ÉPILOGUE
55-65. qu'elle lui fasse sortir (naître) dans son corps (64-65) une souffrance grave (55) une maladie mauvaise (56) une plaie douloureuse (57)
que le médecin ne guérisse pas, dont il n'apprenne pas l'intérieur
(ne diagnostique pas la nature), qu'il ne soulage pas par un
pansement. (58-62)
qui ne soit pas arrachée, comme une morsure de mort (comme une
proie mordue par la mort ne lui est pas arrachée) (63)
66-67. et qu'elle (Ninkarrak) éteigne jusqu'à son âme (principe de la vie
terrestre) !
68-69. qu'il (l'adversaire) gémisse au sujet de sa vigueur (vie terrestre perdue) !
le caractère grave et durable de la souffrance ; et enfin « une plaie douloureuse » qui fait apparaître le caractère incurable de la maladie et rend la souffrance plus sensible. Notons que les lésions internes étaient inconnues à ces époques reculées.
58.-62. La première proposition spécifie le caractère incurable de la souffrance, de la maladie et de la plaie que Ninkarrak est priée d'envoyer à son ennemi.
A ce sujet, H parle du médecin A ZU « celui qui connaît l'eau ». Comme le médecin est le plus qualifié pour guérir la maladie, celle-ci est incurable, si elle résiste aux efforts du médecin.
Il est question du médecin dans §§ 215-225, qui traitent des opérations faites avec le couteau de bronze §§ 215-220 et des fractures d'os ou des nerfs douloureux §§ 221-223. Le mal, que EE adjure Ninkarrak d'envoyer à son ennemi, se rapproche de ce dernier genre de souffrances, et notamment des « nerfs douloureux ». Quoique le nom se-ir-h,a-nam que nous traduisons par « nerf, tendon » soit absent de rénumération 55-57, il est qualifié par l'épithète mar-sa-am « douloureux ». De plus le malade est appelé be-el si-im-mi-im « le maître de la plaie » § 221, XlXr 6. Ainsi dans § 221 nous retrouvons les deux termes de 1. 57 que nous avons traduits par « une plaie douloureuse ».
H fait au sujet du médecin, trois demandes : D'abord qu'il ne guérisse pas la maladie, ou même ne la soulage pas la i-pa-as-se-hiu (psh). H veut mettre ainsi obstacle à toute guérison empirique et fortuite. Mais, comme la condition normalement indispensable pour une amélioration et une guérison est un bon diagnostic , 9 demande à la déesse que le médecin soit impuissant à le formuler : « qu'il n'apprenne pas sa nature ». Les Akkadiens, comme les Hébreux du reste, ne possédant pas le mot abstrait « nature » l'ont remplacé par le nom concret qirbu « intérieur, milieu ». Le verbe i-lam-ma-du, « apprendre » qui évoque l'idée « d'observation », est bien approprié pour exprimer le diagnostic. Si le médecin est incapable de faire un diagnostic exact, il ne guérira pas la maladie ; mais il peut du moins la soulager par un pansement i-na zi-im-di. Aussi H, demande à Ninkarrak de ne pas le permettre. Le verbe akkadien nwh correspond à l'hébreu nuah « soulager, reposer ».
H suppose que le médecin, pour guérir les maladies, a recours surtout aux moyens que lui fournit sa profession, sans parler de magie ou de conjurations. Il en est de même dans la partie du code traitant du médecin. §§ 215-225. Cependant les précisions données ici et dans §§ 221-223 sur les moyens thérapeutiques ne sont pas suflîsantes, pour que nous puissions affirmer l'exclusion de la magie.
63. Dans la seconde proposition relative, H. emploie une comparaison expressive et énergique, pour exprimer à la déesse son désir de voir infliger une plaie incurable et douloureuse à son adversaire. Il la compare à « une morsure » ni-èi-iq. L'auteur d'une morsure est un animal féroce, un lion par exemple. Mais, comme la bête féroce peut lâcher prise, TS. lui substitue la mort, à laquelle personne ne peut arracher ses victimes. La formule « comme une morsure de mort » est elliptique, et signifie en langage clair : « de même que l'on ne peut arracher à la mort ceux qu'elle a mordus, qui sont devenus sa proie ».
Le verbe nsh « arracher » suppose des efforts violents au physique ou au moral. Il est employé dans §§ 168 et 169 pour arracher à la filiation ; pour deshériter un fils adoptif § 191 ; arracher un œil § 193, etc..
66-67. Dans le texte babylonien, cette proposition principale est unie à la précédente par le copulatif ma 1. 65. Ces deux propositions ont donc le même sujet, Ninkarrak. C'est pourquoi le rédacteur n'a pas jugé à propos de répéter la particule optative lu, devant le verbe. De plus cette nouvelle adjuration est la conséquence de la précédente : une maladie douloureuse, grave et incurable mène à la mort. I-bi-el-lu-û. « qu'elle éteigne » de blj. Ce verbe est employé § 9 : éteindre un incendie, et dans l'autopanégyrique à propos de IJ qui « a éteint le§ combats », XXIVr 32.
« Jusqu'à son âme, sa vie » Napistu « âme » est considérée comme le principe vital. Tout en faisant cette demande, HE savait bien qu'au principe de la vie sur terre napislu succéderait le principe de la vie sous terre etimmu XXVI Ir 37-40. Sur la vie des morts H pas plus que Ninkarrak n'avait aucun pouvoir. D'ailleurs étant donné les tristes conditions de la vie des morts, c'était infliger un grand malheur à quelqu'un que de lui enlever la vie terrestre et de le condamner à vivre dans le royaume de Nergal.
68-69. C'est pourquoi, dans la dernière adjuration, H demande à Ninkarrak que son ennemi, dans le monde infernal, gémisse d'avoir perdu la vie terrestre par l'extinction de son napislu ou principe de cette vie.
Id-lu-ii peut signifier « majesté » ou « humanité, force d'homme ». Avec Ungnad nous adoptons ce
13° Les grands dieux des cieux et de la terre, tous les Anunnaki
le èedu de VE Bahhar 70-83