‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 169 sur 250 · Fondions de pasteur parfaitement remplies · texte numérisé non relu

Fondions de pasteur parfaitement remplies

Le premier service rendu par H à ses sujets, c'est de les avoir délivrés de tous leurs ennemis 22-39. Le second est d'avoir parfaitement rempli les fonctions de pasteur à leur égard. Nous ne saurions trop insister sur l'importance de cette conception. Il est très probable que, dans les temps primitifs, l'office du roi était assimilé à celui du pasteur. Au début de son éloge, H déclare que Enlil et Marduk lui ont confié le pastorat ri-û de ses sujets XXIVr 13. Les deux derniers bienfaits mentionnés dans la précédente section supposent l'exercice de la fonction pastorale. Mais dans la présente section, H, après avoir affirmé sa vocation divine au pastorat 40-43, passe en revue les diverses obligations d'un pasteur et dit qu'il s'en est parfaitement acquitté vis-à-vis de ses sujets : salut 43, gouvernement juste 44-45, ombrages 46-48, affectueuse sollicitude 49-52, salut 53-56, abri 57-58. Plusieurs traits de cette section sont à rapprocher du Psaume XXIII « lahvé est mon pasteur » et de l'allégorie du Bon Pasteur Jean X.

40-41. Tout d'abord H affirme que sa mission a une origine divine : l'autorité d'un monarque dépend en effet pour une bonne part du mode de son accession au pouvoir. Le début du prologue spécifie que H doit à une vocation divine, sa fonction de pasteur I 45-53. Mais il. attache tant d'importance à ce fait qu'il veut le rappeler dans l'épilogue. Comme, au prologue I 49, c'est le verbe nabu « dire, nommer, élire » qui est ici employé avec le suffixe I''* p. s. au lieu du mot « nom ». Peut-être doit-on se référer à ce terme accadien pour connaître l'étymologie du mot hébreu nabi (prophète), dont l'origine est obscure. La 1. 43 précise la nature de la vocation de H : « pasteur apportant le salut ».

La répétition du mot sumérien gai « grand » indique que H est redevable de sa vocation à deux ou à plusieurs dieux. Mais le contexte immédiat, qui parle d' Enlil et de Marduk confiant le pastorat à ce roi, montre que l'expression « grands dieux « désigne ces deux divinités.

42-43. En vertu de sa vocation, H est un pasteur « apportant le salut » mu-ëa-al-li-mu-um part, de ëlm à la forme intensive. Cette première assertion constitue un éloge général, dont la légitimité va être prouvée par toutes les affirmations suivantes. Au fond H attribue à son pastorat les effets bienfaisants assignés par le psalmiste au pastorat de lahvé « lahvé est mon pasteur, je ne manque de rien » Ps. XXIII 1. Mais, tandis que H a usité une formule positive, le psalmiste a employé une expression négative.

On doit rapprocher de 35-39 le v. 2 du Ps. XXIII : « dans des pâturages verdoyants il m'a fait coucher rbs et vers des eaux tranquilles il m'a conduit ». Mais le psalmiste recourt au langage concret et métaphorique, tandis que H se sert de termes abstraits et obvies.

44-45. Puisque le contexte parle d'un pasteur, à proprement parler il ne s'agit pas ici de sceptre, mais de bâton pastoral, de houlette. D'ailleurs il est à croire que telle a été l'origine des sceptres des monarques. Les représentations des rois sumériens ou accadiens montrent que leurs sceptres ressemblent singulièrement à des houlettes. Nous aurions une allusion à la forme de houlette du sceptre royal si la traduction suivante de la célèbre prophétie de Jacob XLIX 10 était exacte : « Le sceptre ëêbhet ne sortira pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds etc.. ». Mais Dhorme donne au second hémistiche cette signification : « ni un législateur d'entre ses descendants », et l'expression « d'entre ses pieds » serait un euphémisme signifiant la semence. La Poésie biblique, p. 101. Le ps. XXIII fait aussi allusion au bâton du pasteur. <t Même si je vais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrai pas le mal, parce que tu es avec moi et ton bâton ëebhep et ta houlette (m-à-m : objet protégeant) eux me conduisent », v. 4.

L'adjectif i-ëa-ra-at dérive du verbe jër, « être droit » au sens physique et au sens moral. Le nom miëarum signifie « le droit ». Ici il s'agit de rectitude morale, de justice. L'expression « son sceptre est droit » signifie : « son gouvernement est juste ». Voir ps. XXIII 3 : « il m'a conduit dans des sentiers de justice ».

Il est question encore du sceptre comme instrument de la royauté XXVIr 14, 50.

46-48. Dans les pays où le soleil est ardent, l'ombre est un bienfait inappréciable, que le bon pasteur doit procurer à son troupeau. Le psalmiste dit que lahvé fait coucher Israël dans des pâturages verdoyants et qu'il le conduit vers des eaux rafraîchissantes. H va jusqu'à dire qu'il est lui-même une ombre étendue sur sa ville de Babylone !

Au prologue V 4-9, IH déclare qu'il est un soleil projetant la lumière sur le pays des Sumériens et des Akkadiens. Ainsi le roi se vante de procurer à ses sujets alternativement les deux bienfaits opposés, la lumière et l'ombre.

49-52. i-na ut-li-i-a ni-si UN (mat) Su-me-ri-im ù Ak-ka-di-im ù-ki-il 53-56. i-na La-ma-zi-i-a ah-hi-sa i-na su-ul-mi-im at-tab-ba-al-si-na-ti 57-58. i-na ne-me-ki-ia us-tap-si-ir-si-na-ti

4. Législateur ayant défendu le faible et établi la justice 59-78

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