‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 195 sur 250 · qu'il renverse sa royauté · texte numérisé non relu

qu'il renverse sa royauté

qu'il ne juge pas (ne ratifie pas) son jugement ! 21-22 qu'il égare son chemin ! 23

qu'il ébranle le fondement de son armée ! 24-25 qu'il lui place dans ses présages, l'oracle funeste de l'arrachement du fondement de sa royauté et de la perte de son pays ! 26-30

en a huit 20-40, que l'on peut répartir en deux groupes : cinq sont relatives à la ruine de la royauté de l'adversaire de H 20-30 et trois se rapportent à sa mort et aux tourments de son âme dans l'enfer, 31-40. Samas est prié d'utiliser son pouvoir de grand juge dans les adjurations 21-22 et 23 et sa puissance sur les oracles dans 26-30 et 31-33.

14-19. Trois prérogatives sont attribuées à Samas dans cette adjuration.

14-16. La prérogative de « grand juge des cieux et de la terre » a été déjà attribuée à Samas XXIVr 84-84. Mais les mots cieux et terre sont rendus dans ce dernier passage par les termes sumériens AN et Kl XXIVr 84-88 tandis qu'ici on a écrit syllabiquement les noms akkadiens ëa-ma-e, ir-si-lim.

17-18. La seconde prérogative est une conséquence de la première. Si Samas est le grand juge des cieux et de la terre, il ne peut faire autrement que de diriger les hommes conformément au droit. Cette prérogative n'avait pas encore été attribuée explicitement à Samas. Mais H paraît y faire allusion en demandant à Samas de faire resplendir son droit dans le pays XXIVr 84-88 et en disant que ce dieu lui a fait présent des lois XXVr 97-98. H n'attribue à Samas qu'avec parcimonie la prérogative de diriger les gens suivant le droit, sans doute parce qu'il se la réserve à lui-même. En effet il déclare avoir reçu d'Anu et d'Enlil la vocation de faire luire le droit dans le pays I 27-49 et il affirme s'en être acquitté excellemment. V 20-22, XXIVr 1-8, 59-78 ; XXV, 3-19, 37-38, 75-94. Et quatre fois il s'attribue le titre de « roi du droit » XXIVr 77 ; XXVr 7, 96;XXVIrl3.

Au lieu de niée « les gens » ou de salmat qaqqadim « les têtes noires » I 41 ; XXIVr 11 ; XXVr 86, les hommes, sont désignés ici par ëa-ak-na-at na-pi-ië-tim, mot à mot « le placer de la vie », c'est-à-dire « ceux dans lesquels la vie a été placée », « les êtres vivants ».

19. Enfin H appelle Samas : belum îu-kûl-ti « seigneur de ma confiance », c'est-à-dire : qui possède ma confiance, dans lequel j'ai mis ma confiance. Tukultum dérive du verbe tkl qui est employé § 235, à propos d'un bateau dont la solidité n'inspire pas confiance. H a appelé Samas « son aide » ri-si-ëu II 36. Ces deux textes s'expliquent mutuellement. Si Samas aide H, on conçoit que ce roi mette en lui sa confiance. Le secours que Samas apportait à H. et la confiance que ce roi lui témoignait avaient pour cause la piété du monarque envers le dieu II 22-37.

20-30. Ce premier groupe d'adjurations concerne la ruine de la royauté du contempteur du code.

20. Cette première adjuration, a pour objet la demande principale adressée à Samas : le renversement de la royauté de l'adversaire. Dans les quatre autres adjurations de ce premier groupe 20-30, H demande au dieu de lui fournir les moyens propres à atteindre ce but.

21-22. D'après le sens des mots et la qualité de « grand juge des cieux et de la terre » attribuée à Samas, H lui demande de ne pas ratifier les jugements de son adversaire, et par conséquent de faire rendre à celui-ci des sentences erronnées. Sans doute les sujets, qui seraient les victimes de ces dénis de justice, devraient en souffrir plus que le roi. Mais la multiplication des injustices provoque le mécontentement du peuple, puis sa révolte. Empêcher un roi de rendre la justice était donc un sûr moyen de lui faire perdre sa royauté.

23. Le mot chemin ulirum doit être pris au sens figuré. H adjure Samas de faire commettre à son ennemi des erreurs en matière politique. Il s'agit vraisemblablement de politique extérieure plutôt qu'intérieure. Celle-ci est visée par les erreurs de jugements 21-22. Au contraire l'ébranlement des armées 24-25 et la perte du pays 26-30 se rattachent à la politique extérieure.

Puisque Samas était le grand juge et puisqu'il était capable de conduire suivant le droit les humains pour égarer ces derniers, il n'avait qu'à s'abstenir de se servir de ces prérogatives.

Udriim, c'est le seul endroit du code où ce mot est employé pour « chemin ». Dans §§ 26, 27, 33, 103, 1 12, 141 c'est harranum avec le sens de « voyage, campagne » qui est usité. Li-se da ^sj « confondre, égarer ».

24-25. Le signe DU a comme valeurs idéographiques : alaku « marcher » et kunnu « fonder ». 11 peut avoir ici le sens de « marche » ou celui de « fondement ». Scheil adopte le premier sens, et Ungnad le second. Le sens de la phrase est plausible, quelle que soit la signification choisie. Nous préférons traduire « fondement » qui s'accorde mieux avec le verbe li-ië-iïi-el-zi « qu'il ébranle » de halas, à la forme causative, ainsi qu'avec le même signe DU dans l'adjuration suivante 1. 29 ; enfin, dans les contrats, on traduit les trois signes E DU A par « fondement de maison bâtie ». Peut-être faut-il donner avec Ungnad à um-ma-ni-zu le sens de « son peuple ». Cependant le sens d'armée, convient à l'idée de guerre étrangère. Le fondement de l'armée ou du peuple, ce sont les chefs. En leur faisant perdre confiance, Samas ébranle les chefs et prépare leur défaite ou leur déroute.

26-30. H a demandé à Samas d'arracher son adversaire du fondement de sa royauté et de lui faire perdre son pays. Avec de légères variantes, il a sollicité la même chose d'Anu XXVlr 48-51, d'Enlil 59-80 et de Ninlil 91-97. Ici, par un raffinement de cruauté, H demande à Samas de se servir de son pouvoir^sur

31-40. a-wa-tum ma-ru-us-tum sa (ilu) UD (Samas) ar-hi-is li-ik-su-zu 31-33 e-li-is i-na ba-al-tu-tim li-iz-zu-uh-su 34-36

sa-âp-li-is i-na ir-si-tim GEKIM GEKIM (étemmu)-su me-e li-sa-asmi 37-40.

6^ En Zu (Sin) 41-63

Page 1