ayant réduit l'adversaire
60-63. le roi qui, à Ninua (Ninive) dans l'É Mismis a fait briller le nom de Ninni,
Ninlil, qui devint l'istar assyrienne, mais il s'empara de son temple l'E Sarra « maison de la toute-puissance » et de son sanctuaire l'E-xursag-gal-lcurlcurra « maison de la grande montagne des pays ». Or ce sanctuaire correspond à la montagne de l'enfer où Ea, Sin, Samas, Nabu, Adad, Ninurta et leurs grandes épouses ont été enfantés légitimement. Le dieu national des Assyriens est avant tout le seigneur de la guerre, celui qui conduit les siens à la victoire. Son épouse l'Istar assyrienne est elle aussi la déesse des batailles. Le symbole d'Assur était soit un bonnet à cornes, soit plus souvent le disque solaire ailé ayant en son milieu le dieu tirant son arc. Son animal était la plupart du temps de nature composite et fantastique.
Les rois d'Assyrie honorèrent grandement leur dieu national. La plupart d'entre eux prirent le titre de « prêtre d'Assur ». Dans ces époques reculées, il n'y avait pas de différences profondes entre les emplois civils et sacerdotaux. En tout cas les rois d'Assyrie étaient tenus de participer en personne à certains rites, à différentes fêtes. Ils favorisèrent toujours le sacerdoce et y introduisirent des membres de leur famille. Pour obtenir plus sûrement le succès de leurs entreprises et surtout de leurs campagnes militaires, les rois d'Assyrie s'adressent à leur dieu national. Ils lui attribuent aussi le bienfait de la victoire. Ainsi, c'est « sous la protection du dieu Assur, son maître, que Téglath-Phalasar I (vers 1115-1093) vainquit les Ahlamû- Araméens, ennemis du dieu Assur. De même Salmanasar attribua sa victoire contre la conjuration araméenne à Qarqar, près de l'Oronte, aux dieux Assur et Nergal... Enfin les souverains assyriens envoyaient à leur dieu ■ national dans son temple l'E Sarra des relations détaillées de leurs exploits militaires. Comme le remarque Meissner, ces lettres étaient écrites sous forme poétique et étaient fort libres au p. d. v. de l'exactitude : elles avaient le genre panégyrique, voir la longue relation (425 lignes) faite par Sargon II au dieu Assur de ses campagnes à Urmiah et au lac de Van, dans lesquelles il ne passa rien d'important. Cf. Meissner, Bab. II. Assyr., II, p. 369.
Si le dieu Assur fut grandement honoré dans son pays, il fut méconnu systématiquement par les autres peuples et surtout par les Babyloniens. Ainsi il n'est pas mentionné dans les listes indiquant la parenté et la subordination des dieux entre eux. Les originaux de ces documents remontent en effet gi la III« dynastie d'Ur (vers 2294), c'est-à-dire à une époque où l'Assyrie n'était pas encore devenue un empire célèbre; mais on aurait pu introduire le dieu Assur dans les copies beaucoup plus tardives que nous possédons. En tout cas, il est remarquable qu'Assur et tous les dieux spécifiquement assyriens aient été exclus systématiquement de toutes les listes olficielles de divinités ayant été rédigées en Babylonie, à toutes les époques. Cf. Meissner, Babylonien iind Assyrien, II, pp. 2, 3, 8, 59, 40, 46, 53, 60, 99, 111, 119, 125, 159, 171, 175, 182, 369. 59. D'après le contexte, Hammourabi dit ici qu'il a soumis les Assyriens. 60-63. Ni-nu-a, c'est-à-dire « ville de la déesse Ninni » correspond à la célèbre Ninive. Cette ville est très ancienne. Mais son antiquité est moindre que celle d'Assur. En tout cas, dans les documents qui nous sont parvenus, elle est mentionnée itien après Assur. Scheil, dans sa traduction du code, voyait dans ce texte la première mention de Ninive (1902). Pourtant nous savons que l'Assyrie et Assur interviennent bien plus tôt dans l'histoire. Ainsi un texte trouvé par les fouilles allemandes à Qala'at Shergat, l'ancienne Assur, mentionne l'Assyrie et sa capitale Assur, au temps de Pur-Sin (2230-2222). D'après ce document, Zariqum, préfet d'Assur, aurait bâti un temple à la déesse Belat-ékallim, pour Pur-Sin, roi d'Ur et des quatre régions, dont il se dit le serviteur (cité par Dhorme, Bev. Bib., 1928, p. 373 cVaprès Keilschrifllexle ans Assur, hisl. Inhalt II, n. 2). Uusama qui rendit l'Assyrie indépendante (v. 2056-2040) parle de la ville d'Assur et point de Ninive.
Or il est remarquable que la table ethnographique nous présente Ninive comme bâtie par Assour, descendant de Sem, Gen. X, 11, 22. Ainsi le livre bibhque attesterait lui aussi la postériorité de Ninive par rapport à Assur.
Après ces textes d'époque reculée, c'est beaucoup plus tard que Ninive est mentionnée. Tuschratta, roi de Mitani, (vers 1400) possédait la plus grande partie de ce qui fut plus tard l'Assyrie, avec Ninive. 11 envoya la statue d'Istar de Ninive à son beau-frère Aménophis III comme moyen de salut. Assur-uballit (v. 1390) éleva de nouveau la puissance des Assyriens ; il rejeta les Mitanites de Ninive et s'appropria une grande partie de l'empire mitanite. Meissner pense que Ninive devînt capitale sous Tukulti-Ninurta II (S89-884) et sous Assur-nasir-apal "(885-859). Mais ce dernier établit ensuite la résidence royale à Kalah, où il se bâtit un palais. Les successeurs de ce roi durent revenir à Ninive. Sargon II (721-705) se bâtit une résidence royale éclatante, Dur-Sarrukin, aujourd'hui Korsabad, aux environs de Ninive. Mais cette éphémère fondation tomba bientôt. Sénachérib (705-681) voulut substituer Ninive à Babylone aux points de vue du commerce et de la civilisation. Assurbanipal (668-627) avait donné au nom d' Assour un prestige mondial : en y fondant sa bibliothèque, il avait fait de Ninive la reine des sciences, des arts et de la civilisation. Au temps de Jonas, on l'appellait couramment « la grande ville » à cause de l'espace qu'elle occupait et cju'on ne parcourait qu'en trois jours. Jon.' 12, III 3.
Un texte du British Muséum B. M. 31. 901 édité et traduit par M. Gadd, donne des précisions historiques sur la date et les circonstances de la chute de Ninive. Ce document, est une chronique babylonienne relatant avec des allures de communiqué olliciel, les faits importants de l'an 10 de Nabopolasar jusqu'à la 17« année de ce roi de Babylone, c'est-à-dire de l'an 616 à 609 av. J.-C. C'est précisément l'époque où se livre la lutte Jinale pour la prédominance en Orient entre les deux grands empires d'Assyrie et de Babylonie. En 615 l'armée babylonienne, commandée par son roi Nabu-apal-usur, (Nabopolasar) (025-605) assiège Assur mais est repoussée par le roi Sin-Sharra-iskoun (020-612). En 6i4, les Mèdes, conduits par Cyaxare, s'allient aux Babyloniens et prennent Assur. La chute de Ninive eut lieu en 612 sous l'effort combiné des Babyloniens et des Mèdes. Le roi d'Assyrie Sin-Sharra-iskoun se brûle lui-même pour ne pas tomber vivant aux mains, de ses adversaires. Assur-uballit lui succède et se réfugie à Harran. Malgré le secours des Égyptiens, Harran
BC) COMMENTAIRE Dl; CODE d'hAMMOURAIU