ilu) EN ZU (Sin) be-el sa-me-e
ilum ba-ni-i (42) '
sa se-ri-zu i-na i^li su-^pa-a-at (43, 44) '
les aruspices pour empoisonner l'existence de son adversaire par la prédiction de sa ruine, et lui faire savourer ainsi, par anticipation, l'amertume de ce malheur. . ,
Biru signifie « aruspice, présage », du verbe ftaru « voir, regarder », d'où vient aussi le nom bârû, « celui' qui voit, qui regarde », c'est-à-dire « le devin ». Le bârû avait à sa disposition plusieurs moyens pour découvrii^''. l'avenir, par exemple l'huile sur l'eau, le foie des victimes, les mouvements des animaux, le. cours dés astres, etc.. Cf. Dhorme, Bel. ass. bab., pp. 291-298. Au signe U Z U, Scheil et Ungnad donnent des valeurs idéographiques difîérentes, avec des sens analogues : piirussum « arrêt, décision » suivant Scheil, ëirum, « chair, c'est-à-dire « oracle par le moyen de chair des victimes «, selon Ungnad, li-ië-ku-un-Sum « qu'il lui place », H. fait appel au pouvoir de Samas d'agir sur les aruspices afin de faire présager ce qu'il voulait; L'oracle funeste dont il s'agit ici est l'arrachement de la royauté et la perte du pays. On parle du fondement de la royauté, parce que celle-ci est censée solidement établie. Cf. prologue I 21-25 où il est dit qu'Anu et Enlil donnèrent à Marduk une royauté éternelle. à Babylone dont les fondements léf-da-^a avaient la solidité» de ceux des cieux et de la terre. ...;
31-40. Ce second groupe d'adjurations a pour objet la personne elle-même de l'adversaire de H.
31-33. Ordinairement a-wa-tum, « parole, sentence », signifie peut-être ici « oracle » : il s'agit de Sama§' le dieu de la divination, et dans l'adjuration précédente, il a été question de présage. L'objet de l'adjuration serait alors la prompte réalisation du présage funeste signifié par Samas. '
34-3C. E-li-is « en haut » signifie la terre, par opposition à sa-ap-li-ië « en bas » qui désigne « l'enfer >>. La terre était le « lieu des vivants » ba-al-tu-tim par opposition au séjour d'en bas ou n'existaient que les étemmu dont la vie était très diminuée. Dans la Bible, il est plusieurs fois question de « la terre des vivants » ^érés hajjim qui désigne la vie présente par opposition au se°ôl, lieu où la vie était engourdie et somnolente, Isaïe XXXVIII 10-11, 18 (cant. d'Ezéçhias), LUI 9; Ps. XXVII 13; LU 7, CXVI 9. L'objet de cette adjuration est donc la mort brutale dé l'adversaire « qu'il l'arrache » li-iz-zu-uh-su de nsh. H a déjà adressé la même demande à Enlil et Ninlil (mort en un clin d'œil, écoulement de la vie comme les eaux) XXVI. 70-71, 93-94. : ^
37-40. H veut exercer sa vengeance sur ses ennemis jusqu'au delà de la mort. '
I-na ir-si-tim « dans la terre » précise le sens de « en bas ». Pour les Babyloniens, la terre comprenait trois parties : la partie supérieure ou surface de la terre, où habitaient les êtres vivants, c'était le royaume d'Enlil (Bel) — l'océan qui était le royaume d'Enki (Ea) et une terre placée sous les eaux où se trouvaient les morts ou etemmu et qui était le domaine de Nergal. H désigne ce lieu par les expressions « en bas, dans la terre ». De fait, par rapport à la surface de la terre, le séjour des morts se trouvait en bas. Cette conception du monde se retrouve dans Job XXXVIII 1-6; 17, où le séjour des morts est supposé situé au-dessous de l'océan ; après avoir demandé à Job s'il a vu les sources de l'abîme. Dieu l'interroge au sujet des portes de la Mort et de l'Ombre, c'est-à-dire de la résidence des défunts. Le séjour des morts était dénommé, en sumérien Kigallu ou kurnugia et en akkadien irsit là tari « la terre d'où l'on ne revient pas » ou bien aralltt « maison de l'obscurité, de la poussière ». Il y a les plus grandes ressemblances, entre les conceptions sur la condition des morts des Suméro-Akkadiens et des Hébreux. Pour se rappeler ces dernières, il suffira de relire : Isaïe XXXVIII 9-20 (Cantique d'Ezéçhias), Psaumes XXX, LXXXVIII, CXV 17 ; Job IIP 13-19. C'est au sujet de la condition des morts, dit Meissner, que la divergence m'apparaît la plus grande entré les Egyptiens et les Suméro-Akl<;adiens — Hébreux. Sans parler de la momification, les Égyptiens se figuraient somme toute que la vie d'outre-tombe était heureuse : ils pensaient que les morts pouvaient jouir de toutes les choses déposées auprès de leur tombeau et exécuter tous les actes représentés sur les fresques de leur chambre sépulcrale (pyramides, tombeaux des rois à Karnak, tombeau de Ti à Sakkarah). Les Suméro-Akkadiens, ainsi que les Hébreux, croyaient que les défunts avaient une existence triste. Ils étaient privés de lumière^ ne se nourrissaient que de poussière, se trouvaient dans un état de torpeur et de somnolence, étaient privés de tout rapport avec Dieu et avec les hommes. Cf. Meissner, B. u. A., II, pp. 109, 110, 144, 145 ; I, pp. 423-424. GE KIM est l'équivalent sumérien du terme akkadien étemmu ou etimmu ou ekimmu. Ces mots désignaient, l'âme du mort ou l'esprit du mort. C'était la partie de l'homme qui, après la mort descendait en enfer pour y mener une triste existence. Tandis que lesSuméro-Akkadiens avaient un nom spécial pour désigner l'âme du mort, les Hébreux n'en possédaient pas et se contentaient de distinguer l'âme vivante népheê haiia et l'âme morte népheë mélh. La répétition de GE KIM exprime sans doute le pluriel comme pour ilu « dieu )) XXV Ir 101 et naru « lleuve » XXVI L 7, à moins qu'elle ne manifeste le respect pour l'âme du mort.
Dans l'intérêt du mort, comme pour le bien public, on enterrait les cadavres. Les Suméro-Akkadiens pensaient en effet que les étimmu dont les corps n'avaient pas été enterrés, erraient sur la terre et causaient des malheurs aux vivants.
Les etimmu avaient la forme d'oiseaux « ils étaient vêtus d'un vêtement d'ailes », Descente d'Iëlar aux enfers recto l. 10. Non seulement ils ne pouvaient revenir sur terre et ils étaient plongés dans les ténèbres