‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 143 sur 250 · um-ma pi-ha-zu a-pa-lam la i-li-i · texte numérisé non relu

um-ma pi-ha-zu a-pa-lam la i-li-i

99-100. i-na eqlim su-a-ti i-na LID GUD ZUN (alpi) im-ta-nâ-as-sa-ru-su.

formule, il faut songer aux manzaz panim courtisans qui se tenaient devant le roi pour être prêts à exécuter ses ordres §§ 187, 197. Manzaz, aussi bien que uzuzim dérive de nazazu, « se tenir ». Par analogie avec le. manzaz panim « un homme qui se tient à la face d'un champ », est celui qui doit faire le nécessaire pour sa culture.

Le sens précis de aldum, mot sumérien, nous est inconnu. C'est peut-être une charrue. La 1. 75 dit que des bœufs ont été confiés à cet ouvrier. Et la 1. 76 précise qu'il a été obligé en vertu du contrat de louage à cultiver le champ. Le verbe rks, on le sait, a le sens de « lier par convention ».

Les lois § 253, 11. 71-82, § 254, § 255 ne supposent pas, comme §§ 42-44, 61-63 que l'ouvrier soit resté oisif, mais seulement qu'il a commis des délits : le vol flagrant de grain ou de fourrage § 253, 11. 71-82, l'épuisement des bœufs § 254, le louage des bœufs à autrui, le vol de semence, champ improductif § 255. Quant au § 256 il envisage le cas de l'insolvabilité du délinquant § 256.

A. Flagrant délit de vol de grain ou de fourrage § 253, II. 71-82

§ 253, 11. 71-82. Le vol est marqué, comme d'habitude, par le verbe saraqu. Les objets volés sont : du grain et des aliments ukullum, c'est-à-dire du fourrage, des légumes ou des fruits. L'expression « dans les mains » de l'ouvrier équivaut évidemment à « dans sa possession ».

Le châtiment est moins grave que celui qui est stipulé pour d'autres vols §§ 6-8, 9-11, 14-16, 19, 21-22. Au lieu d'être tué, l'ouvrier agricole voleur aura les mains coupées ; voir §§ 218 et § 226. Disons à ce sujet que les lois assyro-babyloniennes, comme les lois hébraïques, ignorent la peine de la prison, à la différence des lois égyptiennes Gen. XXXIX, 20 ss « la maison de la fermeture » bith hassohar.

Pu sque les choses dérobées étaient trouvées en la possession du voleur, le propriétaire n'avait qu'à reoiendre son bien.

B. Épuisement des bœufs avec le aldum § 254

§ 254. Le délit reproché à l'ouvrier est d'avoir épuisé les bœufs, qui lui avaient été loués, avec le aldum (charrue ?) qui lui avait été confié § 253, 11. 69-74. U-te-en-ni-is est le verbe eneëu, à la forme intensive Dt. Il ne s'agit pas du vol de l'instrument sans quoi ce serait le verbe « voler », et non laqû « prendre » qui serait employé. De plus les deux propositions des 11. 83-85 sont liées par le copulatif et non par la conjonction marquant l'alternative « ou » u lu.

L'ouvrier agricole est condamné à bêcher le champ et à rendre au propriétaire tout ce qu'il rapportera de blé.

Im-ri-ru vient du verbe mararu qui, dit le P. Scheil, « exprime une des façons données à la terre arable comme zakaku « herser », mahasu « défoncer » §§ 43, 46. De là l'instrument marru sorte de houe qui existe encore de nos jours en Mésopotamie sous ce nom ». Rev. Assyr., 1927, pp. 147, 148, Thureau-Dangin précise que l'instrument marru peut avoir deux formes, celle d'une bêche ou celle d'une houe. Aux environs de Djerabbous (région d'Alep), c'est une bêche à fer en forme de lance : « par sa forme, comme par son nom mrr, il rappelle l'emblème de Marduk, qui n'est pas, comme on l'a cru longtemps, l'image d'une lance, mais celle d'une bêche marru ». Dans l'Iraq la marru « présente, au témoignage de MM. de Genouillac, Watelin et Gadd, cette particularité essentielle d'être maniée, non comme une bêche, mais comme une houe, le fer n'étant pas dans le prolongement du manche ». D'après cette étymologie im-ri-ru peut signifier «il bêchera ». Évidemment il est plus pénible de bêcher un champ que de le labourer avec des bœufs. C'est donc pour punir l'ouvrier d'avoir épuisé les bœufs, que le législateur lui in flige ce mode de travailler le champ. Le fermier négligent est également condamné à bêcher le champ. Mais, outre ce travail, l'ouvrier devra ensemencer le champ. Autrement il ne saurait où prendre le blé qu'il devra restituer. D'ailleurs l'ouvrier agricole a été loué pour la culture du champ § 253, 1. 76. Le rédacteur s'est contenté de parler du travail le plus pénible et il a sous-entendu l'œuvre facile des semailles.

Ta-a-an, 1. 86 signifie « le rapport » d'après un contrat provenant de Sippar CT II 22 (Sch. 282, KU

83-85, S'il a pris le aldum (charrue ?) et a épuisé les bœufs 86-87. il rendra le rapport du blé, qu'il aura bêché.

88-90. S'il a donné en location les bœufs de l'homme (son loueur), 91-92. ou s'il a volé les semences et n'a pas fait exister de blé dans le champ, 93-96, cet homme on le convaincra et, à la moisson, pour un gan (de champ), il mesurera 60 gur de blé,

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