‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 208 sur 250 · ir-ri-tam ma-ru-us-tam li-ru-ru · texte numérisé non relu

ir-ri-tam ma-ru-us-tam li-ru-ru

dernier sens à cause du contexte. L'homme mort, dont le principe vital n'est qu'un étimmu, n'a plus la vigueur humaine. Comme dans l'adjuration à Samas XXVIIr 37-40, H. poursuit son ennemi jusqu'après la mort. Il veut qu'il passe son temps, dans l'autre monde, à gémir li-id-dam-ma-am sur la perte de sa vie terrestre.

Conclusion 70-91

Après avoir adjuré douze grandes divinités d'accabler le violateur de son code, H, pour conclure, adjure la totalité des dieux de maudire d'une façon particulièrement funeste son ennemi : lui-même, ses descendants et tous ses sujets 70-83, et il adjure Enlil, le maître du destin, de ratifier et d'exécuter promptement toutes ces malédictions 84-91.

Quoique les deux passages 70-83 et 84-91 forment la conclusion des adjurations, comme ils sont eux-mêmes constitués par celles-ci, on peut leur assigner des numéros d'ordre correspondant à la série complète des adjurations.

13° Les grands dieux des cieux et de la lerre, tous les Anunnaki, le ëedu de VE Babbar 70-83

Le rédacteur énumère d'abord la triple série des divinités adjurées 70-72, 73-74 et 75-76 ; puis il désigne les victimes 77-81 et finalement il manifeste l'objet de cette adjuration collective, 82-83. Par souci de clarté, nous plaçons le verbe 82-83 avant les compléments directs 77-81, dans notre traduction et dans notre commentaire.

70-72. « Les grands dieux des cieux et de la terre » sont les douze divinités qui précèdent. H a confessé leur grandeur par les prérogatives qu'il a évoquées avant de les adjurer. La formule 70-72 équivaut à une récapitulation.

Ici encore le pluriel est marqué par la répétition du signe : gai (sum.), rabu (akk) « grand ». Cf. XXVIr 46, XXVIIr 7, 39, 52; XXVIIIr 3, 93.

73-74. H considère ici les Anunnaki comme des dieux : il fait précéder leur nom du déterminatif de la divinité et il les adjure au même titre que les dieux précédents ; il les distingue toutefois « des grands dieux des cieux et de la terre » 70-71, puisqu'il les nomme après eux ; enfin il les considère comme très nombreux, comme le prouve la formule « dans leur totalité », qui manifeste sa préoccupation de n'en oublier aucun.

Il n'y a pas de doute qu'au prologue I 2 H ait également considéré les Anunaki comme des dieux. Leur nom est précédé du déterminatif de la divinité. On admet que H identifie, dans le prologue, Anunnaki et Igigi ; or le texte I 14-15 prouve que H tenait les Igigi pour des dieux, malgré l'absence du déterminatif de la divinité devant leur nom ; en effet la grandeur de Marduk ne vaut que par sa supériorité sur celle des autres dieux ; ensuite la royauté d'Anu sur les Anunnaki explique comment ce dieu avait pu rendre grand Marduk parmi les Igigi. Enfin les prérogatives attribuées à Anu au prologue I 2 sont synonymes de celles qui lui sont reconnues XXVIr 46. Or, Anu est « roi des Anunnaki » I 12 et « père des dieux » XXVIr 46. Or cette synonymie porte sur chacun des deux termes « roi » et « père », ainsi que « Anunnaki » et « dieux ».

Mais nous pensons que les dieux désignés par le terme Anunnaki sont différents au prologue et dans l'adjuration XXVIIIr 73-74. De ce dernier texte il faut exclure les douze divinités adjurées individuellement et rappelées par l'appellation précédente « les grands dieux des cieux et de la terre » 70-72. Au prologue I 2, comme dans l'adjuration à Anu, il n'y a aucune raison de faire cette exclusion. A ces deux endroits les douze divinités adjurées spécialement doivent être comprises sous les vocables « Anunnaki » et « dieux » aussi bien que toutes les autres divinités.

Dhorme remarque qu'au temps de H la distinction entre les grands dieux, les Anunnaki et les Igigi était établie, puisque l'on distingue les uns et les autres I 2, I 14, XXVIIIr 70-72, 73-74, mais que cependant les Anunnaki représentent tous les dieux dans les deux endroits où ils sont mentionnés. « Même, à l'époque où la distinction est établie, c'est-à-dire sous Hammourabi, on emploiera encore Anunnaki comme exprimant l'ensemble des dieux. » R A B., p. 109.

Après avoir énuméré les divers dieux du panthéon babylonien-assyrien, Meissner dit : « Tous les dieux précédemment énumérés sont compris sous ,1a désignation des « Igigi » et des « Anunnaki » ou « Enukki » et, à la vérité, les Igigi désignent « les dieux du ciel » et les Anunnaki « les dieux de la terre », de l'eau et du monde souterrain. C'est pourquoi Anu, le dieu du ciel (que remplacèrent plus tard Marduk et Assur) est le roi des Igigi, et Enlil au contraire est le seigneur des Anunnaki...

« Le nombre des dieux est indiqué d'une façon remarquablement différente. Tandis que dans quelques endroits on ne mentionne que 8 Igigi et 9 Anunnaki, on compte 50 Anunnaki dans un ancien hymne sumérien. Ailleurs apparaissent 300 Anunnaki du ciel (c'est-à-dire Igigi) et 600 Anunnaki de la terre. Bien plus dans le Poème de la création du monde l'existence de 3.600 dieux semble devoir être admise. Et ce nombre es

Page 1