‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 12 sur 250 · ayant fondé l'habitation de la ville de Kish · texte numérisé non relu

ayant fondé l'habitation de la ville de Kish

Après le Déluge, on compte quatre dynasties de Kish, qui toutes ont précédé celle d'Akkad. La V" dyn.. de Kish suivit immédiatement le Déluge. Elle contient 23 rois pour 24, 510 ans. Dhorme a cru trouver,, parmi les noms de. plusieurs de ses rois,, des noms d'animaux ou d'astres. « Le caractère factice de cette dynastie dans laquelle appTaraissent des astres et des héros mythiques dit-il, est confirmé par les nombres invraisemblables qui sont attribués à chaque règne... Ce qu'on pourrait retenir, c'est que, dès les premiers temps de l'histoire, la cité de Kish posséda l'hégémonie sur ce qui sera plus tard le pays d'Akkad ou la Babylonie. » jR. B., 1926, p. 71. — La II» dyn. de Kish occupe le 5» rang : elle compte 8 rois pour 3.195 ans, chiffre qui donne des règnes d'une longueur fabuleuse. Cependant pour la dynastie précédente, la I" d'Ur la durée des règnes était normale et on assignait la date approximative de 3.100 pour le 1°'' de ses rois. — La III" dyn., de Kish occupe le ll^ rang. Elle fut fondée par Kug-ilu-Bau, la cabaretière « qui fixa les fondations de Kish et qui régna 100 ans. « Le personnage, malgré la durée exagérée de son règne appartient à l'histoire plus qu'à la légende » Dhorme, R. B., 1926, p. 81, Un autre roi, dont le nom ne nous a pas été transmis régna également cent ans. — La IV dyn. de Kish vient au 13" rang, elle compte 7 rois pour une durée de 491 ans. Mais, comme on connaît par des documents les noms d'autres rois, on ne doit pas trop s'en rapporter aux listes officielles. « Les sept règnes de la W" dyn. de Kish n'auraient rien d'anormal, si le second roi n'était censé régner pendant la durée légendaire de 400 ans... Les rois de cette IV dyn. de Kish, à l'exception d'Ur-(ilu) Za-ma-ma, qui reparaîtra dans l'histoire de Sargon l'ancien sont inconnus, par ailleurs. » Dhorme, R. B., 1926, p. 225, Kish fut vaincue par le roi d'Erech Lugal Zaggisi (vers 2662-2638), et soumise ensuite à Sharrou-Kin, fondateur de la dyn. d'Akkad (vers 2637-2582), qui prend le titre d& « roi de Kish ». En termes laconiques, les inscriptions nous disent que Sharrou Kin « remit la ville de Kish à sa place », ce qui signifie qu'il la rebâtit dans sa splendeur première.

Le tell de l'antique Kish a été fouillé plusieurs fois. Les premiers travaux furent entrepris en 1912, par une mission française sous la direction de M. de Genouillac. « Les recherches ont attaqué d'abord la tour à étages, dont la terrasse portait le nom d'E-Kisib-ba « maison des nombres ». C'est surtout sous la dynastie néo-babylonnienne que ce sanctuaire dédié à Ilbaba (lecture probable de Zamama), a été restauré et embelli... Près de 1.400 tablettes ou fragments de tablettes ont été retrouvés dans les sondages sur ce sol bouleversé depuis près de quatre mille ans... Nous ne saurions trop attirer l'attention sur une très belle collection de vases... Parmi les tombes mises à jour il en est une datant de la I""" dyn. babylonienne... C'est non loin de la ziggourat que se trouvait le groupe de chambres, où un certain nombre de tablettes scolaires avaient fait reconnaître l'école des scribes. Certains fragments de tablettes portant le titre « tablettes du temple d' Ilbaba », il n'est pas douteux que le précieux dépôt ne fut une partie de la bibliothèque du temple » Dhorme, R. B., 1925, pp. 460-461. En 1924, M. de Genouillac a fait paraître, chez Champion, sous le titre « Premières recherches archéologiques à Kich », t. I, une partie des résultats remarquables de sa mission.

D'autres campagnes de fouilles ont été entreprises à Kish sous la direction de M. Mackay, au nom de l'Université d'Oxford et sous le contrôle assyriologique de M. Langdon. A la fin de 1924 M. Langdon fit paraître chez Geuthner, Excavations of Kish, vol. I. Dans ce premier volume il expose les résultats des campagnes de fouilles de 1922 et de 1923-1924, qui, malgré leur importance, ne sont pas décisifs pour notre connaissance des origines et du rôle de Kish. M. Mackay consacre seulement quelques pages à la description du temple E-me-le-ur-sag qui a été dégagé complètement lors de la première campagne. La ziggourat U-nirkl-dur-mah avait pour base 185 pieds sur 198. On en a retrouvé aussi les traces d'un palais présargonique. Les objets trouvés dans les chambres ont montré que l'art de cette époque était des plus habiles, cf. ibid., p. 148. Dans de nombreuses tombes pré-sargoniques, on a trouve des vases funéraires, toute une poterie archaïque, des armes, des objets de parure et de toilette, des sceaux. Dans la bibliothèque on a trouvé plusieurs tablettes grammaticales ou religieuses, dont malheureusement la plupart sont dans un état de conservation lamentable.

Le P. Vincent a fait ressortir l'intérêt, que les fouilles de Mackay à Kish présentent au point de vue archéologique. Les tombes, qui datent de 3000 environ, étaient des fosses rectangulaires revêtues de briques. Comme à Ur, on a constaté que le cadavre « vêtu, paré, parfois protégé en outre par une natte, était placé dans une attitude légèrement contractée, sur le côté droit ou gauche, sans aucune orientation fixe, entre les mains invariablement ramenées à la hauteur du visage était une coupe, des vases et un brasero s'accumulent sans position constante. Des armes accompagnent les restes masculins, tandis que des objets de toilette ou quelques bijoux sont associés aux sépultures féminines. Dans les tombes d'enfants se rencontrent des jouets et une céramique en miniature ». R. B., 1932, p. 459. Cf. Voir aussi la pi. 12 el les pp. 38 ss., 26-28 dans Woolleij, Ur und Sinl flul. Le P. Vincent, ayant remarqué la présence des cylindres-cachets dans les sépultures de femmes en induit « que les femmes possédant leur sceau, jouissaient donc alors des mêmes prérogatives que les hommes dans les transactions sociales. Le mobilier (armes, parure, ustensiles variés, céramique surtout) présenterait déjà une quinzaine de types ». Le P. Vincent fait surtout remarquer des vases ayant une anse, modelée en silhouette de femme et perforée dans lesquelles on verrait un vestige de la déesse des eaux Ninhid ou Nina, p. 460. Dans la seconde partie de son Mémoire sur les fouilles de Kish, M. Mackay décrit les vestiges d'un palais sumérien de la seconde dynastie de Kish vers 3000. Il offre sur d'autres vestiges de niôme nature la supériorité « d'une conservation assez remarquable pour que le diligent explorateur en ait pu ressaisir l'ordonnance presque intégrale ». Aussi le P. Vincent peut-il dire que ce monument de Kish est sans contredit jusqu'à ce jour le type le plus parfait d'une résidence princière fortifiée dans la Basse Mésopotamie quelque 3.000 avant notre ère. R. B. 1932, p. 310.

H veut signifier qu'il fit dans la ville de Kish des réparations si importantes qu'elles équivalaient à

IG COMMENTAIRE DU CODE d'hAMMOURABI

60-62. mu-us-ta-âs-hi-ir me-li-im-mi É Me-te-ur-sag 63-65. mu-us-te-is-bi pa-ar-zi ra-bu-u-tim sa (ilu) RI (Ninni) 66-67. pa-ki-id bi-tim Har-sag-kalam-ma 68. E kisal na-ki-ri

69-Gol, III, 1. sa Ur-ra ru-su u-sa-ak-si-du ni-is-ma-zu 2-3, mu-sa-te-ir (al) Tig-gab-a (ki) Kuta 4-6. mu-ra-ab-bi-is mi-im-ma sum-su a-na Mis-lam

une véritable fondation. Cette expression équivaut sensiblement à celle qu'emploie Sarru-Kin en disant « qu'il remit la ville à sa place ». Par « habitation » nous ne pensons qu'il soit question ni du temple, ni du palais royal découvert par la mission Mackay. Du temple les 11. 60-62 en parlent. Pour le palais, un autre mot que Su-ba-al aurait été employé. Nous pensons que le roi de Babylone veut seulement signifier que ses travaux de restauration rendirent l'habitation de Kish beaucoup plus confortable et agréable. Si on songe que les fouilles montrent que l'on se servait beaucoup de briques séchées au soleil, on comprendra et l'opportunité et le bienfait de la restauration, dont parle H.

60-62. L' E-mete-ursag est le nom du temple de Kish. La 36" année du règne est ainsi désignée : « Année, où il restaura l'E-mete-ursag et a érigé la tour du temple, l'habitation élevée de Zamama et d'Innana, dont la pointe s'élève comme les cieux » (trad. Schorr, p. 592). Par ce texte, nous constatons, que l'E-meteursag de Kish était consacré à la fois à Zamama et à Nini, Inana (Istar). Or c'est bien ce que suppose le prologue du CH. Il a déjà mentionné Zamama 11. 56-57 et il va parler de Ninni aux lignes suivantes

De plus la dénomination de la 36'= année distingue deux parties dans le temple de Kish, le temple proprement dit où l'on offrait les sacrifices et la ziggurat, la tour à étages qui était le lieu d'habitation des dieux. Par les renseignements que nous avons donnés sur les fouilles de Kish, on a pu constater que Mackay et Langdon avaient retrouvé les vestiges du temple et de la ziggurat de l'E mete-ursag. Quant à la hauteur, atteignant les cieux, elle rappelle celle de la tour de Babel. Gen. XI, 4.

Il est facile de constater que les termes employés pour exprimer les travaux accomplis par H à l'E mctcursug sont bien différents. Ici il s'agit d'une œuvre d'ornementation et d'enrichissement, tandis que ce sont de véritables constructions qui caractérisent la 36o année. Aussi il est très possible, que H ait accompli deux sortes de travaux à l'E mete-ursag. Si on croit que le code a été promulgué la 2'= année, ou du moins à une date antérieure à la 36 1= année du règne du H il est évident que la diversité des travaux s'impose. Mais si l'on suppose que le code a été promulgué la 40"= année, on pourra admettre l'identité des travaux, malgré la diversité des formules.

Darts l'E sag-il il y avait une cour commune à Istar et à Zababa, cf. Les calculs de la « lableUe de rEsagil ». Thureau-Dangin, R. Assij. XIX II (1921), p. 88.

63-65,- D'après ce texte, il y avait à Kish des sanctuaires consacrés à Ninni (Istar). Cette déesse était honorée avec Zamama dans l'E Mete-ursag. Elle possédait de plus des sanctuaires qui lui étaient dédiés spécialement. Et nous constatons par le présent texte qu'ils étaient vastes.

Le mot parsam n'est pas employé généralement pour indiquer les sanctuaires. Généralement il signifie « habitation obscure ». Mais ici, il n'y a pas de doute sur le sens de sanctuaire, puisqu'il s'agit de la dresse Ninni. D'aiUeurs il ne répugne pas que le sanctuaire même soit obscur. Suivant le sens de sabu, H veut dire qu'il a fait des travaux destinés à consolider ou à orner les temples, dont il s'agit.

66-67. Har-sag-Kalama, « montagne du monde », était une ville très proche de Kish. Aussi l'appelle-t-on « la ville jumelle de Kish ». « Langdon la localise dans les ruines (à l'est d'el Oheimir) qui portent le nom d'Inghara. Il est probable, en effet, que primitivement, il n'y avait qu'une ville, Kish, et que son temple, dont le nom était E-har-sag-kalama « temple de la montagne du monde », est devenu le centre d'une agglomération qu'on pouvait considérer comme une seconde cité. Un fait analogue s'est produit à Lagash (Téllo), où le temple de la déesse Nin-mar, bâti par Ur-Nina, donna son nom à la ville E- (dingi) Min-mar-ki. » Dhorme, R. B., 1927, pp. 147, 148. Il est évident, comme l'ont compris Scheil et Ungnad, qu'il ne s'agit pas des maisons (le la ville d' Har-sag-Kalama, mais bien de son temple. Outre que ce ne serait pas très honorifique pour H d'être l'inspecteur des maisons de particuliers, il n'y a pas le déterminatif de ville, mais bien celui des temples, quoique le signe employé à cet effet ne soit pas le signe habituel signifiant temple E, en sumérien, et bit, en akkadien, c'est-à-dire maison et que l'on ait écrit syllabiquement hi-tim. On peut conjecturer que les divinités honorées spécialement à Har-sag-Kalama étaient les mêmes qu'à Kish, dont elle était si rapprochée. De fait le texte ne mentionne aucun dieu pour cette ville. Il faut donc supposer que Zamama et Ninni, qui ont été mentionnés pour Kish, jouissaient du même culte dans sa ville jumelle. Dhorme nous dit en effet que Ninni avait joui à Har-sag-Kalam-ma et à Kish d'un culte non moins fervent qu'à Ereck. Pakiduni signifie visiteur. Plutôt que d'employer pour le grand roi les titres d'inspecteur ou de sacristain, nous avons adopté la traduction « surveillant ».

Les renseignements historiques et archéologiques sur Har-sag-Kalamma sont à peu près les mômes que ceux qui se rapportent à Kish.

68. Au début de cette ligne nous trouvons un idéogramme dont la valeur phonétique est Kisalliim, précédé du déterminatif des édifices É (bit). Kisallum signifie « plate-forme » d'un temple. Comme il osl (fuestion-de l'ennemi, la tra^duction de Scheil « boulevard " est tout à fait appropriée.

On peut se demander si ici H, suivant son habitude interrompt l'énumération de ses bienfaits ou de ses exploits pour faire son propre éloge, ou s'il parle du temple d' Har-sag-Kalamma. En d'autres termes est-ce H lui-même ou est-ce le temple 00-67 qui est le boulevard contre lequel se brise l'ennemi. Nous préférons admettre la seconde interprétation. D'une part il serait étrange que H se comparât lui-même à ■un édifice, et d'autre part le terme kisallum s'emploie généralement pour les temples et la conception

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