‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 134 sur 250 · Le batelier · texte numérisé non relu

Le batelier

Deux groupes de lois concernent le batelier : celles qui sont relatives à la construction d'un bateau §§ 234, 235 et celles qui se rapportent à la conduite des bateaux §§ 236-240.

L'importance attachée par le G. H. au batelier, s'explique par les nombreux affluents reçus par l'Euphrate sur ses deux rives, et par les lacs, étangs et lacunes existant en son voisinage. Voir la carte de Babylonie, dans Meissner, Babylonien und Assyrien, I. L'irrigation, indispensable à la culture des terres, exigeait nombre de canaux, qui ne figurent pas sur nos cartes. Le Tigre aussi avait des affluents. Un réseau de canaux unissait les deux fleuves. Avant de se jeter dans le golfe Persique, appelé alors la « grande mer », l'Euphrate se divisait en plusieurs branches. Aux temps de Hammourabi, ce golfe s'avançait dans l'intérieur des terres, bien plus profondément que de nos jours. En efîet Eridu, l'actuelle Abu Suhrain était située alors au bord de l'Apsu, le fleuve Océan. Dans un pays où les cours d'eau sont si abondants, on devait très souvent recourir à un bateau et à un batelier soit pour les voyages, soit pour les transports, soit pour les passages d'une rive à l'autre, soit pour la pêche, etc..

A. Construction d'un bateau §§ 234, 235

Le législateur a envisagé deux cas : celui où le bateau est solide et alors il détermine le salaire du batelier § 234 et celui où le bateau n'a pas été construit solidement, et il fixe les obligations du batelier à l'effet de réparer sa faute professionnelle § 235.

La comparaison des §§ 234-235 et des §§ 236-240 prouve que le constructeur du bateau est aussi son conducteur.

« Bateau » est rendu par le signe idéographique MA, lequel, d'après Barton, avait à l'origine la forme d'un bateau. Cet idéogramme est précédé du signe gië, déterminatif des objets en bois. Pour désigner le batelier, le G. H. utilise l'idéogramme du bateau et le fait suivre du signe DU répété, qui, dans le syllabaire de Delitzsch, présente deux significations : alaku aller et kunnu établir, fonder. Ces deux sens correspondent à la double fonction que le G. H. attribue au batelier.

a. salaire du batelier § 234

§ 234. Au lieu du verbe epesu « faire » employé pour la construction d'une maison § 228, c'est le verbe pihu « clore, fermer » qui est usité ici. D'après le sens de ce verbe, le constructeur d'un bateau a pour première tâche de le rendre imperméable à toute voie d'eau, de le calfater, condition indispensable d'une bonne construction.

4-6. Si un batelier a clos (calfaté) un bateau de 60 kur pour un homme, 7-9. (celui-ci) lui donnera deux sicles d'argent pour son salaire.

10-18. Si un batelier a clos (calfaté) un bateau pour un homme 10-12 et n'a pas fait son œuvre telle que l'on pût s'y fier et (si) en cette année le bateau s'est brisé, a eu une avarie 13-18

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