‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 13 sur 250 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

60-62. ayant entouré d'éclat l'E Meteursag, 63-65. ayant consolidé les grands sanctuaires de Ninni, 66-67. surveillant la maison (le temple) d'Harsagkalamma, 68. boulevard pour l'ennemi

69-Col. III, 1. à qui Urra, son compagnon, a fait atteindre son désir, 2-3. ayant rendu surabondante la ville de Kuta, 4-6. ayant augmenté tout (ce qui a) son nom (toute chose) à Mes-lam

d'une divinité éloignant les ennemis de son sanctuaire et de sa ville est tout à fait en harmonie avec les ■croyances des contemporains de II.

69-III, 1. Que la 1. 68 se rapporte au temple ou à H, il est certain que le pronom relatif, par lequel débute cette proposition se réfère à H.

Le P. Scheil lit le premier signe de la ligne 69, le seul qui présente quelque difficulté nit. Il possède en effet cette valeur, aussi bien que celles de Us, Us, Uz dans Delitzsch, n" 142 et dans Th. Dangin. N" 120. Puis le R. P. traduit nit-ra-ru-su par « son auxiliaire ». Les mots nararu ou neraru signifient en effet auxiliaire.

Toutefois, cette lecture, correcte aux points de vue du texte et du lexique, présente quelques difficultés au point de vue du contexte. Quel est « cet auxiliaire » qui fait atteindre à H son désir ? Seule une divinité, pourrait revendiquer ce pouvoir. Or aucun dieu n'est nommé ici, Taîu ne venant que bien plus loin III 10. Mais dans le contexte immédiat, il est parlé et de la ville de Kutha, et du temple de Nergal, E Meslam III 2-6. Il conviendrait donc parfaitement au contexte qu'un début de la 1. 69 Nergal, ou un dieu s'approchant beaucoup de lui, s'identifiant presque avec lui, soit nommé. C'est ce que propose de faire Ungnad, en suggérant la lecture Ur-ra ru su « Urra, son compagnon », et en identifiant Urra à Nergal. Cette leçon convient au contexte, malgré l'absence du déterminatif de la divinité et quoiqu'il soit difficile de trouver la valeur ur ou ir pour le premier signe.

Dans l'épilogue Nergal est adjuré XXVIII/ 24-39. Comme ici, il est question de lui après Zamama et Ninni. Remarquons enfin la grande ressemblance des bienfaits attribués : « m'ayant fait obtenir la victoire par sa grande puissance » de l'épilogue équivaut « à faire atteindre son désir » du prologue et l'explique. Voir dans l'épilogue, des renseignements que nous donnons sur Nergal. Dans le panthéon suméro-baby Ionien, un dieu appelé Urra ou Irra, présentait une grande ressemblance avec Nergal, au point de pouvoir être identifié avec lui. D'après Meissner, dans son ouvrage B. u. A., II, p. 38, Irra correspond à Nergal. Il est « le seigneur de la tempête et de la destruction ». Par la guerre, le feu et la peste il décime les hommes. Son épouse est Nin-mug ou Subula, d'après d'autres documents. « Le conseiller et le ministre » de Nergal-Irras est Passaga-Isum. C'est lui qui fournit l'occasion à son maître de dévaster le pays. Les théologiens akkadiens ont donné à Nergal différents noms suivant les villes où il était adoré. Ils ont dit notamment : « Irra est le Nergal de Kuta. « Cf. Meissner, ibid., p. 48. Dans le mythe d'Irra, il est rapporté qu'Anu créa sept mauvais démons et les soumet à Irra pour être ses auxiliaires dans la destruction des hommes et des animaux. De fait Irra détruit plusieurs villes et sa colère ne s'apaise qu'après l'accomplissement de cette œuvre de ruine. Ibid., pp. 186, 187. Dans des présages tirés de la pluie, nous constatons que Nergal et Irra sont juxtaposés. On dit en effet que si la pluie vient au mois d'Adar « Nergal » mangera dans le pays » ; que, si elle vient dans le mois intercalaire d'Adar « les produits des champs seront maigres ou qu'Irra visitera le pays ». Cf. Ibid., p. 259. « Le chanteur, qui chantait bien le chant d'Irra et le scribe, qui l'apprenait par cœur, était, d'après la conception babylonienne, épargné par la peste. » Ibid., p. 259. Dans la liste des dieux sumériens du catalogue A O. 5373 publiée par M. de Genouillac, nous trouvons un dieu Ir-ra-gal R A O, XXV, III, p. 134, qui ressemble beaucoup à celui, dont nous parlons, puisque c'est le même nom avec l'épithète « grand ».

2-3. Mu-sa-te-ir, du verbe uta, signifie « ayant fait surabonder », métaphore pour « ayant enrichi grandement ». Cf. la prophétie de Jacob, où ce patriarche dit de Ruben : outrance jeter d'élévation, outrance de force. (Traduction Lagrange, R. B., 1896). Jetlier signifie « reste ». Mais le sens demande que ce soit un reste en trop, d'où outrance.

La ville de Kuta, située dans le pays d'Akkad, se trouvait sur un canal, au sud-est de Sippar et au nord de Kish. EUe correspond à l'actuelle Tell- Ibrahim, située sur le canal H ahl Ibrahim. Kuta n'est pas mentionné dans la table ethnographique. Gen. X. Nous savons à la fois par les documents assyriens (prisme de Sargon 23 ss.) et par la Bible, qu'après la prise de Samarie ses habitants furent déportés et que les gens de Kuta, figuraient parmi les populations transplantées en Israël II Rois XVII 6, 24, 30.

Le dieu principal de Kuta était Nergal et son temple était l'E Meslam. Nous avons déjà dit que Nergal figure parmi les dieux adjurés par H de châtier les contempteurs de sa stèle, XXVIII, 24-39. Nergal, dont le nom signifie « seigneur de la grande demeure » était le dieu des morts, de l'enfer et de la peste. Son épouse se nomme Eriskigal « Princesse de la grande terre ». La grande demeure et la grande terre c'était une même région, l'enfer... Chargé de peupler les enfers, Nergal apparut aux Babyloniens, comme un dieu de la destruction. Cf. Dhorme, RAB, pp. 76-77. La Bible nous apprend que les gens de Kuta transplantés en Sansarie, firent des idoles à Nergal II Rois XVII 30. Ce même document nous dit que les gens de Sépharwaim brûlaient des enfants en l'honneur de leurs dieux Adarmélék et 'Anammélek. Or le P. Lagrange a montré la ressemblance de Nergal avec Milkom des Ammonites, Moloch, Mélék ou Milk des Phéniciens, divinités auxquelles on immolait des victimes humaines et spécialement des enfants ERS, pp. 107-109. On s'imaginait que Nergal, pour peupler son empire infernal, envoyait des fléaux mortels comme la peste, la famine et la guerre et que « pour lui faire lâcher prise, il fallait lui envoyer des victimes de choix, jeunes encore » •cf. Dhorme, jbid. Kuta fut une des viUes choisies de préférence pour la sépulture. Cf. Meissner, B. u. A., p. 426.

4-6. L'E Meslam était le temple Nergal-' Irra â Kuta. Du nom de ce temple était appelé un dieu qui

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