Attentais contre la propriété
A. Vols au temple, au palais ou à un muSkenuni, §§ lî, 5
Le sommaire du G. H. placé à la fin de ce volume, permet de constater que, parmi les douze parties discernées dans ce recueil de lois, il y en a deux qui sont beaucoup plus longues que les autres : celle qui concerne la propriété § 6-g 126 et celle qui a pour objet la famille § 127-§ 195, et que, pour le nombre des articles du moins, la première l'emporte sur la seconde.
Ge même sommaire indique les objets variés des douze sections établies dans la partie consacrée à la propriété.
La première de ces sections traite des attentats contre la propriété. Le législateur envisage huit modes d'attenter à la propriété d'autrui.
Ge sont d'abord les vols commis aux préjudices des dieux, des rois, et aussi des muskenum. Deux lois § 6 et § 8 sont consacrées à cette fin : § 6 pour un bien quelconque, et § 8 pour un animal ou une barque. Ces deux lois se rapportant au même sujet, sont séparées par le § 7, qui se réfère à une question différente, l'achat et le dépôt. On verra plus loin le motif de son intercalation à cette place. Pour la commodité des explications, nous rapprochons § 6 de § 8.
§ 6. Namkurum, signifie bien, propriété, et, quand il s'agit d'un temple ou d'un palais, trésor. Mais, comme les animaux et les barques sont l'objet spécial du § 8, il faut les exclure de la présente loi et comprendre ici par namkurum les autres biens meubles, notamment l'or et l'argent. Cf. § 7, 11. 42, 43.
Les propriétaires volés, ici comme dans § 8, sont les dieux et les palais ; « dieu » est écrit idéographiquement dans § 6 et syllabiquement dans § 8. É GAL appartiennent à la langue sumérienne, ils correspondent à l'accadien bilu rabu qui signifient « la grande maison ». Le premier signe représentait originairement une maison, et le second une couronne, une coiffure de roi et de chef. De même le sumérien lu gai signifie « l'homme grand » et désigne le roi. Une « grande maison » indique aussi bien un temple qu'un palais. Mais ici il n'y a pas d'hésitation possible pour le sens exclusif de « palais », puisque en parlant précédemment du « dieu ", on a exclu pour É GAL le sens « temple ». C'est à cause du double sens du mot sumérien que le rédacteur, n'a pu l'employer qu'une fois et a dû substituer au mot temple, le terme « dieu ».
Les mots sumériens É GAL ont pénétré dans l'hébreu et l'araméen de la Bible au moyen d'une simple