ce dekum ou ce lubuttum sera tué
A cause des imprécisions que contient le § 33, surtout en comparaison du § 26, nous adoptons cette dernière interprétation.
§ 34. Cette loi interdit, sous peine de mort, au delvum et au lubuttum, de commettre vis-à-vis du redum des actes d'oppression.
Le premier est nu-ma-at redim il-te-ki. Il semble que numatum signifie un bien meuble. Voir § 25, où il est employé avec le même verbe illeki pour un vol dans un incendie. Ungnad cite plusieurs contrats où numatum indique un bien meuble. Ce premier délit consiste donc dans le vol d'un bien meuble.
Le second délit 1. 54 est un préjudice porté à un redum. Tel est le sens du verbe habalu ordinairement et spécifllement dans le C. H., où ce verbe est employé pour l'oppression d'un pauvre par un riche I 39 ; XXIVr 60, et où l'adjectif verbal habil signifie endommagé, opprimé. Quel est le préjudice ici envisagé ? Le législateur n'a pas voulu le préciser à moins que les précisions ne soient données dans la suite de l'article.
Quant au troisième acte d'oppression 11. 55-56, nous en retrouvons les mêmes mots pour la location d'un bateau § 236 et pour celle d'un bœuf, Le fait qu'un redum pouvait être donné en location par un dekum ou un lubuttum prouve sa subordination à l'égard de ces officiers.
Pour le préjudice 11. 57-58 le sens de donner, faire présent pour saraqu est bien connu. Il est courant dans le code. C'est de ce verbe dont dérive seriqlum, la dot des filles. Mais que signifie ce délit ? S'il s'agissait d'un procès entre un puissant et un redum, dans lequel le dekum ou le lubuttum serait juge, la faute de cet officier serait de sacrifier le redum au puissant, de ne point rendre justice au redum. Mais nous ignorons si le dekum et le lubuttum étaient des juges militaires. Si ce sens ne peut être admis, il faut supposer qu'un dekum ou un lubuttum, ayant un procès avec un grand, lui sacrifierait un redum pour l'apaiser. Maiscomment ? Enfin, dans le dernier acte d'oppression, qistum signifie présent, consistant en meubles ou en immeubles. Dans le C. H., il peut avoir cette double nature. Ainsi dans § 165 qistum désigne la donation faite -par un père à son fils préféré et consistant dans un champ, un verger et une maison. Par contre il est probable qu'il signifie des biens meubles dans les §§ 228 et 234 où il est employé pour les honoraires d'une construction de mur ou de bateau. Dans le contrat R. 83 (Sch. 176, Ung. III 650) qistum est précédé du déterminatif isu (bois) et on le traduit par forêt. Le § 35 montre que le redum peut avoir été gratifié par le roi de bétail, c'est-à-dire de biens meubles. Par contre les §§ 36-38, 41 montrent que le redum pouvait posséder, à titre de fief, un champ, un jardin et une maison. Somme toute, nous pensons qu'il est question de biens meubles, de bétail comme dans le § 35 par exemple. Car il est question des biens immeubles du redum dans les §§ 36-41.
Pour l'un ou l'autre de ces cinq préjudices à l'égard du reduin, le dekum ou le lubuttum était condamné à mort.
Cette loi met en relief la supériorité du dekum ou du lubuttum sur le redum, puisqu'ils pouvaient l'opprimer de tant de façons. Mais ce § 34 montre aussi que le redum était grandement protégé par le roi et par sa loi. C'était par la mort qu'étaient châtiés les divers actes d'oppression vis-à-vis du redura, Or parmi ces préjudices, la plupart ne concernent que ses biens.
Dans la présente loi, seul le redum est mentionné, le silence complet est gardé sur le ba'^irum. Or dans la série §§ 26-32 ces deux officiers étaient nommés l'un à côté de l'autre. Dans la section §§ 35-41, le redum est nommé seul uniquement au § 35, et son nom est accompagné de celui du ba'irum et du collecteur d'impôts §§ 36-38, 41. Ce silence sur le ba'irum dans les §§ 34 et 35 doit être intentionnel. 11 faudrait en conclure que le ba''irum était un officier supérieur au redum, et que son importance était telle qu'un dekum ou un lubuttum n'aurait pu se permettre à son égard les actes d'oppressions signalés §§ 34 et 35.
74 COMMENTAIRE DU CODE d'hAMMOURA.BI
65-XII. 4. Sum-ma a-wi-lum LID GUD ZUN (alpi) zun ù 'Ù LU (seni) zun sa sar-ru-um a-na redîm id-di-nii i-na ga-ti redim is-ta-am i-na kaspi-su it-te-el-li.
5-9. Eqlum-um kirum ù É (bitum) sa redim ba'^irim ù na-si bi-il-tim a-na kaspim û-ul i-na-ad-di-in.
10-18. Sum-ma a-wi-lum eqlam kiram u É (bitam) sa rêdim ba%im ù na-si biltim is-ta-am dup-pa-su ih-he-ip-pi ù i-na kaspi-su i-te-el-li.