pour empêcher le puissant de ruiner le faible
40-44. comme Samas pour poindre sur les têtes noires et pour rayonner
sur le pays 47-48. pour rendre bonne (heureuse) la chair des gens.
« l'oncle est grand », comme Ha-am-mu-ra-pi-lh veut dire « l'oncle guérit », Am-mi-sa-du-qa « mon oncle est juste ». Dhorme dit qu'il n'y a aucune raison de modifier le nom de l'auteur du code en Hammurapih, puisqu'il n'est jamais écrit avec un h final. Ce dernier nom est distinct de Hammurabi dont le dernier élément suppose une racine verbale rabi, raba, rabab, cf. R. B., 1928, Les Amorrhéens, pp. 69, 70, 168, n. 4.
29-31. Tous les mots de cette ligne, qui servent d'épithètes à Hammurabi, sont à l'accusatif. Ce qui prouve bien que Hammurabi et tous ses titres sont bien le complément direct de 1. 49 « dirent mon nom, m'appelèrent » sumi ib-bu-û.
Rabu, grand, est un nom exprimant une dignité. Fidèles à leur habitude de recourir aux images sensibles pour exprimer des conceptions de l'ordre intellectuel et moral, les Orientaux se sont servis du même mot pour exprimer la grandeur physique et la grandeur sociale. En réalité, un grand, c'est un chef, un prince. Cf. §§ 23, 24 : « le grand de la ville », rabi 'anum. Na-i-dam est une épithète se rapportant à « grand » et marquant que ce grand, ce chef est élevé, puissant. Pour la nécessité de ne point considérer grand et élevé comme deux épithètes, on peut invoquer le parallèle « craignant mon dieu », et encore les titres de l'Emmanuel : « Son nom sera appelé admirable conseiller. Dieu fort, père éternellement, prince delà paix. » Is. IX, 5.
Dans l'Ane. Test, aussi, la crainte est le principal sentiment que la Divinité inspire à l'homme. Joseph dit qu'il craint Dieu. Gen'. XLII, 18. Ainsi est caractérisée l'attitude de Job envers Dieu; Job I, 1. Ce sont des hommes craignant Dieu qu'il faut établir princes et juges ; Exo. XVIH, 21. La crainte de Dieu sera une des prérogatives de l'Emmanuel Is. XI, 2, 3. D'après Prov. I, 7, la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse... la-ti « moi », pronom personnel à l'accusatif, placé immédiatement avant l'énumération des sublimes objets de la vocation de Hammourabi, pour mettre en relief la personnalité de l'heureux bénéficiaire de tant de gloire.
32-34. Après avoir nommé le sujet de la vocation des dieux suprêmes et avoir fait comprendre sa dignité par sa grandeur personnelle et sa piété envers les dieux, l'auteur du prologue manifeste l'objet de sa vocation.
Les termes par lesquels H exprime sa vocation juridique sont remarquables. Mi-Sn-ra-am, c'est le droit absolu, parfait. H. est appelé à le faire luire, briller, su-pi-i-im (forme causative de v/pj) — et cela sur tout le pays. Ain«!i, grâce au roi de Babylone, tout le pays sera inondé des lumières répandues par le droit le plus absolu. L'image de la lumière solaire surgit à l'esprit. En parlant des résultats de sa bienfaisante mission, H. évoquera cette comparaison 40-44.
35-36, 37-39. En ifaisant luire le droit sur tout le pays, H. obtiendra deux conséquences : la perte (hlq comme pour la chose perdue §§ 9-13) des méchants et la prospérité des bons. Tous les puissants et les riches ne sont point des oppresseurs des pauvres et des faibles ; mais ils sont exposés trop souvent à agir ainsi.
Le roi messianique pareillement était annoncé comme devant faire régner la parfaite justice, surtout envers les malheureux. Voir notamment Ps. LXXII-LXXI, 1-2, 12-14 et Isaïe XI, 3-5 « la justice sera la ceinture de ses reins ».
40-44. Dans ce passage et dans 47-48, H exprime les résultats de sa mission d'instaurateur du droit. Tout d'abord, il se compare au soleil et signifie qu'il procure, dans l'ordre moral, des bienfaits analogues à ceux que le soleil répand dans l'ordre physique.
Pour bien comprendre cette assimilation, il faut se rappeler que le dieu Samas, le dieu de la justice, « le grand juge des cieux et de la terre », XXVIL 14-19 avait pour emblème le soleil (cf. II, 23 et surtout XXVIIr 14-40). Aussi c'est en premier lieu à l'occasion du dieu Samas qu'est faite l'assimilation des bienfaits répandus par la justice à ceux qui sont procurés par le soleil. H ne fait que s'appliquer à lui-même cette assimilation. A la fin du prologue, H revient sur cette même comparaison pour exprimer les effets salutaires de sa mission juridique « soleil (Samas) de Babylone projetant la lumière sur le pays des Sumériens et des Akkadiens », V, 4-9.
Les têtes noires indiquent les hommes. Placés dans les hauteurs des cieux, les dieux aperçoivent surtout par leur chevelure noire les humains habitant la Mésopotamie. Or H. vient de se comparer au dieu Samas et s'estime donc bien supérieur à ses sujets. Cf. Introduction, ch. IV, art. III, Conceptions, senlimenls el Actes de H par rapport à ses sujets.
47-48. Non seulement l'œuvre juridique de IJ aura pour résultat de procurer le bien moral de ses sujets, elle aura encore celui de produire leur bien-être matériel. Chair Sirum a certainement ce sens. Dans
2. DOXOLOGIE EN l'hONNEUR DE HaMMOURABI POUR SES ŒUVRES PIEUSES ET SES ACTES POLITIQUES. CoL. I, 50-COL. V, 13