‹ Commentaire du Code d'Hammourabi [microform]Chapitre 3 sur 250 · dan-nu-um en-sâ-am a-na la ha-ba-Ii-im · texte numérisé non relu

dan-nu-um en-sâ-am a-na la ha-ba-Ii-im

40-44. ki-ma ilu Samas a-na SAG MI (qaqqadim salmi) wa-si-e-im-ma

ma-tim nu-wu-ri-im 47-48. a-na si-ir ni-si tu-ub-bi-im

26. 20-21. C'est de toute antiquité que Mardulc apparaît comme le dieu local de Babylone. Dans la cosmogonie chaldéenne, les deux temples d'Eridou et d'E-saggil surgissent en premier lieu de l'Océan. Or, Mardouk habita l'E-saggil (maison à tête haute) qui devînt le temple de Babylone, laquelle fut immédiatement bâtie, 11. 11-14. Cf. Dhorme, Choix de textes, pp. 84, 85,

Le verbe kwn, « fixer, affermir, » à la forme intensive ukinnu, marque la solidité et la durée de la royauté dp Marduk sur Babylone. L'épithète darulam, éternelle précise ces qualités, en marquant que cette royauté sera à l'abri des ruines que le temps accumule ordinairement. Peut-être le mot akkadien daru vient-il de la même racine que l'hébreu dor qui répété « de génération en génération» a le sens d'indéfiniment, sinon d'éternellement.

22-25. Les Akkadiens connaissaient par expérience la solidité des cieux et de la terre. Théoriquement, ils se figuraient que le ciel « reposait, comme une maison, sur son fondement qui était l'horizon. Ce fondement était affermi sur l'océan céleste par des piquets et, comme un palais terrestre, il était protégé des eaux par un mur d'enceinte ». Quant à la terre, elle était affermie par le fait qu'elle était reliée au ciel par des cordes et des piquets. Cf. Meissner, B. u. A., II, pp. 108, 111.

27-49. Dans ce passage Hammourabi parle de la vocation que les dieux suprêmes Anu et Enlil lui conférèrent de faire luire le droit sur le pays et d'y répandre toute sorte de bienfaits.

La phrase présente une inversion. Après l'indication de la circonstance de temps 27, viennent le complément direct et ses épithètes 28-31, puis les compléments indirects 32-44, 47-48, puis les sujets 45-46 et enfin le verbe 49. Par cette inversion, l'auteur a voulu mettre en relief la haute personnalité du bénéficiaire de là sublime vocation des dieux. En se mettant en tête de la phrase, Hammourabi a voulu se placer en évidence le plus tôt possible. Par souci de clarté, nous avons rétabU l'ordre logique, en mettant les sujets et le verbe au début de la phrase.

27. I-nu-mi-su pour in umisu « en ce jour là ». Ce complément circonstantiel est très important. Il marque que la vocation de Hammurabi est contemporaine de celle de Mardùk soit à la souveraineté des peuples 1-15, soit à la royauté éternelle sur Babylone 16-26. Notre note sur l'histoire de Babylone suffit à prouver toute la fiction d'un tel synchronisme. Mais celui-ci contribue merveilleusement à rehausser la gloire de Hammurabi.

45-46. Ce sont les mêmes dieux, c'est-à-dire les deux divinités suprêmes, qui sont les auteurs de la vocation de Marduk et de celle de Hammurabi. Encore un trait destiné à donner une haute idée de la grandeur de ce dernier.

49. « dirent mon nom ». Cette expression se rapporte à la vocation : Hammurabi a reçu une vocation dont l'origine est divine, et même provient des divinités suprêmes. D'après 32-44, 47-48, l'objet de cette vocation est à la fois sublime et bienfaisant. Le rédacteur a employé des expressions semblables pour indiquer la vocation de Babylone 16-17. Dans les deux cas le nom signifie la personne ou la chose.

28. Ha-am-mu-ra-bi (L'oncle est grand). C'est ici que l'auteur du code se nomme pour la première fois. On sait que Hammurabi appartient à la I" dynastie babylonienne ou dynastie d'Amurru (de l'ouest).

Il y occupe le 6^ rang. La date de son règne est 2003-1961, d'après Thureau-Dangin, R AO, XXIV (1927) p. 197 ou de 1955-1913, d'après Weidner suivi par Meissner et Diiorme, R. B., 1928, p. 377. Ce monarque est le représentant de sa dynastie, dont le règne fut le plus long (43 ans) et le plus illustre. Par le panégyrique du prologue I, 50-V, 13 et par celui de l'épilogue XXIVv 9-XXVv 2, on pourra se faire une idée des œuvres pies, des exploits militaires, des travaux de construction et d'irrigation, du bon gouvernement et surtout de la grande valeur du code de Hammourabi.

On admet aujourd'hui que la pe dynastie babylonienne est d'origine ouest-sémitique et probablement arabe (dynastie d'Amurru, c'est-à-dire de l'ouest) : les noms de la plupart des rois de cette dynastie, et notamment celui de Hammourabi, n'étaient pas babyloniens, mais arabes.

Dans une récente étude sur les Amorrhéens ( R. B., 1928) , Dhorme, examinant les noms propres ouestsémitiques, a observé qu'à côté des noms théophores, il y avait des noms où le titre de père ou d'un autre parent était substitué au vocable d'une divinité. Tel est en effet le cas du nom de Hammourabi. En effet, en arabe, on distingue l'oncle paternel 'amm et l'oncle maternel hal. La lettre gutturale ^ (') étant exprimée par les Babyloniens par tj ou parfois omis, ils devaient transcrire le nom arabe désignant l'oncle paternel par hammu ou Amm. Donc Ha-am-mu-ra-bi ou Am-mu-ra-bi doit signifier, d'après l'étymologie arabe.

PHOLOGUE 0'

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