um-ma warad a-wi-lim
14-17. be-el wardim a-na A ZU (asim) 2 siqil kaspim i-na-ad-di-in.
B. Honoraires pour guérisons de fracture de membre ou de nerfs (tendons) douloureux §§ 221-223
Ces lois fixent les honoraires dus au médecin pour des guérisons obtenues sans opération. Le législateur n'édicte pas de sanction contre le médecin qui ne guérissait pas son malade. Le châtiment du médecin babylonien, qui ne parvenait pas à guérir son malade, consistait donc à n'être pas payé pour ses soins.
Sans doute l'usage de priver d'honoraires le médecin incapable de guérir son malade, est injuste au point de vue du médecin. Ce que l'on peut exiger de lui et ce qu'on doit lui payer ce sont des soins éclairés et dévoués, car on ne peut exiger une guérison, que la gravité de la maladie peut rendre moralement impossible ou qu'une circonstance fortuite peut empêcher. Mais si la privation d'honoraires pour des maladies soignées mais non guéries, est injuste pour le médecin, elle épargne un sacrifice bien pénible au malade qui n'a point obtenu le résultat qu'il espérait.
Dans le série des lois §§ 221-223, seul le § 221 énumère les maux traités par le médecin. Le premier 95-XIX 2 se retrouve avec les mêmes termes dans la section des coups et blessures §§ 197, 198, 199. C'est la fracture d'un os ou d'un membre. A défaut de renseignements sur les moyens de guérison employés par le médecin, il faut croire qu'il recourait aux procédés encore usités de nos jours : réajustement des fragments, immobilisation du membre etc. Le cas est simple et la nature est le principal agent de guérison.
Quant au second mal, on ignore le sens précis du terme se-ir-lia-num. Scheil considère sir comme le déterminatif « chair », et il traduit hanum par « viscère », parce que ce mot précède les termes karéu et hase qui signifient respectivement « abdomen » et « foie ». Cf. Del. HW B 283". Il serait alors question d'une maladie du ventre ou de l'estomac ; karsu a en effet ce double sens. Un document relatif aux maux d'estomac traduit par Campbell, prouve que les Assyriens n'étaient pas à court de remède pour guérir ce mal. Rev. d'Assyr., 1929, pp. 47-87. D'après Ungnad ëerfianum désignerait un » abcès » ; Meissner, pense qu'il est question de nerf ou de tendon. Ce dernier sens conviendrait bien au contexte précédent qui traite de fracture d'os et au contexte suivant où le malade est appelé « le maître de la blessure » 1. 6 c'est-à-dire le blessé. Remarquons que le mot simmum « blessure » indique dans la loi § 206, 1. 6 la blessure faite dans une rixe et, dans les lois §§ 215, 218, 219, la blessure faite par l'opérateur. Mais il n'est pas question au § 221 de blessure occasionnée par une opération. A cause du contexte nous préférons le sens proposé par Meissner. Notons de plus qu'une maladie d'estomac ne se guérit pas rapidement, comme semblent le supposer les lois §§ 221-223.
Pour la guérison de ces deux maladies, les honoraires du médecin varient suivant la classe sociale de son client.
§ 221. pour un homme libre guéri, le médecin recevra cinq sicles d'argent, c'est-à-dire la moitié des honoraires dus pour une opération réussie § 215. Les guérisons obtenues sans opération ne faisaient courir aucun risque au médecin, mais elles lui rapportaient moitié moins qu'une intervention chirurgicale pratiquée avec succès.
§ 222. pour un muSkenum guéri, le médecin recevait trois sicles d'argent, c'est-à-dire deux sicles de moins que pour une opération chirurgicale réussie § 216.
§ 223. pour un esclave d'homme libre guéri, le médecin recevait deux sicles d'argent. A la différence de ce qui a lieu et pour l'homme libre et pour le muskenum, ces honoraires sont les mêmes que pour une opération réussie § 217. Probablement il en était ainsi à cause du taux modique de ces honoraires et du peu de cas que l'on faisait de la vie de l'esclave.
On voit que nous ne sommes guère renseignés par le G. H. sur les interventions médicales dans le monde akkadien. Il n'est question que du traitement d'alïections externes : ophtalmie, fracture, lésion du nerf ou du tendon. Nous ignorons le mal que le médecin s'efforce de guérir en faisant à son malade « une blessure grave » avec le poinçon de bronze. Mais de nombreux textes médicaux provenant des fouilles, complètent notre information. Ils sont, pour la plupart, de l'époque néo-assyrienne et, pour quelques-uns, de la période néo-babylonienne. Mais, à voir le caractère tout à fait primitif de la science médicale qu'ils supposent, on peut tenir ces textes pour des copies de textes plus anciens. Dans la Revue -d'Assyriologie Campbell Thompson a traduit les prescriptions assyriennes pour maladies d'estomac XXVI (1929), pp. 48-87, contre le poison XXVII
95-XIXr 2. Si un médecin a sauvé l'os (le membre) brisé d'un homme libre, 3-5. ou s'il a guéri le nerf (tendon ?) douloureux d'un homme libre, 6-9. le maître de la blessure (le malade) donnera au médecin cinq sicles d'argent.
10. Si c'est un fils de muskenum, 11-13. il donnera trois sicles d'argent.