ayant fait briller les lois
54, ayant régi les peuples,
dès la plus haute antiquité. Elles présagent Babylone et en préparent la splendeur. » Dhorme, Bev. Bib., 1925, p. 459.
A-ga-dè, en akkadien, et Ag-gi-dé, en sumérien sont une transcription du mot Akkad. « L'emploi^de la consonne g, au lieu de k, très fréquent dans les textes de cette haute époque, explique sufTisamment comment Akkad fut transcrit A-ga-dè. L'équivalence A-qa-dèf ki) et Ak-ka-di est, d'ailleurs donnée par un syllabaire. On trouve l'alternance A-ga-dé, Akkad, dans certains noms propres, où la ville figure comme élément de composition. » Dhorme, L'Aurore de l'histoire babylonienne, B. B., 1926, p. 231. Gen. X, 10, mentionne cette ville sous le nom à.' Akkad.
Agadé ou Akkad devînt la capitale de la 15<= dynastie après le Déluge (vers 2528 à 2348), qui fut fondée par Sarru-kin ou Sargon l'Ancien. Ce fondateur et quelques-uns de ses successeurs, comme Manistusu et Naram-Sin donnèrent à la ville d'Akkad un tel prestige que son nom fût employé pour désigner toute la région nord de la Chaldée, par opposition à Sumer qui en désigne la partie sud. Ainsi Hammurabi, qui appartenait à une dynastie séparée de celle d'Akkad par six autres dynasties (4^ d'Uruk, de Gutium, 5« d'Uruk, 3« d'Ur, 1 " d' Isin, de Larsa) s'intitule roi du pays du Sumérien et de l'Akkadien V 7-9, XXIVv 50-51 .
Cependant le site de cette célèbre ville n'est pas encore connu. D'après un texte de Sargon l'ancien, Içi ville d'Akkad serait située le long de l'Euphrate. « L'intervention prédominante des « enfants d'Akkad » et des « enfants de Kish » dans les achats de terrain mentionnés sur l'obéUsque de Manistusu, fait croire que les deux villes ne devaient pas être éloignées l'une de l'autre » Dhorme, B. B., 1925, p. 232. Langdon propose de localiser Akkad à tell-ed-Deir à 33 milles au N. d'El-Oheimir (Kish) et à 4 milles au N.-E.-N. d'Abu Habba (Sippar). Dhorme, qui rapporte ces hypothèses, dit qu'elles ne sont pas sûres et que « des fouilles à ed-Deir seraient le meilleur moyen de contrôle de ces hypothèses ». B. B., 1927, p. 147. On trouvera dans la Bev. Bib., 1926, L'Aurore de l'hisloire babylonienne, pp. 231-239 el pp. 534-546 un résumé fait par Dhorme de l'histoire du fondateur de la dynastie d'Akkad : l'identification de Sarru-kin (le roi est ferme) par sa distinction de Sar-gali-sarri (roi de tous les rois) — la légende de son enfance (abandon au fleuve par sa mère, recueilh par un échanson royal, qui en fit son jardinier — protection d' Istar — ■ ses campagnes dans le pays de Sumer, en Elam et à l'est, dans le pays d'Amourrou jusqu'à la Méditerranée — ^constructions, agrandissements de son palais et du temple — dernières campagnes, révolte de ses sujets et mort malheureuse).
Le fait que Agadé est ici qualifiée de « grande » prouve que cette ville était encore prospère au temps de Hammourabi.
Istar était la grande protectrice de Sarru-kin. Celui-ci lui édifia un temple dans sa capitale Agadé, l'E-ul-mas. Elle y était honorée soit sous le nom d'Anounit, soit sous le nom bien sémitique d'Is-tar, comme l'écrit ici Hammourabi. Dhorme fait observer que cette déesse avait des temples dans d'autres villes, mais qu'elle les partageait avec d'autres divinités, tandis que, dans l'E Ulmas d'Agadé, elle régnait seule et en Souveraine maîtresse. « Le temple d'E Ulmas formait le centre religieux de la ville d'Akkad. La même Istar avait présidé aux destinées religieuses d'Erech et de son fameux sanctuaire l'E-an-na. Elle avait joui d'un culte non moins fervent à Kish. Et nous avons vu précisément la succession Kish-Erech-Akkad, les trois grandes cités dont l'hégémonie sur la Chaldée consacrait le triomphe des Sémites et de la déesse toute sémitique Istar. Mais, tandis que celle-ci ne régnait à Kish qu'à titre de compagne du dieu Za-mà-mà et à Erech à titre de fifie d'Anu, elle était dame et maîtresse à Akkad, en sorte que c'était bien elle qui retirait le plus de prestige de l'exaltation de Sarru-kin. Dans ses inscriptions, le monarque prendra parfois le titre de « vicaire d'Ishtar » avant ceux de « roi de Kish » et d' « oint d'Anu », B. B., 1926, p. 534. Le roi Nabonide (555-538) déclare avoir retrouvé le nom de Sarru-kin avec celui de Naram-Sin dans les fondations du temple E Ulmas à Akkad.
Par le. présent texte, nous constatons que H, loin de ruiner le culte d' Istar dans son fameux temple d'Agadé ne fit que l'affermir. Cette conduite est bien conforme à la piété que ce roi manifeste maintes fois dans son code pour cette grande déesse.
53. Quoique la chose soit inattendue dans un pareil contexte, H fait ici une nouvelle afiusion à la publication de son code. En effet H désigne son code soit par kinatum, lois, soit par miSarum, droit. Dans V 20, 21 il emploie ces deux mots. Dans XXVr 97 il emploie Kinalim. De plus musepî signifie « faire briller » de wpj d'où vient le nom de la ville de Jaffa. Or H emploie ce verbe avec misarum, l'équivalent de kinatum, au début de son code pour dire qu'il a reçu une mission divine « de faire luire le droit sur le pays » I 32-34 et à la fin du code, pour souhaiter qu'effectivement le droit rayonne sur le pays XXIVr 87, 88.
54. Cette œuvre de puissance et de sagesse est la conséquence de la précédente. C'est grâce à l'excellence des lois de son code que H a pu gouverner avec équité les peuples.
Le verbe employé jsr est celui dont dérive le nom misarum droit. Il signifie donc gouverner avec équité. Il est employé avec ce sens dans V 16 et plusieurs fois dans l'épilogue XXlVr Gl, 62 ; XXVv 37-38, 77, 87.
Les peuples, dont H parle ici, sont non seulement ses propres sujets de Babylone, mais tous ceux que ses conquêtes avaient soumis à son empire.
32 COMMENTAIRE DU CODE D'HAMMOURMil
55-58. mu-te-ir (ilu) KAL (lamassi)-su da-mi-iq-tim a-na (al) A USvVR (Assurim) ki,
55-58. On savait que l'existence de la ville d'Assur était ancienne. Elle figure dans la table ethnographique, Gen. X, 11. Dans Gen. II, 14, il est dit très exactement que le Tigre passe à l'Orient d'Assur. Toutefois jusqu'à ces derniers temps, on ne connaissait guère l'histoire de l'Assyrie dans la haute antiquité. Ainsi le P. Lagrange écrivait en 1901 que l'Assyrie entrait dans l'histoire avec Téglathphalasar I (1115-1093), Rev. BibL, 1901, Choses d'Elam, p. 69. Par conséquent cette mention d'Assur au temps de Hammourabi, c'est-à-dire au milieu du xx« s. recule beaucoup l'histoire de l'Assyrie. Mais grâce aux découvertes faites par la Société orientale allemande sur le tell de Qal "'at-Shergat, l'ancienne Assur, et aux tablettes cappadocienncs, on peut reculer l'histoire de l'Assyrie jusqu'au xxiii^ s. avant notre ère.
On admet généralement que l'Assyrie était séparée de la Babylonie par la chaîne des montagnes Hamrin, qui commence, à l'ouest, un peu au-dessous d'Assur près du Tartara et qui s'incline au sud-est au delà du Dijala, l'ancien Turnat, qui se jette dans le Tigre près de l'actuelle Bagdad. La région fertile qui se trouve au bord du fleuve est très étroite.
.Jusqu'à ces derniers temps on croyait que la ville d'Assur devait sa fondation aux Sumériens. Telle était du moins l'opinion de Meissner en 1920. « Certainement aux temps présargoniques, lorsque les Sumériens étaient encore les maîtres en Babylonie, ils fondèrent sur le cours moyen de l'Euphrate, dans la région du Chabur et, sur le Tigre, à Assur, des marches frontières contre les invasions des barbares du Nord. Du moins les plus anciennes statuettes de souverains de Ma'er et d'Assur nous offrent un pur type sumérien. » B. u. A., I, p. 33. Mais cette opinion est aujourd'hui contestée par suite des découvertes faites dans le pays des Hittites et dans le Mitani. « L'histoire des origines de l'Assyrie est en train de se renouveler complètement. Les tablettes cappadocienncs nous font remonter jusqu'au xxiii" s. avant notre ère et l'étude de la langue de ces tablettes permet d'envisager dans la première moitié du IIl" millénaire un établissement considérable des Assyriens en Asie Mineure. Il ne s'agit plus de supposer forcément une colonisation montant d'Akkad vers Assur, mais de constater deux installations parallèles des Sémites dans le Sud et dans le Nord de la Mésopotamie, ceux du Nord rayonnant jusqu'en Cappadoce. » Dhorme, Rev. Bib., 1927, p. 432. Les noms des plus anciens souverains de l'Assyrie qui nous sont connus, ceux de I-ti-ti, fils de Ta-ku-la-ba, d'Uëpin, le premier fondateur du temple d'Assur, de Kikia, qui a bâti le mur de la ville d'Assur, sont des noms, qui ne sont ni sumériens, ni sémitiques, mais mitaniques ; donc ils auront appartenu à ce peuple peut-être autochtone dans ces contrées... De l'époque de Bur-Sin (2063-2048), on possède une série de contrats, provenant de la lointaine colline de ruines de Kûltepe, au sud du Halys, en Asie Mineure, qui prouve qu'alors une population essentiellement assyrienne habitait là ». Meissner, B. u. A., I, p. 33. Du fait que Us-pi-a et Ki-ki-a sont des noms mitanites est confirmée la chose supposée par les lettres d'El Amarna que la plus ancienne occupation de l'Assyrie est celle d'une population mitanite apparentée aux Hittites d'Asie Mineure, cf. Dhorme, ibid.
Les ruines de QaKat-Shergat, l'ancienne Assur, furent découvertes pour la première fois par Claudius James Rich en mars 1821 ; mais il ne put y débarquer, emporté par le courant jusqu'à l'embouchure du Zab inférieur. Dans la suite, divers explorateurs firent des fouilles dans ce tell, Layard et Hormuzd Rassam, dans leurs expéditions de 1847, 1849 et 1853 trouvèrent la statue de Salmanasar III (vers 850), le prisme de Téglat pileser I (1115-1093). En 1873, Georges Smith trouva des inscriptions sur des tablettes et sur une pierre de gypse de l'époque d'Adad nirari I (vers 1300). Mais, dit Eckard Unger, toutes ces fouilles hâtives et superficielles étaient incapables de fournir aucune conclusion sûre sur le plan de la ville d'Assur. Même l'identification de Qal^at Shergat avec Assur demeurait toujours incertaine. Les fouilles de la Deutsche Orient Gesellschaft commencées en 1903 et poursuivies jusqu'en 1913 par l'architecte W. Andraî non seulement permirent d'identifier sûrement l'ancienne Assur mais encore de reconstituer son plan avec ses enceintes, ses portes, ses palais, ses temples, les tours de ceux-ci... On a été grandement aidé pour leur Identification par la découverte d'une inscription de 183 lignes qui les énumère. Ce texte, trouvé dans la bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive, est une copie datant de l'époque de Sénacherib. Cf. E. Unger, Dos Stadtbild von Assur, 1929, pp. 8-16.
Les fouilles de la Société allemande sur le tell de l'ancienne Assur, n'ont pas eu simplement pour résultat la reconstitution topographique de l'antique cité, elles ont mis à jour une énorme quantité de textes historiques, dont une farlie a été éditée par Messerschmidt et Schrœder, tandis que les textes religieux et juridiques étaient édités par Ebeling et ceux d'intérêt divers par Schrœder. C'est dans ce dernier recueil Keilschriftlexlen ans Assur V erschiedenen Inhalls publié en 1920 que le P. Scheil a trouvé, transcrit et traduit les tablettes contenant le très intéressant « Recueil de Lois assyriennes », 1921, dont nous avons donné nous-mêmes une traduction annotée, une étude et fait une comparaison. Cf. Muséon de Louvain, tt. XXXVIII, XXIX, XLI et XLII.
Grâce aux textes historiques publiés par Messerschmidt et Schrœder (1911 et 1922), nous pouvons donner un rapide aperçu de l'histoire de l'Assyrie jusqu'à l'époque d'Hammourabi.
Le premier nom royal connu est celui d' I-ti-ti, fils de la-ku-la-ba. On ne possède aucun détail sur ce personnage. Son nom paraît appartenir à l'onomastique du Mitani. On place son règne vers 2500. Ensuite vinrent Uspia, puis Kikia, vers 2300. On sait que le premier fut le fondateur du temple d'Assur et le second, celui des murs de cette ville. Leurs noms sont mitanites. On n'a pas trouvé de documents de ces rois euxmêmes dans les fondations de la cella du temple d'Assur, c'est-à-dire là où ils auraient dû être. Zarlqum, fut le successeur de Kikia. Son nom est sémitique et signifie « louche ». Il fut le vassal de Pur Sin. le 3" roi de la dynastie d'Ur vers 2230-2222. On possède une inscription de ce prince qui contient la plus ancienne mention de la ville d'Assur. Il ne prend pas le titre de roi de cette cité, mais seulement celui de son Sakkanak, préfet, gouverneur.
Les princes qui ont gouverné après Zariqum ont été indépendants. Ils ne prirent cependant pas le titre de rois, mais seulement celui de princes-prêtres. Samsi-Adad (vers 1892-1860) est le premier à prendre