‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 197 sur 250 · En zu (Sin) seigneur des deux · texte numérisé non relu

En zu (Sin) seigneur des deux

dieu mon créateur, 42 .

dont le croissant rayonne parmi les dieux 43, 44,

mais leur nourriture était la poussière et la boue Descente (Vlëlar, l. 1-10. La suprême récompense pour un homme pieux, c'était que, sur terre, sa mémoire fût en bénédiction et que, dans le nionde souterrain, son etimmu boive de l'eau claire. Eabani révèle à Gilgamès qu'un homme, qui a pratiqué la vertu durant sa vie, était couché sur un lit et buvait de l'eau pure toô. XIÏ; col. VI, 1.4. A Gilgamès, qui lui demande quel est le sort de celui « dont l'etimmu n'a personne qui s'en occupe », Eabani répond : « les rogatons du pot, les restes de la nourriture qui gisent dans les rues, il les mange ». Tab. XII, col. VI, II. 9, 10. « L'héritier était obligé, aux fêtes des morts, de donner de l'eau à Vetimmu (un verre avait été enterré avec le cadavre à cet effet) et de lui apporter le sacrifice du mort kispu. Cette chose était si nécessaire que les hommes voulaient avoir des enfants rien que pour cela et que ceux qui n'en avaient pas eux-mêmes en adoptaient. La perte d'un dispensateur d'eau naq mê entraînait inévitablemerit l'absence de repos pour l'esprit du mort » Meissrier, É. u. A., I, p. 428, II, pp. 147. D'ailleurs les vivants avaient eux alissi grand intérêt à satisfaire les eh'mmu en leur procurant l'eau et le kispu, car les ciimmM non satisfaits devenaient dangereux, ils affligeaient leS' hommes de maladies et de possessions, ibid., II, p. 200. Voir Dh6Tme,''^Lti Religion assyro-babyldriiènné, pp. 33-42 et le Séjour des morts chez les Babyloniens et les Hébreux, Rev. Biti. (1907) , pp. 59-78. Sur les questions du jugement des morts, du sort des malfaiteurs, du retour des etimmu, des tourments infligés par eux aux vivants, des résurrections de certains morts. Cf. Meissner, jB. u. A., II, pp. 146-149. Les fouilles faites à Ur en 1918-19, ont permis de découvrir, dans des tombeaux royaux, les squelettes d'oUîcièrs et: de danïës d'honneur qui probablement ont été immolés, à" la mort de leur souverain ou de leur souveraine, afin de' les suivre dans l'au-delà. Or les mains de tous ces squelettes sont dirigées vers le visage et font le geste de boire à une coupe. De fait des coupes ont été trouvées à profusion dans ces tombés. La reine Schub-ab avait elle aussi une coupe d'or à la main. « Les mains sont dirigées vers le visage et tenaient serrée à la bouche uiie coupe qui autrefois devait avoir contenu de l'eau. » WooUey, Ur und Sintflut, pp. 25, 30, 38'. Voir surtout là pi. XI qui représente l'attitude des squelettes. Au sujet des conceptions sur l'âme des Assyriens-Babyloniens des Égyptiens et des Hébreux. Yoïv Dictionnaire de Sociologie, col. 527-532, 545-560.

Ces explications mettent en lumière la portée de l'adjuration de H qui demande à Samas d'altérer d'eau Tétemmu du roi qui aura porté atteinte à son code. Li-sa-as-mi forme causative de sm' « altérer ».

6° En Zu (Sin) 41-63

En Zu (Sin) est mentionné au prologue II 14-21, où H se déclare la créature de ce dieu ; il assure avoir enrichi sa ville d'Ur ; et il dit que, par esprit religieux, il a apporté l'abondance dans son temple, l'E Kisâirgal. Nous complétons ici les renseignements déjà donnés sur ce dieu.

Outre son nom sumérien d'En Zu, Sin portait encore celui de Nannar. Les diverses phases de la lune donnaient lieu d'attribuer à Sin des dénominations et des propriétés de toute sorte. La nouvelle lune était appelée « celle dont le lever est brillant ». Le quartier était nommé « les grosses cornes » ou on le considérait comme la barque dont Sin se servait pour naviguer sur l'Océan céleste. A la pleine lune, Sin est « le Seigneur de la pleine lumière » et il ceint une couronne de cornes. Telle nous apparaît bien la tiare du dieu Sin sur le bas-rehef d'Ur Nammu (3e dyn. d'Ur : 2294-2277), cf. Woolley, Ur und Sintflut, tab. 30, p. 81. Au temps où la lune est invisible, les Babyloniens pensaient que Sin était descendu en enfer. Les éclipses lunaires, étaient considérées comme le résultat d'un combat entre Sin et les mauvais démons.

En tant que dieu lunaire, Sin était regardé, comme le Seigneur du mois qui réglait les jours, les mois et les années. A ce titre encore on lui prêtait un pouvoir sur la végétation et l'engraissement des animaux. Meissner, B. u. A., II, pp. 18, 19.

Pour Sin, comme pour les autres dieux, H énumère ses prérogatives 41-44, avant de lui adresser les adjurations 45-63.

Ces prérogatives sont au nombre de trois.

41. La prérogative de « Seigneur des Cieux » est attribuée à Sin et non à Samas, parce que les Orientaux préféraient l'astre de Sin à celui de Samas. C'est là probablement une réminiscence de la période pastorale et nomade, où la lune éclairait les caravanes nocturnes et réglait le cours des mois et des années, tandis que le soleil, indispensable aux agriculteurs sédentaires, desséchait la terre et brûlait l'herbe des pâturages. Dans les diverses langues sémitiques, la lune est au masculin et le soleil au féminin ; la divinité solaire arabe pré-islamique Sams est féminine, tandis que la lune est un dieu. Les Babyloniens faisaient de Sin le père de Samas et lui donnaient la préséance sur lui. Bien plus ils mettaient Sin à la tête du groupe des quatre divinités : Sin, Samas, Adad, Istar.

42. Cette seconde prérogative au fond est une répétition de celle que H a déjà attribuée à ce dieu au prologue quand il s'est appelé lui-même « semence de royauté que Enzu a créé » II 13-15. De ces textes, il faut conclure que, dans ces temps reculés, on attribuait le pouvoir créateur à Sin comme à Ea . Cf. Dhorme, R A B, p. 80.

43-44. Scheil et Ungnad voient dans ëe-ri un équivalent de zerlu. Mais ils ne s'accordent pas sur la

45-46. MIR (agam) GiS GU ZA (kussam) sa sar-ru-tim li-te-ir-§u 47-51. ar-nam kab-tam se-ri-zu ra-bi-tam sa i-na zu-um-ri-su la i-hal-li-qu

li-mu-zu-ma 52-56. ùm-mi wahri §a-na-a-at BAL (pale)-su i-na ta-ne-hi-im ù di-im-

ma-tim li-sa-aq-ti 57-58. kam-ma-al sar-ru-tim li-§a-ad-di-il-su 59-63. ba-la-tam sa it-ti mu-tim si-ta-an-nu a-na si-im-tim li-si-im-sum.

7° IM (Bamman, Hadad) 64-80

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