c'est seulement pour le sot qu'ils sont vains
105-XXVIr 1. pour le sage, ils ont été produits pour la renommée.
il suffit de se rappeler que toute la valeur des actes dépend de leur conformité au droit. Or, en se déclarant le « roi du droit », H émet la prétention d'être le droit personnifié et il signifie du même coup que toutes ses actions sont nécessairement conformes au droit. Ce titre est probablement celui par lequel H fait ressortir le mieux sa transcendance et l'immensité de son orgueil.
97-98. Toutefois H reconnaît ici que c'est par la grâce de Samas qu'il est « le roi du droit », parce que ce dieu lui a « fait présent des lois ». Samas est en effet le dieu de la justice puisqu'il est « le grand juge des cieux et de la terre » XXIVr 84-88. Il peut donc « faire présent des lois » à H. Au prologue, ce roi s'est donné comme « écoutant le puissant Samas » II 23. Ces deux textes sont illustrés par les attitudes respectives de Samas et de H sur le relief de la stèle. Si le monarque fait le geste de l'adoration devant le dieu, cela ne l'empêche pas d'être en même temps son auditeur. Suivant la remarque faite XXVr 89-91, le roi, en se déclarant redevable à Samas de sa science juridique, ne dit pas toutefois qu'il a écrit son code sous sa dictée. Tout en s'avouant le disciple de Samas, H revendique pour lui-même la paternité absolue de son œuvre juridique XXIVr 59-78 ; I 32-39 ; V 14-25, etc..
De toutes les divinités du panthéon akkadien, Samas est celle dont le nom revient le plus souvent sur la stèle, surtout lorsqu'il y est question du code. Si, dans II 35, Samas est nommé au sujet des réparations faites par H. à son temple, dans toutes les autres citations, ce dieu intervient à propos du code. Contentonsnous de signaler ici que, si Samas figure parmi les douze divinités adjurées de châtier les contempteurs du code XXVII r 14-40, non seulement l'adjuration qui lui est adressée est plus grave et plus longue que les autres, mais il est le seul dieu que H. prie de bénir ses successeurs qui honoreront son œuvre juridique et ses reliefs.
99. Répétition, avec les mêmes termes, de ce qui est dit XXIVr 81. H n'aurait pas parlé ainsi, s'il ne s'était considéré comme l'auteur personnel de son code et s'il n'avait pas tenu essentiellement à passer pour tel dans; l'opinion de la postérité.
100-102. H proclame la transcendance de ses actes. Mais il s'était décerné implicitement cet éloge en déclarant la transcendance de sa capacité, c'est-à-dire de son intelligence li-û-li sa-ni-nam û-ul i-su XXIVr 82-83.
Le présent contexte et le contexte XXIVr 81-83, montrent que H a voulu parler surtout de ses œuvres juridiques, sans exclure les bienfaits d'ordre matériel, les fondations et les œuvres pies signalés I 50-V 13.
103-104. A cause de la coupure malencontreuse du mot ha-zi-im par la raie, ce texte a longtemps embarrassé les exégètes du C. H. Mais Dossin, dans la Rev. d'Assyr., XXXI, pp. 92-96 (1934) a donné la transcription et la traduction que nous avons adoptées et qui semblent satisfaisantes. Tout d'abord on doit unir le dernier signe de 1. 103 aux deux premiers de 1. 104. On obtient ainsi le mot ha-zi-im pour hassu « intelligent ». Le signe /a qui précède est l'adverbe de la négation, si bien que la ha-zi-im signifie « l'inintelligent, le sot ». Cet adjectif négatif est précédé de la préposition a-na « pour ». Quant à e-la, c'est la particule d'exclusion « à l'exception, si ce n'est, sauf ». Ri-ga, le dernier mot de 1. 104, équivaut à l'adjectif requ « vide », au sens métaphorique, « nul, insignifiant, vain ».
Au moyen de cette combinaison de signes, on obtient la phrase : « C'est seulement pour le sot qu'ils (mes actes) sont vains. » Cette assertion est en parallélisme antithétique avec l'affirmation 105-XXVIr 1 ; cette construction termine l'éloge final de la II« partie de l'épilogue.
105-XXVIr l. A-na im-ki-im signifie « pour le sage », de emqu « sage», à l'opposé de a-na la ha-zi-im. Ta-na-da-tim équivaut au nom lanallum « renommée » de n'd. Su-sa-a est le permansif de la forme causative de ws"^ « faire sortir, produire ». La traduction littérale donne : « pour le sage ils (mes actes) ont été produits pour la renommée », c'est-à-dire, comme le propose Dossin, « pour le sage elles sont autant de titres de gloire », p. 96.
L'embarras des traducteurs provient de la sépai'ation malencontreuse des 11. 103 et 104. Dossin cite des cas analogues ; « il est plutôt étonnant dit-il, que les méprises du graveur de la stèle li'aient pas été plus