on le laissera dans ce champ, parmi les bœufs
III 47), 1. 4, C'est donc tout le produit du champ, péniblement bêché, que l'ouvrier agricole coupable devra rendre au propriétaire, ,
Pour confirmer l'opinion de Thureau-Dangin sur l'identification de l'emblème de Marduk, citons M 43 (Sch, 259, KU III 715) Warka, Hammourabl. Dans ce procès, les juges font transporter à la porte de la ville les emblèmes de différents dieux et notamment (ilu) marri de Marduk, Ungnad et Schorr traduisent marru par « houe ».
C. Louage des bœufs (du loueur), vol de ses semences, son champ laissé improductif § 255
§ 255. Comme les trois fautes signalées dans 11. 88-92 s'enchaînent, l'ouvrier est censé les avoir commises toutes trois. Le champ est demeuré improductif, parce que l'ouvrier au lieu d'y jeter la semence, l'a volée. Or il est très probable que l'ouvrier n'avait pas ensemencé le champ, parce que celui-ci n'avait pas été labouré avec les bœufs, qu'effectivement il avait loués. Absolument parlant, la location des bœufs et le vol des semences sont deux fautes distinctes. Mais en fait les deux délits dépendent l'un de l'autre. D'une part, on ne voit pas pourquoi on n'ensemencerait pas un champ labouré. D'autre part, si l'ouvrier avait labouré le champ avec les bœufs, il n'aurait pas pu les louer : en effet, il aurait dû, après l'achèvement du labour, les rendre au propriétaire, qui les avait confiés dans ce but. Nous pensons donc que la conjonction u lu 1. 91, n'indique pas ici l'alternative, mais la consécution et que l'ouvrier agricole est coupable des trois fautes.
L'absence de blé dans le champ était une chose patente. Aussi la conviction ordonnée 11. 93, 94 devait porter sur la location des bœufs et le vol de la semence. Le fait même que le blé n'avait pas poussé dans le champ constituait déjà une présomption de la culpabilité d'avoir loué les bœufs et volé la semence. On pouvait en outre recourir à des témoins ou au serment.
Le gan vaut 6 1 /2 ha et le kur 120 litres. L'amende était assez forte, et plus sévère que la peine infligée aux fermiers ou métayers ayant négligé de faire pousser du blé : ils devaient, soit fournir autant de blé que le champ voisin en contenait §§ 42, 43, soit donner 10 gur de blé pour 10 gan § 44. Des sanctions analogues frappent les jardiniers §§ 62, 63. La sévérité du § 255 s'explique par le fait qu'il y a vol et non négligence.
Si les §§ 253 et 255, envisagent toutes deux le vol de semences, cette faute est punie plus sévèrement par la première loi, où le vol est plus important. En effet, le § 253 ne dit pas que l'ouvrier agricole a omis de cultiver le champ ; il faut donc croire qu'il y a^fait pousser du blé et d'autres produits qu'il a volés. On sait que les voleurs sont ordinairement punis de mort §§ 6-8, 9-11, 14-16, 19, 20-21. 11 est condamné ici à avoir les mains coupées, sans doute parce que l'objet du vol est moins grave et que son objet a été retrouvé. Au contraire, selon § 255, le vol ne porte que sur la semence et le prix de la location des bœufs durant un temps très court. C'est surtout le tort fait au propriétaire par la négligence de son ouvrier que le législateur a voulu punir. Aussi la sanction édictée dans le § 255 est analogue à celle qui est prise contre les fermiers, métayers et agriculteurs négligents §§ 42-44, 61-63. Toutefois elle est plus sévère parce qu'à la négligence s'est ajoutée la fraude.
D. Cas d'insolvabilité de Vouvrier cause du préjudice § 256
§ 256. Cette loi n'est qu'une clause de la loi précédente, pour le cas où l'ouvrier agricole ne peut pas payer l'indemnité fixée par § 255.
L'acception ordinaire de pihatum, c'est « district », « province ». Pahatum désigne le gouverneur de district. Mais pihatum a également le sens « d'obligation » CT IV, 37^ 14 ; VI 23", 15... C'est évidemment la signification qui convient ici, car elle vise la sanction de § 255, 93-96.
Le verbe masaru signifie : « déchirer, couper » et « laisser, abandonner ». Nous choisissons avec Scheii le second sens, qui convient au contexte. Nous comprenons ainsi la pénalité U. 99-100 : l'ouvrier deviendra la propriété du loueur, auquel il a fait du tort, aussi bien que le champ et les bœufs et naturellement il devra cultiver le champ gratuitement. Il y a là quelque analogie avec la contrainte du § 117.