‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 209 sur 250 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

13° Les grands dieux des cieux et de la terre, tous les Anunnaki

le Sedu de VE Babbar 70-83

70-72. Les grands dieux des cieux et de la terre, 73-74. Les Anunnaki dans leur totalité, 75-76. Le Sedu du mur de briques de l'E Babbar, 82-83. qu'ils maudissent d'une malédiction funeste

peut-être insuffisant, si on doit y comprendre tous les dieux inférieurs indiqués dans la liste. Parmi ces divinités 60 sont considérées comme « grands dieux » : c'est pourquoi Anu a aussi 60 comme nombre. » B. u. A., II, p. 41. « Dans les enfers, la princesse Allatu, appelée aussi Ereskigal, entourée de 600 Anunnaki régnait sur les âmes des hommes séparées de leurs corps », ibid., p. 112.

Dans le Poème de la création, les Anunnaki semblent identifiés aux dieux en général. Tiamat accorda à Qingou la souveraineté sur la totalité des dieux, si bien qu'il possédait la dignité d'Anu et que les Anunnaki exaltaient son nom au-dessus d'eux tous, tab. I 136, II 42, III 46 104. Dans les cosmologies chaldéenne et assyrienne, les Anunnaki paraissent être des divinités inférieures, car Mardouk créa les Anunnaki 15 et Assur est le seigneur de tous les dieux, le soutien des Igigi et des Anunnaki. Dans le récit du Déluge, les Anunnaki et les Igigi sont distingués, mais ce sont des divinités inférieures. En effet il est question : d'une part des grands dieux qui causèrent le Déluge ou le déplorèrent Adad, Nabou, Marduk, Nergal, Ninibi Istar, Ea ; et d'autre part, des Anunnaki qui contribuèrent à ce fléau en portant des torches et des Igig, qui le déplorèrent, 99-105, 125, 173. Dans l'épopée de Gilgamès, les Anunnaki semblent identifiés aux grands dieux : « Les Anunnaki, les grands dieux se rassemblent, ils déterminent la mort et la vie. » tab. X, col. VI, 36, 38. Dans le mythe d'Etana, les grands Anunnaki qui fixent le destin qui siégèrent et tinrent conseil » col. I l,-2 correspondent sans doute aux grands dieux de la terre, tandis que les Igigi qui « étaient opposés aux hommes » 4 doivent être les grands dieux du ciel. Dans la descente d' Istar aux enfers, les Anunnaki sont les divinités secondaires de la terre et de l'enfer, car Ereskigal dit à Namtarou, son messager : « fais sortir les Anunnaki, sur les trônes d'or, fais-les asseoir (pour rendre la justice) » verso 33. Enfin dans un hymne à Istar, écrit en caractères néo-babyloniens, les Anunnaki et les Igigi apparaissent comme des divinités d'ordre secondaire, les premières de la terre et les secondes du ciel. En effet Anu, Bel et Ea ont exalté Istar parmi les dieux et, dans l'ensemble des Igigi, ils ont fait prévaloir sa place 18, 19. Istar est la maîtresse des Igigi (au nombre de 7) 3. Elle fait rage parmi les Igigi, elle soumet les dieux irrités, 31. Les dieux sont en repos, les Anunnaki sont sans mouvement, 21.

D'après tous ces documents, traduits par Dhorme, Choix de textes religieux assyro-babyloniens, les Anunnaki correspondent tantôt aux grands dieux, tantôt à des divinités secondaires.

« L'habitant de la Chaldée lui-même, dit Dhorme, n'aurait pu citer les dieux aux multiples noms que recelaient les tablettes des temples et qui se pressaient sur les lèvres de l'incantateur, désireux de n'omettre aucun nom de ceux qui pouvaient l'aider dans sa lutte contre les puissances du mal. Pour plus de commodité, on groupait les dieux en grandes catégories, suivant qu'en eux ressortait plus vivement leur caractère d'êtres célestes ou d'être terrestres. Les premiers étaient les Igigi, les seconds les Anunnaki » E A B, pp. 108, 109.

75-76. Il a été déjà question du sedu XXVr 48-58 où le sedu, comme ici, est un génie placé près du mur d'un temple. Mais les deux passages présentent des différences importantes. Dans XXVr 48-58, le sedu est invoqué comme intercesseur, ici on fait appel à lui pour maudire et pour infliger des calamités. Il existait donc des sedu bienfaisants comme celui de XXVr 48-58, et des sedu malfaisants. De plus, dans XXVr 48-58 le lamassu et le sedu sont tous deux invoqués, tandis qu'ici on recourt, seulement au sedu, parce que les lamassu étaient seulement des génies bienfaisants. « A côté des bons sedu il y avait aussi les méchants sedu. Il semble au contraire que les lamassu ne descendaient du ciel que pour agir sur terre dans un sens favorable aux hommes. » Meissner, B, u. A., II, p. 203.

La dernière différence entre les deux textes est relative au temple spécial. Dans le texte XXVr 48-58 c'est l'E Sagil, le temple de Marduk, à Babylone, tandis qu'ici le sedu est placé dans l'E Babbar, temple de Samas, ainsi que le prouve son écriture E UD. Deux temples du dieu solaire portaient ce même nom, l'un à Sippar et l'autre à Larsa. Le prologue du code y fait allusion II 29-31 et 34-36. Il n'est pas question ici de l'E Sagil, puisque Marduk, le dieu de ce temple ne figure pas parmi les divinités adjurées, tandis que Samas est adjuré par H d'envoyer à son ennemi les pires calamités XXVIIr 14-40 ; il est « le grand juge des cieux et de la terre », le dieu du droit, qui, en cette qualité, conduit les hommes suivant le droit XXVIIr 14-18 et XXIVr 85-86. De plus, ainsi qu'en témoigne le relief de la stèle, H devait beaucoup à Samas pour son code ; il avait écouté son enseignement II 22-23 ; il en avait reçu les lois à titre de présent XXVr 97-98. Enfin H demande à Samas de faire resplendir son droit dans le pays XXIVr 84-88 et il lui confie le soin de récompenser ses successeurs qui consulteront son code avec une respectueuse attention XXVL 14-15. Il était donc naturel que pour maudire les contempteurs de son code H ait fait appel au sedu de ce dieu.

82-83. L'auteur a énuméré les divinités qu'il adjure dans cette conclusion : les grands dieux des cieux et de la terre, la totalité des Anunnaki, et le sedu du temple de Samas. C'est à la fin de la phrase qu'il a placé le verbe suivi de son complément qui indique l'objet de son adjuration : « qu'ils maudissent d'une malédiction très funeste ».

Dans cette malédiction finale, l'auteur ne détaille plus les calamités appelées par cette malédiction ; il l'a fait suffisamment dans les adjurations précédentes. Aussi le verbe « maudire » est-il suivi de la formule générale « d'une malédiction funeste ou très funeste, ma-ru-uë-lam. Cet adjectif est employé dans l'adjuration à Samas « oracle de malheur » XXVIIr 31-33.

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