‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 118 sur 250 · Coups à la tête (cerveau, joue · texte numérisé non relu

Coups à la tête (cerveau, joue

Entre hommes libres §§ 202, 203, entre muskenum § 204, par un esclave à un homme libre § 205.

La partie frappée est indiquée par le mot li-é-it, que Scheil traduit par « cerveau », d'après Sennachérib Bell. 39 Ji-e-su ul i-da-a hb-bu-us ul ih-su-us « son cerveau n'a pas su, son cœur (intelligence) n'a pas compris ». Li^u (ICu) signifie « intelligent, sage » et lêtu « intelligence, sagesse ». Ungnad propose le sens de « joue ». Il s'agirait donc d'une gifle, d'une claque. Au fond nous croyons qu'il s'agit d'un coup porté à la tête, quoique le législateur n'ait employé ni rêsu « tête », ni qaqqadu « crâne », ni muhhu « cerveau », ni panu « face ». Cf. Dhorme, L'emploi métaphorique, Rev. Bib., 1920, pp. 483, 484.

Les coups portés à la tête, outre qu'ils sont déshonorants peuvent causer de graves accidents, et même entraîner la mort. Le législateur a toutefois voulu punir le coupable plus pour l'affront infligé que pour le dommage matériel. En effet les lois §§ 206-208 traitent des blessures et de la mort causées dans une rixe.

66-69. Si un homme libre a fait tomber une dent d'un homme libre son égal, 70. on lui fera tomber sa dent.

71-72. S'il a fait tomber la dent d'un muskenum, 73-74. il pèsera un tiers de mine d'argent.

75-78. Si un homme a frappé la joue (le cerveau, la tête) d'un homme libre

qui lui est supérieur, 79-81. il sera frappé d'une soixantaine de coups avec un fouet (de lanières,

ou de nerfs) de bœuf devant l'assemblée.

82-85. Si un fils d'homme libre a frappé la tête (cerveau, joue) d'un fils

d'homme libre, qui est comme lui (son égal) 86-87. il pèsera une mine d'argent.

88-90. Si un muskenum a frappé la tête (cerveau, joue) d'un muskenum, 91. il pèsera dix sicles d'argent.

Puis les pénalités sont insuiïisantes à réparer le dommage. Enfin, le législateur tient compte de la condition sociale de l'agresseur et de ia victime.

A. Entre hommes libres §§ 202, 203

Deux cas sont prévus : la victime est de condition supérieure à cefle de l'agresseur § 202 ; il y a égalité de condition entre la victime et l'agresseur.

a. victime de condition supérieure à celle de Vagresseur § 202

§ 202. Conformément au principe qui mesure la gravité de l'injure d'après la dignité de la personne offensée, le G. H. prévoit le cas de coups donnés à la tête à un homme libre de condition supérieure à celle de celui qui l'a frappé. Puisque le § 195 prévoit les coups donnés par les enfants à leurs parents il ne s'agit pas ici d'une supériorité dans le cadre de la famille, mais d'une différence de rang, d'origine, de fonction, de fortune, etc..

Il va de soi que la pénalité édictée pour le cas du § 202 est à la fois plus infamante et bien plus dure que celle qui est ordonnée par le § 203.

D'après 11. 79-81 les coups sont donnés « devant l'assemblée », puhrum, sans spécification. Ungnad pense que puhrum signifie « assemblée de la cour de justice » d'après le § 5, VS VII 149 1 -et GT IV 7" 21. Quoiqu'il en soit de cette opinion, il s'agit tout au moins de coups donnés en public.

La pénalité consistant en coups, est de même nature que la faute. Mais au lieu d'être mesuré d'après le principe du talion, le châtiment comporte soixante coups pour un, administrés, non avec la main ou le poing, mais avec un fouet en lanières de cuir ou en nerfs de bœuf. Les trois idéogrammes SU, tJSAN et GUD ont les valeurs akkadiennes maskum, kinazum ; alpum, « peau, fouet, bœuf ». Ce supplice ne souffre pas de comparaison avec indemnité fixée par le § 203.

b. victime et agresseur de même condition § 203

§ 203. « Fils d'homme libre » s'entend des jeunes gens comme des hommes faits.

Pour exprimer l'égalité de condition, « qui est comme lui » sa ki-ma su-a-li est plus clair que « devant lui » me-ih-ri-àu dans § 200.

Le paiement d'une mine, c'est-à-dire de 505 grammes, pour être onéreux, n'a aucun caractère infamant ni cruel.

B. Entre muskenum § 204

§ 204. Le signe TU, se rend par « sicle >>.

La mine valant soixante sicles, dix sicles représentent le sixième d'une mine. En comparant cette

92.XVIIIr 1. Sum-ma warad a-wi-lim li-e-it mar a-wi-lim im-ta-ha-as 2-3. ù-zu-un-su i-na-ak-ki-su

4-8. §um-ma a-wi-lum a-wi-lam i-na ri-is-ba-tim im-ta-ha-as si-im-ma-am

is-ta-ka-an-su 9-13. a-wi-lum su-ù i-na i-du-û la am-ha-su i-tam-ma ù A ZU (asam) i-ip-

pa-al

indemnité avec celle du § 203, on peut constater que le législateur a estimé que les coups donnés à la tête étaient six fois moins graves quand ils étaient donnés entre muskenum qu'entre hommes libres. Dix sicles équivalent à peu près à 84 grammes.

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