‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 131 sur 250 · Le bâtisseur · texte numérisé non relu

Le bâtisseur

La première de ces six lois fixe l'honoraire dû pour la construction d'une maison, les cinq autres envisagent l'écroulement de la maison ou d'un mur.

Le fait que le législateur a prévu cet accident, constitue à lui seul un indice de la fragilité des constructions chez les Akkadiens et les Sumériens. L'examen des constructions mises à jour par les fouilles en Babylonie prouve que l'on employait des matériaux très défectueux. L'absence presque absolue de pierres et de bois en leur pays a forcé les Suméro-Akkadiens à recourir à d'autres matériaux pour les remplacer. Tout d'abord on fit des huttes avec des roseaux, très abondants dans la région. Puis on fit des briques avec la terre d'alluvion du pays. On employait deux sortes de briques. Les unes, séchées au soleil étaient appelées libillu. Pour leur donner plus de consistance, on ajoutait à la terre de la paille et des roseaux. Ces briques devaient ressembler à celles dont la fabrication était imposée aux Hébreux lebenîm Exod. I M. En effet le Pharaon, interdisant aux exacteurs de donner aux Hébreux de la paille hachée pour faire des

43-47. Si un homme a trompé un gallabum (barbier) et s'il (le barbier) a

rasé la marque (abbuttum) d'esclave inaliénable, 48-51. cet homme, on le tuera et à sa porte on l'enterrera 52-55. le gallabum, qui n'a pas rasé sciemment, jurera et il sera libéré.

56-59. Si un bâtisseur a fait une maison pour un homme et la lui a terminée, 60-63. l'homme lui donnera pour ses honoraires deux sicles d'argent par sar de maison.

briques, leur ordonna d'en trouver par leur propre initiative et de fabriquer le même nombre de briques. Les exacteurs mirent ainsi les Israélites dans le plus grand embarras Exod. V 7-16. Les briques ainsi, fabriquées se détérioraient rapidement sous l'action de- la pluie. Aussi les constructions de briques séchées au soleil étaient bientôt réduites en tas de terre, tandis que les briques cuites au feu étaient fort résistantes. Les habitants du pays de Sinei^ar employèrent celles-ci, selon la Bible, pour bâtir leur ville et leur forteresse mighdôl. « Ils dirent en. effet : « faisons des briques et exposons-les à la flamme » et les briques leur servirent de pierres et l'asphalte hêmar de mortier ». Gen. XI 3-5. On sait par la Bible et par les fouilles que la fabrication des briques' remonte aux temps les plus anciens, mais leurs formes varient suivant les époques. Cf. Meissner, /, pp. 275-277. Les fouilles ont permis de constater que « les briques cuites au soleil constituaient le matériel de construction de beaucoup le plus fréquemment employé : non seulement les maisons des particuliers en étaient bâties presque exclusivement, mais aussi les temples. La plupart du temps, les substructions des palais et le miheu des tours du temple n'étaient enveloppés, comme d'un voile, que par une légère épaisseur de briques cuites au feu ». De plus ces briques séchées à l'air étaient superposée les unes sur les autres, sans autre espèce de mortier que de l'argile humide, ibid., p. 277. Si les murs des remparts des villes, des temples et des palais étaient aussi forts qu'il était nécessaire, « les murs des bâtiments étaient au contraire souvent d'une minceur inquiétante. La plupart du temps ils n'avaient l'épaisseur que d'une ou de deux briques. Les murs plus forts, de 2 " par exemple, sont rares » ibid., p. 278.

« L'emploi de pierres en Babylonie est très rare. Même le château-fort de Nebukadnezar était entièrement bâti en briques cuites au feu, et il n'était protégé qu'à un endroit par un mur d'énormes blocs de calcaire. Il n'y a que les fouilles d'Eridu qui aient mis à jour ime proportion notable de pierres calcaires, de granit et de marbre... En général, même dans les palais babyloniens, les pierres n'étaient employées que là où les briques ne convenaient pas... » ibid., p. 281.

Comme l'Assyrie possédait des pierres, les choses s'y sont passées différemment. « La demeure des particuliers était en briques, mais, pour les forteresses et les palais, on employait une grande proportion de pierres. On les utilisait pour les substructions et les pavages. Des dalles de pierre avec des représentations figurées revêtent les murs des palais. Des colosses de pierre à forme de taureau ou de lion sont placés sur les côtés des principales portes » ibid., p. 281.

Ces renseignements suffisent pour expliquer le peu de solidité supposée aux maisons par C. H. §§229-233. Meissner, pp. 278-280, donne des indications sur la construction des maisons privées, des temples et des palais, avec des plans et des représentations de ces édifices. Les maisons privées étaient décorées à l'extérieur et à l'intérieur ; elles n'avaient pas de fenêtre et les toitures avaient généralement la forme de terrasse.

A. Honoraires pour la construction d'une maison § 228

§ 228. Le signe DIM signifie en akkadien banum, c'est-à-dire bâtisseur, constructeur. Il ne s'agit pas précisément d'un architecte, mais de celui qui construisait la maison, qu'il ait été seul ou qu'il se soit fait aider.

Conformément aux mœurs orientales, plusieurs constructeurs devaient commencer les édifices, sans se soucier de l'achever. Pour remédier à cette carence, il est stipulé que le paiement n'aurait lieu qu'à la fin des travaux. Le sar était une mesure de superficie équivalant à 35 >" carrés, c'est-à-dire à un carré ayant à peu près 6 " de côté. Suivant la fortune des propriétaires, les maisons contenaient un plus ou moins grand nombre de sars. D'après Meissner le plan des maisons privées babyloniennes-assyriennes a peu varié depuis des millénaires. Or, les maisons particulières actuelles comme celles que les fouilles ont mises à jour, sont formées essentiellement d'une cour centrale, d'un vestibule et de pièces situées sur le côté de la grande largeur. Mais certaines des maisons avaient un nombre de pièces bien plus grand, cf. Meissner, I, pp. 284-291, Le sicle pesant 8 gr., le prix était de 16 gr. par 35 ""'.

D'après deux contrats provenant de Warka et datant respectivement de Hammurabi et de Samsu-iluna M. 67 et 66 (Sch. 141 et 142, KU III 501 et 513), ceux, qui ont fait des maisons i-pu-uS pour d'autres pourront les habiter dix ans ou huit ans pour s'indemniser de leurs frais. Au lieu de qiëtum « honoraires », ces documents ont manalilum « frais ». Sans doute, lé bâtisseur, envisagé dans M 67 et 68, outre son travail, a-t-il fait des débours, ou plutôt, le propriétaire du terrain manquait-il de l'argent nécessaire pour payer le constructeur d'après le tarif § 228.

64-71. §um-ma DIM (banum) a-na a-wi-lim É (bitam) i-pu-us-ma si-piir-su la ù-dan-ni-in-ma É (bit) i-pu-su im-qu-ut-ma be-el É (bitim) us-ta-mi-it

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