De la location
Au sujet des boeufs loués, le législateur du G. H. traite deux questions : celle du tarif de la location annuelle §§ 242, 243 et celle des accidents de mort ou de mutilations § 244- § 249.
A. Tarif de la location annuelle §§ 242, 243
Scheil et d'autres traducteurs du G. H. distinguent deux lois sur la location des bœufs, parce que le bœuf loué dans les deux cas est d'une espèce différente. Mais les 11. 85-86 « Si un homme pour une année a loué » concernent les deux lois, et la formule « il donnera à son maître » qui, dans le § 243 exprime le paiement des 3 kur de blé, se rapporte aussi au paiement des 4 kur de blé du § 242. Tout en observant que les bœufs sont de sortes différentes, on pourrait réunir ou séparer les deux lois §§ 242-243.
a. location d'un bœuf d'arrière § 242
§ 242. Georges Dossin fournit dans Revue d'Assyriologie XXX (1933), pp. 97-102 cette identification qui précise la signification « bœuf de labour » donnée par le P. Scheil aux mêmes idéogrammes dans sa traduction
du code. La traduction du P. Scheil s'appuyait sur la donnée suivante d'un vocabulaire : ù-ra = ÛR = naas-ma-du (attelage) BM 36991. Celle de M. Dossin repose sur le fragment de vocabulaire BM 47779 rev. 1,10 qui a conservé l'équivalent accadien du terme :
ù-ra = UR sa GÙD — ÙR-RA = alap ar-ki = bœuf d'arrière.
Une lettre datée de la 1'^ dyn. babylonienne, appartenant à M. Dossin, mentionne à la fois « le bœuf d'arrière » sa wa-ar-ka » et « le bœuf de devant » sa qa-ab-la.
« Le bœuf d'arrière » a atteint son plein développement et est dressé à la traction ; on le place au timon et, à lui seul il peut traîner la charrue ou le véhicule. Le bœuf « de tête » n'est au contraire, qu'une bête d'appoint, d'allège que l'on place en tête de l'attelage, « en flèche », pour l'accoutumer progressivement à la traction ; c'est donc un jeune animal qui doit encore faire son éducation dans l'attelage et qui ne peut être utihsé seul. C'est ce qui explique que la location du bœuf « d'arrière » soit supérieure d'un quart à celle du bœuf de « tête ». Comme le bœuf « d'arrière » pouvait servir, à lui seul, en toute occasion, il a fini par désigner d'une manière générale le bœuf de trait ou de labour », loc. cit., p. 100.
b. location d'un bœuf d'avant § 243
§ 243. Tout d'abord l'équivalence GUD LID = mirum, indique qu'il s'agit d'un jeune bœuf. Quant à l'idéogramme SAG, il signifie « tête ».
Le troisième signe est un peu effacé. Dossin croit y voir le signe itu précédé du gunu. Il pense que ce signe équivaut à pi-id-nu à expliquer par GUD MURUB, qui signifie : un bœuf de trait. GUD LID MURUB SAG, signifierait donc : « jeune bovidé attelé en tête ».
De ses explications des §§ 242, 243, M. Dossin conclut ; « Les Babyloniens connaissaient le dispositif en file, au moins pour leurs attelages de bœufs, et l'utilisaient couramment. Ils ne l'avaient probablement pas inventé, mais l'avaient reçu de leurs éducateurs sumériens avec beaucoup d'autres pratiques agricoles »j p. 102. M. Dossin illustre son article avec la reproduction d'un cylindre-cachet de la Bibliothèque nationale (Delaporte, Catalogue, pi. I, n° 7) où l'on voit une charrue tirée par deux bœufs placés l'un devant l'autre. Près de chaque animal se trouve un personnage armé d'un fouet.
XXIr'1-4. §um-ma a-wi-lum alpam imeram i-gur-ma i-na si-ri-im UR MA H
(nesum) id-du-uk-su 5. â-na be-li-su-ma
6-10. §um-ma a-wi-lum alpam i-gur-ma i-na me-gu-tim ù-lu i-na ma-ha-
zi-im us-ta-mi-it 11-13. alpam ki-ma alpam a-na be-el alpim i-ri-a-ab.
14-18. §um-ma a-wi-lum alpam i-gur-ma sep-su is-te-bi-ir ù lu la-bi-a-an-su
it-ta-ki-is 19-21. alpam ki-ma alpam a-na be-el alpim i-ri-a-ab.
22-24. §um-ma a-wi-lum alpam i-gur-ma Si (■*in)-su uh-tap-(pi)-id 25-27. kaspam mi-si-il si-mi-su a-na be-el alpim i-na-ad-di-in.
28-33. §um-ma a-wi-lum alpam i-gur-ma SI (qaran)-su is-bi-ir KUN (zibbat)-su it-ta-ki-is ù lu UZU (sir) SA SAL (pasumti)-su it-tasa-ag