mu-su-se-ir am-mi
est un signe de joie. Voir les nombreux exemples empruntés à la littérature akliadienne et à la Bible quecite Dhorme, Emploi métaphorique, R. B., 1921, pp. 383-386. Par ex. dans Ps. XXXI 17 « fais luire ta face sur ton serviteur » signifie regarde avec bienveillance ton serviteur. Idem. Ps. LXVII 2 « que Dieu fassebriller sa face sur nous ». Ps. CXIX 135 « fais briller ta face sur ton serviteur », etc. On conçoit en effet quela joie illumine la figure en lui donnant l'attrait de la sympathie et de l'affabilité.
H a donc réjoui sa déesse protectrice, sans doute par sa piété et ses œuvres pies habituelles.
36-37. Le nom du dieu Nin azu signifie : seigneur de la divination par l'eau. C'était un dieu infernal, car plusieurs fois, il est donné comme l'époux, d'Ereskigal, la souveraine des enfers. Mais beaucoup plussouvent les listes le donnent comme l'époux de Ningirda. « C'était un dieu inférieur, un porte-trône. Maisil était aimé des dieux, et spécialement le roi-prêtre Goudéa l'avait choisi pour son dieu protecteur « celui qui le tenait par la main ». II avait à Girsu son temple pourvu par Goudéa de beaucoup de trésors. Son emblème était deux serpents enroulés autour d'un bâton. Sur ses images deux serpents lui sortent desépaules. En astronomie il est associé à l' astre-serpent (l'hydre) auquel Eresliigal est également rattachée. » Meissner, B. u. A., II, pp. 34, 35. On pense que Nin-azu était un dieu de la médecine, à cause de son nom et deson symbole. Azu, en sumérien, signifie « celui qui voit, c'est-à-dire celui qui comprend l'eau ». Primitivement ce nom fut donné aux devins qui savaient prédire l'avenir par l'inspection de coupes remplies d'eau. Maisles Akkadiens donnèrent le nom d'asu aux médecins. Le nom de Nin-asu peut donc signifier « Seigneur de la médecine ». On sait que de nos jours encore le symbole de Nin-azu est celui de la médecine. On croyait que le serpent, par le rejet de sa peau écailleuse, redevenait toujours jeune et ne mourait point. Le serpent sous le nom de Sachan est même devenu une divinité indépendante, à double sexe et il fut adoré dans laville de Dêr comme « le Seigneur » ou «la maîtresse de la vie » c'est-à-dire de la santé. Cf. Meissner, B.u.A., II, p. 284. H nous a dit qu'il avait prodigué des « aliments sacrés ma-ka-li el-lu-tim pour Nintu, la déesse de Kes III 33-35. Un peu plus haut il s'est vanté d'avoir mis des offrandes sacrées zibi ellutim pour Enki et Damgalnunna IV 17-22. Voir Dhorme, La Religion ass.-bab., pp. 264-277. Notons avec cet auteur que lessacrifices des Ass.-Bab. ont « un caractère alimentaire très accentué ». Probablement le verbe « placer » fait allusion soit aux tables d'offrande, soit aux tables sur lesquelles on préparait les mets du sacrifice,, pp. 264, 268.
38-39. La disette, à laquelle H fait allusion ne nous est pas. connue. Cette œuvre de bienfaisance n'a pas servi à dénommer une des années de règne de ce roi.
40-44. Les gens, dont il était précédemment question, sont les habitants de Babylone. H peut lesappeler « ses gens » à un titre tout spécial, puisque Babylone est la capitale de sa royauté comme il l'a dit I et comme il va le répéter V 3-9 (sur Babylone, cf. I 16-17).
Le mot isdu fondement est très souvent usité en akkadien, soit au sens propre et matériel, soit au. sens métaphysique et moral. Nous le rencontrons plusieurs fois dans le C. H. avec cette dernière acception soit pour une royauté I, 24, XXVIL 29, soit pour une ville II 25, soit pour un temple XXIVr 69, soit pour une- armée, XXVIL 24. AppUqué à des personnes, ce mot désigne leur habitation, leur séjour. H a fixéle séjour de ses sujets à Babylone, parce qu'il leur a procuré la paix. D'après 38-39, celle-ci a résulté des secours procurés par le roi durant la disette.
L'adverbe sulmanis et le nom salmum, correspondent au mot hébreu Salam, qui exprimait le plusgrand bien que les Israélites pouvaient désirer et se souhaiter entre eux.
45. Le titre de pasteur est le premier que H prend au début de sa doxologie I 51. Voir aussi l'épilogue- XXIVp 43.
46-47. C'est-à-dire « dont Istar, agrée les œuvres, les a pour agréables ».
Le nom d' Istar est écrit ici syllabiquement. Actuellement les deux signes sont fondus en un seul Brunnow N° 8862, mais, nous dit Dhorme, « ils étaient bien distincts à l'origine, comme on le voit clairement dans les plus anciens textes : Cf. Thur.-Dang., Recueil de iablelles chaldéenncs, n°^ 53, 127 ». « En réalité, poursuit le même auteur, c'est d'Akkad qu'est sortie la véritable Istar sémitique, dont le nom s'écrivait. is-lar et devait remplacer la sumérienne Ninni ou Innana. Le code de H est fidèle à la pure tradition quand il désigne sous le nom d' Istar la déesse d'Akkad (A-ga-dé), celle du temple E-Ul-mas » U Aurore de V histoire babylonienne, R. B., 1926, p. 239. En tant que déesse d'IIallab, Istar a également son nom écrit syllabiquement. III 5.
II a été question de Ninni ou Innana une première fois comme déesse d'Uruk II 47, puis comme déesse d'Harsag-Kalama II 65, de Méra IV 35. Voir l'épilogue XXVIL, 92-XXVIlIr 23. Istar d'Agadé était avant tout une déesse guerrière et c'est sous cet aspect que H la considère surtout dans l'épilogue.
« Les œuvres bonnes pour Istar » étaient des œuvres pies accomplies en faveur de cette déesse, comme des sacrifices, des donations, des réparations ou des ornementations de ses temples, etc.
48-52. « On peut dire que les grandes capitales Kish et Agadé sont les deux pôles du monde sémitique^