‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 168 sur 250 · Forcément, puisque les ennemis ont été exterminés · texte numérisé non relu

Forcément, puisque les ennemis ont été exterminés

33-34. Il s'agit du bonheur matériel, que H se vante d'avoir procuré à ses sujets. Voir I 47, V 24 et plus loin, XXVr, 93, 94. C'est parce que B[ considère ses sujets comme lui étant très inférieurs, qu'il les désigne par leur élément le moins noble. Les auteurs sacrés eux aussi ont appelé l'homme « chair » pour insister sur sa faiblesse et sa misère : <t toute chair avait corrompu sa voie » Gen. VI 12, « toute chair est comme l'herbe », Is. XL 6, jugement de lahvé sur toute chair, Jer. XXV 31. Les mots signifiant « chair », en hébreu baéar et en accadien sirum, S^er, n'appartiennent pas à la même racine.

Pour les Hébreux, la chair était un élément de l'être humain beaucoup moins noble que le sang. D'après leurs conceptions, l'âme néphés résidait dans le sang. C'est pourquoi Dieu permit aux Hébreux de se nourrir de la chair des animaux, mais il leur interdit de s'alimenter avec leur sang Gen. IX 4, Lev XVII 10-14.

35-37. Par cette affirmation et par la suivante, H explique que le bien-être procuré à ses sujets par la victoire complète sur des ennemis consiste surtout dans la sécurité et la tranquillité.

Les idées et les termes anticipent sur le bienfait qui est le thème de la section suivante : les fonctions de pasteur parfaitement remplies 40-58.

En effet ù-sar-bi-is provient du verbe rbs « coucher », qui, en akkadien comme en hébreu Gen. tXXIX 2, XLIX 9, Jer. XXXIII 12, Ps. XXIII 2 ; est employé pour les animaux et les troupeaux. Puis le sens premier de a-bu-ur-rum est « clôture, fermeture », et c'est parce que des endroits clôturés et fermés offrent de la sécurité que ce dernier sens a été ajouté au sens primitif. Mais les lieux clos, quand il s'agit de troupeaux, sont les parcs. Au § 58 on parle du petit bétail enfermé à la porte de la ville. Les §§ 266 et 267 désignent le parc situé en pleine campagne : par le mot tarbasum, de la racine rbs « coucher ».

38-39. Mu-gal-li-lam, participe à la forme intensive de gll désigne très bien un perturbateur. Ce terme s'accorde avec le thème du pasteur et du troupeau. Le perturbateur d'un troupeau peut être identifié avec une bête féroce ou un brigand. D'autre part, H, tout comme un pasteur vigilant, peut dire qu'il « n'a pas fait avoir » de perturbateur à son troupeau soit par son imprudence, soit par sa négligence.

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