‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 179 sur 250 · C. Qu'il prie en sa faveur Marduk et Sarpanil · texte numérisé non relu

C. Qu'il prie en sa faveur Marduk et Sarpanil

41-47. que devant Marduk, mon Seigneur, Sarpanit, ma maîtresse, de tout

son cœur il prie pour moi !

48-58. que le sedu et le lamassu, dieux (qui se trouvent) à l'entrée de

l'E Sagil, dans l'enceinte de l'E Sagil, rendent agréables mes

pensées de chaque jour devant Marduk, mon Seigneur, Sarpanit,

ma maîtresse.

des biens matériels. C'était donc seulement un bonheur d'une essence supérieure, la joie du cœur, queB[ devait chercher à procurer à Marduk, par ses louanges, ses sentiments, ses actes tendant à propager sa gloire. Au contraire, le bonheur de sujets faibles et besogneux exige avant tout la tranquillité matérielle. Sans doute le roi s'est déclaré le pasteur et le père de ses gens. Mais le passage XXIVr 40-58 prouve suffisamment que h: a rempli cette mission de pasteur en assurant surtout le bonheur matériel de ses sujets,

37-38. Le dernier bienfait que H a procuré à ses sujets, c'est d'avoir gouverné le pays selon le droit. Uë-îe-Se-ir, §1 de fsr. Au prologue le roi dit avoir reçu cette mission d'abord d'Anu et d'Enlil I 27-29, puis de Marduk V 20-24. Dans son autopanégyrique il se vante de s'être parfaitement acquitté de ce devoir XXIVr 59-68.

G. qu'il prie en sa faveur Marduk el Sarpanit ! 41-58

La troisième recommandation que fait H. au bénéficiaire de son code, c'est de prier pour lui Marduk son dieu protecteur, et la déesse Sarpanit, l'épouse de celui-ci 41-58.

Les 11. 41-47 contiennent l'ordre de prier et les 11. 48-58 expriment la teneur de la prière 48-58.

41-47. Ik-ru-ba-am, du verbe karabu avec le suffixe de la l'^ pers. du singulier.

Le verbe karabu signifie rendre hommage, soit par la prière, soit par la consécration de quelque chose à la divinité. « L'idéogramme de ce nom est extrêmement intéressant, car il représente la main portée à la bouche, de sorte que le geste de l'orant aurait consisté primitivement à porter la main à la bouche pour prier les dieux, par exemple attitude de Hammôurabi sur le relief de sa stèle... L'idée prédominante dans la prière, c'est la demande. Prier c'est demander quelque chose... Même quand on exalte la divinité, c'est afin de se la rendre propice et de lui faire accueillir plus favorablement la demande qu'on tient en réserve. » Dhorme, R A B, pp. 247-249.

H demande donc à celui, auquel il aura rendu service par son code, de prier pour lui, et cela « de tout son cœur », i-na li-ib-bi-su ga-am-ri-im. Le mot « cœur » est pris ici, au sens de siège de l'intelligence, des passions et des sentiments. C'est donc une prière intérieure, intelligente et fervente. C'est là un détail intéressant pour l'histoire de la prière antique.

En tête de cet ordre, EE a désigné les divinités qu'il voulait que l'on prie en sa faveur. De même que le grand roi a proposé à ses sujets une formule de louanges suggestive mais concise, ainsi a-t-il exigé d'eux une prière fervente mais brève. C'est pourquoi tous les obligés de H devront se contenter de prier Marduk, son dieu national II 9, XXIVr 90, XXVr 26... et Sarpanit, son épouse ou sa déesse parèdre. Le nom akkadien de cette déesse signifie « l'argentée », c'est-à-dire « celle qui brille comme l'argent sarpum ». Le peuple assyrien crut que l'étymologie de Sarpanit était zer-banilu « celle qui crée la semence » d'où « celle qui crée la postérité » Les autres noms de cette déesse sont Scheru^a, Eru^a a la déesse du matin ». Le présent passage 41-58 est le seul endroit du code, où il soit question de cette divinité. Mais nous savons que H. érigea un trône à Sarpanit et que ce fait servit à désigner la 12« année de son règne. Cf. Dhorme, R A B, p. 100 et Meissner, B. u. A., II, p. 16, surtout Les Chérubins, Rev. Bib., (1926), pp. 330-334.

48-58. H désire que l'on demande pour lui, que ses pensées, c'est-à-dire ses intentions et ses projets, de chaque jour, soient agréées de Marduk et de Sarpanit i-gi-ir-ri-e um-mi-sa-am. On conçoit l'importance de cette prière. Demander à ses dieux protecteurs d'agréer ses projets, c'est du même coup assurer leur réussite. Dhorme, dans Rev. Bib., (1926) , p. 335 substitue la traduction « signes » à celle de pensées pour igirre, sans préciser le sens qu'il attribue au mot « signes ». Veut-il parler des images de H ou de ses sacrifices ? Les intercesseurs, que H recommande à l'orant de prendre, sont le sedu et le lamassu.

C'est le seul endroit du C. H. où il soit question du sedu. Au contraire il a déjà été question de lamassu IV 56 et XXIVr 53 et ce nom reparaîtra encore XXVI Ir 96-97. Ce terme désigne le dieu Assur dans IV 56, et lâtar dans XXVIIr 96-97. Nous avons dit que lamassu signifiait le génie protecteur de H et ceux de ses sujets dans XXIVr 53-56. Ici on doit attribuer à sedu et à lamassu, un sens analogue, avec la particularité que ces génies divins sont considérés comme des orants et des intercesseurs. Le sedu et le lamassu sont de nature divine. Le mot sumérien an répété équivaut au pluriel akkadien ilé « dieux ». De plus ces êtres divins sont placés à l'entrée et dans l'enceinte de l'E Sagil.

Au-dessous des dieux, la religion babylonienne plaçait des génies. Ceux-ci avaient un caractère bon ou

Page 1