle bienfaisant est-il attribué ? D'après le contexte, il semblerait qu'il s'agit d'une attribution aux deux divinités qui viennent d'être mentionnées. Mais, outre l'emploi du singulier, on ne voit pas bien comment Anu, le dieu du ciel et Ninni, la déesse de la volupté, peuvent être considérés comme les protecteurs du pays.
Aussi est-ce bien à lui-môme que H attribue ce rôle bienfaisant, et cela probablement à cause de la conduite qu'il va signaler.
49-51. D'après une trouvaille, faite sur place, la ville d'Isin, dont le site était inconnu, serait à localiser à « Bahriyat » à environ 17 milles au sud de Nippour ». Dhorme, jR. B., 1925, p. 288.
Isin obtînt deux fois la suprématie et on compte deux dynasties d'Isin. La première occupe le 20« rang des dynasties postdiluviennes, elle compte 15 rois, de 2186 à 1961 environ ; elle succéda à la IIP dynastie d'Ur et fut en partie contemporaine des deux dynasties suivantes, celle de Larsa et d'Amurru jusque vers l'an 1955 (sous Rim-Sin à Larsa et sous Sin-muballit à Babylone). La II" dynastie d'Isin occupe le 25'' rang (vers 1170-1039) ; elle est donc bien postérieure à H ; nous n'avons donc pas à nous en occuper.
Le dernier roi de la III» dynastie d'Ur, Ibi-Sin (vers 2212-2187) essuya une défaite de la part des Élamitës. « Il fut emmené captif au pays d'Elam (Ansan) et le royaume d'Ur se démembra en deux parts, l'une dévolue à Naplûnum, roi de Larsa (Senkéreh), l'autre à Isbi-irra, roi d'Isin (Bahriyat). * Larsa et Isin se déclarèrent toutes deux indépendantes et revendiquèrent chacune la prétention au titre de capitale de Sumer et d'Akkad. « Tantôt l'un, tantôt l'autre des rois d'Isin et de Larsa exercera la tutelle sur la cité d'Ur. » On constate en effet que des rois de ces deux villes s'appellent roi ou berger d'Ur. Cf. Dhorme, Abraham dans le cadre de Vhisloire, H. B., 1928, p. 374 ss. Les rois de Larsa, et surtout Gungunum vers 2094-2068 s'attribuent une certaine suprématie sur Isin. Les noms de deux rois de la dynastie de cette ville Idin-Dagan et Isme Dagan attestent le culte du dieu ouest-sémitique Dagan dans ce pays.
. Vers 1998 le roi d'Élam, Kudur-Mabuk détrôna le roi de Larsa Silli-Adad et installa son fils Warad-Sin sur le trône de celui-ci. A ce nouveau roi de Larsa succéda son frère Rim-Sin (vers 1985-1925). Alors commença une lutte pour la prééminence entre Larsa, Isin et Babylone. A cette époque, cette dernière ville Uait gouvernée par la dynastie d'Amurru qui l'avait fait sortir de son obscurité. « Rim-Sin semble d'abord devoir garder la suprématie. La 15" année de son règne, vers l'an 1970, il fait place à une coalition qui comprend Uruk, Isin, Babylone... sous la conduite du roi d'Uruk. Le fait d'armes qui illustre son règne et dont seront datées trente et une années est la prise d'Isin, vers l'an 1955... Mais Sin-muballit, roi de Babylone, la 14" année de son règne vers 1961 a livré bataille à l'armée d'Ur et de Larsa. Et lui aussi se vante, la 17« année de son règne (vers 1958) de la prise d'Isin. Tout s'explique par le fait que la capitale, prise d'abord par
52-54. mu-da-ah-hi-id nu-uh-si-im É É-ffal-mah 55. GAL BUR (usumgal) Lugal-ri (sarri) ri 56-57. ta-li-im (ilu) Za-mà-mà 58-59. mu-sar-si-id su-ba-at (al) Kis (ki)
Sin-muballit à la suite de sa victoire sur Rim-Sin, aurait été reprise par ce dernier qui l'aurait occupéejusqu'à sa mort... C'est dans la trente et unième année de son règne, vers l'an 1925, que Hammurabi, fils^de Sin-muballit, triomphe définitivement de Rim-Sin qui s'était retranché dans l'Etmubalum (situé à. l'Orient de Larsa, vers l'Élam). D'un seul coup tombaient les emprises de Larsa et d'Isin. Les pays de Sumer et d'Akkad étaient unifiés sous le sceptre du grand monarque babylonien. » Dhorme, E. B. 1928, pp. 376-378. « La victoire de H eut pour conséquence la fusion de toute la Babylonie en un état unique et la prépondérance définitive de l'élément sémitique. La capitale de l'empire fut alors Babel, qui conserva ce rang à l'avenir. » Mcissner, B. ii. À., I, p. 27.
Il n'y a pas entente parmi les assyriologues au sujet du sens à donner à la formule qui désigne la 2" année du règne de H. Les uns comme Schorr (1913) et Dhorme (B. B., 1928, p. 377) la traduisent : « année où il publia le droit dans le pays » et y voient une allusion à la promulgation du code. Scheil lui donne le sens « : celle où lui et ses préfets mettent l'ordre dans le pays ». La Chronologie rectifiée du règne de H (1912), Dans le cas où le code aurait été publié réeUement dès la II'' année de H, il faudrait dire avec Dhorme que rénumération des bienfaits et des exploits de H est un peu factice. En effet plusieurs de ces faits servent il dénommer des années postérieures, par ex. : la prise d'Uruk et celle d'Isin, la 7« année, la 10° l'affaire avec les gens de Malgi. On conçoit qu'il y ait là un grandi nconvénient. Au contraire, si on ne se croit pas obligé àconsidérer la 11'= année comme celle de la publication du code, on aura toute liberté pour placer l'apparition de celui-ci après tous les faits auxquels le prologue fait allusion. C'est ainsi que le P. Scheil dit que, si les travaux à l'E Meslam désignant la 40« année sont les mêmes que ceux auxquels le prologue du code III 4-6 fait allusion, on devra reporter la publication du code après la 40" année du règne de H. Scheil, op. cit., p. 10.
52-54. L'E Galmah est le temple de la déesse Nin Karrak à Isin. Cette divinité n'est pas nommée ici. Islais elle figure parmi les dieux ou déesses adjurés dans l'épilogue, au dernier rang. XXVIIIr 50-69. Voiries détails que nous donnons sur cette déesse à cet endroit. L'E Galmah d'Isin était aussi le temple de l'époux de Nin Karrak, le dieu guerrier Ninurtu. Meissner, B. u. A., I, p. 10. En 1923-24 on a trouvé la tablette de fondation d'un édifice bâti par A-ammi-pad-da, vers 3100, en l'honneur de sa déesse Nin-Karrak.. Cf. Woolley, Ur und die Sinlflul, p. 59.
Nous avons trouvé précédemment I 55, 56 à propos du temple de Bel, l'E Kur, à Nippur, les mots employés ici pour exprimer l'enrichissement de l'E Galmah.
55. Comme 1. 48, H. interrompt l'énumération de ses œuvres pies pour s'attribuer une prérogative incomparable. Ungnad donne aux idéogrammes employés ici la valeur phonétique usumgallum, nom sumérien qu'il traduit par « monarque ». H veut dire ici qu'il est un roi incomparable, le roi des rois,
56-57. Zamama est le dieu de la ville de Kish, dont il est question dans les lignes suivantes. C'était un dieu guerrier, ainsi que le suppose H dans l'épilogue, d'abord par une allusion aux « armes » de ce dieu XXIVr 22-25 et ensuite par l'adjuration à ce « grand guerrier » de « briser les armes » du roi contempteur de son code XXVIL 81-91. Son emblème était une massue à tête d'animal. Dans nos notes sur les textes de l'épilogue, nous donnons plus de renseignements sur ce dieu.
Si H parle à la fois dans le prologue et dans l'épilogue de Zamama, comme d'Anu, d'Enlil, de Ninlil, d'Enki, de ëamas, d'Enzu, etc., il le fait pour une cause très différente. Au prologue, ce roi rappelle ses œuvres de piété envers ces dieux, tandis que dans l'épilogue il les adjure de le venger de ses ennemis. Or il est tout à fait conforme à la psychologie de rappeler d'abord aux personnes les services qu'on leur a rendus et ensuite de solliciter leurs secoyrs. D'après Dhorme Ilbaba serait la lecture probable de Zamama. Dans plusieurs textes talimii est employé avec ahu et signifie « frère jumeau ». Cf. Delilzsch H W B. Néanmoins Dhorme ne pense pas que ce mot signifie « jumeau », parce qu'il revient sans cesse. Cet assyriologue pense que lalimu signifie ou « petit frère » ou « frère de père et de mère ». Ungnad lui donne le sens de frère par le corps. Nous avons préféré adopter la traduction de Scheil « petit frère » comme la mieux adaptée au contexte. Quoiqu'il fallut de la présomption à H pour se dire le frère d'un dieu, il y a toutefois moins d'orgueil à se dire « petit frère de Zamama » qu'à se prétendre son frère de père et de mère.
Pour quel motif H se déelare-t-il « le petit frère de Zamama ? » Plutôt que de penser que c'était à cause d'Enlil, dont Zamama était le fils et auquel H devait en partie sa vocation, nous croyons que c'était à cause de la protection toute fraternelle que le dieu de la guerre accoi'dait au roi de Babylone. En effet, H dit que c'est par les armes, dont Zamama et Innina l'ont investi, qu'il a-triomphé de tous ses ennemis. XXIVv 22-39. Bien plus, en disant que ce dieu « marche à sa droite » dans les combats XXVIL 85 ne nous le représente-t-il pas comme un grand frère guidant son petit frère ?
58-59. On est fixé depuis longtemps sur le site de Kish, à el-Oheimir à une vingtaine de kilomètres de l'antique Babylone. « Son nom arabe, diminutif de ahmar « rouge », exprime l'effet que produit sur le visiteur, la vue de ce tell rougeâtre dont l'aspect tranche nettement avec la plaine environnante. » Dhorme, R. B., 1925, p. 459. Autrefois cette ville était située sur le cours de l'Euphrate.
Kish est une des cités les plus anciennes et les plus importantes du monde sémitique. « On peut dire que les grandes capitales, Kish et Agadé, sont les deux Idoles du monde sémitique, dès la plus haute antiquité. Elles présagent Babylone et en préparent la splendeur. » Dhorme, R. B., 1925, p. 459.
Dans ses fouilles à Kish, M. Stephen Langdon a trouvé des traces du Déluge. Il a trouvé en effet : une couche préhistorique, une couche de civilisation protohistorique, un hiatus occasionné par un déluge, reprise de la civilisation. Cet assyriologue assigne pour le Déluge les environs de 3300. Voir dans Dhorme, R. B., 1930, pp. 482-484 l'analyse de l'article The biblical Déluge an ascerlaincd facl publié par Langdon dan& Illuslraded London News, 8 féu. 1930.