‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 160 sur 250 · S'ils sont enfants d'un autre pays · texte numérisé non relu

S'ils sont enfants d'un autre pays

89-92. l'acheteur déclarera devant Dieu l'argent qu'il a pesé,

93-96. et le maître de l'esclave homme ou de l'esclave femme donnera au

damqarum l'argent qu'il avait pesé et il rachètera son esclave

homme ou son esclave femme.

a. Cas où. Vesclave est originaire du pays de son ancien maître § 280, II. 83-87

§ 280, 11. 83-87. La formule « enfants du pays » maru ma-lim se dit pour marquer que l'on est originaire d'un endroit. Elle suppose que l'on éprouve les sentiments d'un fils pour son pays d'origine. Elle est encore employée de nos jours.

is-ëa-ak-ka-an à la forme niphal, se traduit mot à mot « leur liberté sera mise ». Cette tournure ne précise pas qui mettra cet esclave en liberté. Mais le contexte montre que ce sont ses deux maîtres.

Quel est le motif de cette mesure de clémence ? Peut-être le législateur a-t-il voulu dédommager l'esclave d'un long exil ?

b. Cas où l'esclave est enfant d'un autre pays § 281

§ 281. Dans le cas où le pays du maître de l'esclave n'est pas le même que celui de ce dernier, l'ancien maître devait reprendre son esclave, après avoir remboursé au damqarum le prix de son achat. On peut supposer, nous l'avons dit, que l'esclave avait été enlevé à son premier maîtçe par vol ou comme prisonnier de guerre.

Si le pays habité par l'ancien maître n'était pas la patrie de l'esclave, celui-ci n'était pas aiïranchi, comme dans le cas où sa patrie s'identifiait avec le lieu d'habitation de son premier maître. D'abord, en remboursant au damqarum le prix de l'achat de l'esclave, le premier maître acquiert de nouveau la propriété de son esclave. Ensuite le verbe i-pa-tar signifie « délivrer en payant une rançon ». Il est clair que l'esclave appartiendra désormais à celui qui a payé sa rançon,, comme le prouve la loi § 119 : l'homme qui, pour une dette, a livré à la contrainte une esclave lui ayant donné des enfants, remboursera le damqarum et délivrera son esclave. Le rédacteur a employé à peu près les mêmes mots que pour le § 281 et notamment amat-su i-pa-tar. Or il est bien clair que, si un maître devait racheter une esclave lui ayant donné des enfants, ce n'était pas pour la mettre en liberté, mais pour la reprendre. Le verbe ptr est encore employé dans la loi § 32 avec le sens de racheter en payant une rançon.

Suivant que le pays du premier maître était ou n'était pas la patrie de l'esclave, celui-ci recouvrait sa liberté ou rentrait sous la domination de son ancien maître. Ce sont là des mesures bienveillantes à l'égard de l'esclave. La chose est évidente quand il s'agit de l'affranchissement ; mais l'esclave avait avantage aussi à redevenir la propriété d'un maître, auprès duquel il avait longtemps vécu.

En assurant ce traitement à l'esclave qui revenait dans sa patrie, à la différence de celui qui n'y revenait pas, le législateur incitait l'esclave à regagner son pays d'origine.

Au terme du commentaire des §§ 280 et 281, citons le contrat CT VI 29 (Sch. 37, KU III 740), Babylone, Ammi-ditana, qui a des rapports avec ces deux lois.

1-7. Warad-(ilu) Bunene, que Pirhi-ilisu, son maître, avait donné pour 1 112 mine d'argent, à fuplias, remplit

durant cinq ans son service d'esclave au milieu de Tuplias et fuit à Babylone. 8-13. Sin-musallim et Marduk-lamazaëu, pères (chefs) des armées, assignèrent Warad-(ilu) Bunene et lui

dirent eux-mêmes ainsi : « Tu as été purifié, ta marque d'esclave a été rasée, va parmi les soldats. » 14-19. Warad-(ilu) Bunene répondit lui-même ainsi : « Je n'irai pas parmi les soldats, j'irai au fief de la

maison de mon père. »

20-25. Lipit-Adad, Adad-Luzerum et Ibni-Samas, ses frères jurèrent par Marduk et Ammi-ditana, le roi,

que contre Warad-(ilu) Bunene leur frère ils ne réclameront pas au sujet du droit d'héritage (?) 26-29. Warad-(ilu) Bunene, tant qu'il vivra, avec ses frères gérera le fief de la maison de leur père.

Deux témoins et Date.

Ce document et les lois §§ 280 et 281 ne diffèrent que sur des points de détail.

Tout d'abord, de part et d'autre, il y a eu vente à l'étranger. Warad-Bunene retrouve à Babylone ses frères et le flef de sa maison paternelle ; il était donc originaire de cette ville. Or Tuplias, le lieu de la vente, se trouve à l'est d'un affluent est du Tigre et à la frontière de l'Elam. De retour dans sa patrie, Warad-

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