‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 170 sur 250 · NU SÏG (ekem) NU MU SU (almattim) su-te-su-ri-im · texte numérisé non relu

NU SÏG (ekem) NU MU SU (almattim) su-te-su-ri-im

63-66. i-na KA ILI RA Kl (Babili) alim sa AN (Anu) ù EN LÎL (Bel)

ri-si-su ù-ul-lu-ù 67-69. i-na É-sag-ila É (bitim) sa ki-ma sa-me-e ù ir-si-tim isda-su ki-na. 74-78. a-wa-ti-ia su-ku-ra-tim i-na NA RU (nare)-ia as-tur-ma i-na ma-har

ALAM (salmi)-ia sar mi-sa-ri-im û-ki-in

49-52. Cette image, est à rapprocher de la parabole de la brebis perdue « et quand il l'a retrouvée, il la met sur ses épaules tout joyeux ». Luc XV 5. Mais quoique exprimant d'une façon hyperbolique les sentiments de H, cette métaphore prouve qu'il n'était pas dénué de sollicitude pour ses sujets.

Ici, comme dans V 4-9, les Sumériens sont nommés avant les Akkadiens.

53-46. Au début de la section, H dit qu'il « est un pasteur procurant le salut » 42-43. Il indique à la fin les divinités qui l'aident à remplir un rôle si bienfaisant.

Le Lamazu de H est son génie protecteur. Il n'est pas à identifier avec le Lamazu de la ville d'Assur qu'il s'est rendu favorable IV 55-58. Ce n'est pas non plus la collectivité des sedu et des lamazu, placés à l'entrée de E Sagil, que H prie de rendre Marduk et Sarpanit favorables à ses pensées. H invoque son Lamazu protecteur pour qu'il châtie lui aussi le violateur de son code XXVIIr 96-103. Aucun de ces génies n'étant désigné par son propre nom dans les documents qui nous sont parvenus, nous ignorons le nom du Lamazu de H.

Mais quels sont les frères du Lamasu de H ? D'après les conceptions religieuses de Sumer et d'Akkad, chaque homme n'était protégé que par son Lamazu propre, et ici comme dans XXVIIr 96, H parle de son Lamazu, comme s'il était unique. Aussi les frères du Lamazu de H ne peuvent être que les Lamazu de ses sujets. Et le roi de Babylone est fondé à dire que les secours des Lamazu de ses administrés se sont joints au secours de son Lamazu personnel pour l'aider à procurer le salut à son vaste empire.

57-58. Le dernier bienfait dont H, comme pasteur, ait pourvu ses sujets, c'est un sûr abri, us-iap-si-ir est la forme causative st du verbe pzr « cacher, abriter, protéger ». Dans le ps. XXIII 4, nous lisons ; « Et même si j'allais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais pas de mal parce que tu es avec rnoi. »

H attribue la protection dont il a entouré ses sujets à sa sagesse, qui lui a permis de prévoir les périls menaçants et de discerner les meilleurs moyens de les éviter. Le nom akkadien nemequm, « sagesse », provient du verbe °m"g k être profond ». De fait le sage pénètre au fond des choses. Comparer avec l'hébreu '■amaq « être profond » et '^êmeq « vallée ».

4. Œuvre de législateur ayant défendu le faible et établi la justice 59-78

Dans la dernière partie de son auto-panégyrique, H célèbre son œuvre, sinon la plus importante, au moins la plus actuelle, puisqu'elle est l'objet de la présente stèle : son œuvre législative. A celle-ci il attribue deux caractères : la protection des faibles 59-62, 73 et l'établissement du juste droit 70-72.

La construction de l'unique phrase, qui constitue cette section, est assez compliquée. Après deux propositions subordonnées 59-60, 61-62, les membres de phrase 63-66 sont des compléments circonstanciels de lieu se rapportant à la proposition principale 74-78. Cette dernière est séparée de ses compléments par les trois propositions subordonnées 70, 71-72, 73. La teneur de 73 est équivalente à celle des propositions subordonnées du début de la phrase 59-62. La phrase devient claire moyennant une légère interversion consistant à placer la proposition principale entre ses compléments de lieu 63-69 et les propositions subordonnées 70-73. Sans doute les propositions subordonnées, qui se correspondent au moins partiellement, sont placées ainsi avant et après la proposition principale et forment une tautologie. Mais la mentalité sémitique aime à préciser les choses, au risque d'alourdir le style, en exprimant plusieurs fois les mêmes idées.

59-60. Les termes sont identiques à ceux du prologue où H dit que Anu et Enlil, en l'appelant à « faire luire le droit sur le pays » I 32-34, se proposaient d'empêcher « le fort d'opprimer le faible » I 37-39.

61-62. Ce texte est le seul du C. H. où il soit question de la protection de l'orphelin et de la veuve. Au contraire les lois et les prophètes d'Israël rappellent souvent la défense d'opprimer la veuve et l'orphelin et le précepte de les secourir. Exode XXII 22-23, Deut. X 18, XIV 29 ; XVI 11, 14 ; XXIV 19-21 ; XXVI 12... etc. ; Isaïe I 17, 23 ; IX 16 ; X 2 ; Jér. VII 6'; XXII 3... ; Job XXII 9 ; XXIV 3 ; XXXI 17...

Le service que H est appelé à rendre à l'orphelin et à la veuve est exprimé par âu-te-zu-ri-im. Cette forme causative st de fsr « être droit », signifie : faire droit, conduire conformément au droit, et par conséquent préserver de toute injustice.

63-66. Après les deux propositions subordonnées 59-60 et 61-62 viennent les deux compléments .circonstanciels de lieu de la proposition principale 74-78.

H mentionne d'abord qu'il a inscrit « ses précieuses paroles » à Babylone, etc. Voir dans le prologue, royauté de Marduk exercée sur Babylone, I 16-21, son embellissement et celui de son temple procurés par H II 6-15, paix donnée à ses habitants IV 42-49, H. se proclame « son soleil » V 4-6. Ici Babylone est présentée comme la patrie du code.

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