‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 206 sur 250 · mur-sa-am kab-tam · texte numérisé non relu

mur-sa-am kab-tam

ID PA (asakkam) li-im-nam (56)

zi-im-ma-am mar-sa-am (57)

sa la i-pa-as-se-hu A ZU (asum) ki-ri-ib-su la i-lam-ma-du i-na zi-im-di la û-na-ah-hu-su 58-62

ki-ma ni-si-iq mu-tim la in-na-za-hu (63)

i-na bi-ni-a-ti-su li-sa-si-a-as-sum-ma (64-65) 66-67. a-di na-pi-is-ta-su i-bi-el-lu-ù 68-69. a-na id-lu-ti-su li-id-dam-ma-am

XXVI r 53-56. Et H termine Fépilcgue en ccnflant à Enlil le soin de ratifier toutes les malédictions, qu'il vient d'adjurer les'« grands dieux des deux et de la terre » d'émettre contre les violateurs du code, en les réitérant lui-même de sa bouche dont les arrêts sont toujours exécutés. Et finalement c'est Enlil que H charge d'assurer la prompte exécution de toutes les calamités contenues dans les adjurations. Normalement Enlil a seul le droit de parler dans l'E Kur, puisque c'est son temple. A titre d'épouse d'Enlil, Ninlil peut aussi y faire entendre sa voix, mais surtout dans le but de persuader son mari et de l'amener à prononcer les arrêts qu'elle désire. Voir XXVIr 81-97 et 59-80. Enfin l'E Kur est un temple si grand que H se glorifie d'en être « le sacristain fameux » I 60-62.

D'où vient donc que Ninkarrak, qui n'est ni la fille ni l'épouse d'Enlil, ait eu la puissance, sinon de prononcer elle-même des arrêts dans l'E Kur, tout au moins, à l'instar de Ninhl, d'en faire émettre dans ce temple par Enlil ?

Nous pensons que Ninkarrak tenait cette puissance de sa qualité de fille d'Anu. En effet, au début du prologue, Anu est associé à Enlil pour fixer les glorieuses destinées de Marduk et de Hammourabi I 1-27, 28-49. Puisque le père de Ninkarrak avait quelque crédit sur Enlil et intervenait à ses côtés pour fixer les destinées des dieux et des hommes, il n'est point étonnant que Ninkarrak ait eu quelque autorité pour prononcer elle-même ou pour faire émettre par Enlil des oracles sur les destinées dans l'E Kur.

55-69. Au lieu de la bonne santé dont elle l'avait gratifié lui-même, le roi de Babylone prie la déesse d'affliger son ennemi d'une maladie douloureuse et mortelle.

H adresse à Ninkarrak trois adjurations. Dans la première et la plus longue, il demande à cette déesse de causer à son ennemi une maladie grave, douloureuse et incurable 55-65. Dans la seconde, il spécifie qu'il sollicite une maladie mortelle 66-67. Dans la troisième, il exprime son désir que son ennemi ait conscience de son malheur et en gémisse au séjour des ombres 68-69.

55-65. La phrase, par laquelle la première adjuration est exprimée, débute par trois compléments directs à peu près synonymes 55, 56, 57 ; ensuite viennent deux propositions relatives 58-62 et 63 ; enfin, le verbe de la proposition principale avec un complément indirect et un complément circonstanciel 64-65. Nous mettons cette partie de la phrase en tête de notre traduction et nous la commentons en premier lieu.

64-65. Li-sa-si-a-as-sum, forme causative du verbe «js», « sortir ». La traduction obvie est « qu'elle lui fasse sortir », c'est-à-dire « qu'elle lui fasse naître, surgir... »

Bi-ni-a-ti-ëu se retrouve dans l'adjuration à Nergal XXVIIL 37, où nous traduisons « ses membres », à cause du contexte « qu'il brise ». Mais ici le contexte réclame la traduction « corps ». Le C. H. parle des membres proprement dits, c'est-à-dire des bras et des jambes, à propos des coups et du médecin §§ 197, 198, 221, où le mot « membre » est rendu par esemium « os ».

55. Le nom mursum signifie « douleur, souffrance ». L'adjectif marsum « douloureux », 1. 57 se retrouve au § 221.

56. Ungnad donne aux idéogrammes ID PA la valeur du nom sumérien asakkum qui signifierait « maladie ».

D'autre part asakkum est le nom de l'un des sept démons, appelés les 7 uiukke, dont la fonction était de causer des maladies ou des malheurs aux hommes. « Le mauvais Asakku causait à sa victime une maladie de consomption qui le prenait surtout à la tête. » Meissner, B. u. A., II, p. 200. Pour guérir de ces maladies qui étaient attribuées à des démons, on recourait à la miagie et notamment aux conjurations. Nous n'avons pas à nous étonner de ce que le nom d'un démon ait été donné à une maladie. Car, en Mésopotamie, même les médecins de profession ont toujours cru que les maladies étaient causées par les démons. Aussi était-il naturel qu'ils donnassent aux maladies les noms des démons, auxquels ils en imputaient l'origine. Nous constatons que les médecins sumériens-akkadiens recouraient, pour guérir leurs malades, à la fois aux médicaments et aux conjurations. Sur le démon Asakku, les maladies qu'il causait et les conjurations employées pour le chasser. Cf. Meissner, B. u. A., II, pp. 51, 200, 209, 212, 215, 218, 221, 225 et 294.

57. Le nom simmum se retrouve dans § 206 (rixe), §§ 215, 218, 219 (médecin avec le poinçon de bronze) § 221 (fracture d'os ou nerf douloureux) §§ 224, 225 (faite à un animal par vétérinaire). Dans tous ces textes, simmum signifie plaie ou blessure. Ici, comme il s'agit d'une maladie, le sens de plaie convient mieux.

Il y a gradation ascendante dans le triple mal que H adjure Ninkarrak d'envoyer à son ennemi : d'abord une « souffrance grave » dent l'origine n'est pas déterminée ; ensuite « une mauvaise maladie », qui précise

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