ayant restauré la ville d'Eridu en son lieu
66-Col. II, 1. ayant purifié le sanctuaire de l'E Apsu, 2-4. l'agresseur des quatre régions, 5-6. ayant rendu grande la renommée de Babylone, 7-9. ayant satisfait le cœur de Marduk, son seigneur.
défiler devant Adam les animaux afin qu'il leur donne des noms leur convenant parfaitement, Gen. II, 19, 20.
Deux villes portèrent le nom de Nippur : l'une aux confins de l'Elam, et l'autre, consacrée à Enlil, ^u nord du pays de Sumer, près de l'Euphrate. D'après le contexte, c'est de cette dernière qu'il est ici «question : cette ville est désignée par le nom même de son dieu et le déterminatif des noms de lieu.
Dur-an-(ki) ou Dur-ili-(.ki), « mur du dieu ». Cette localité n'a pas encore pu être identifiée. Le P. Scheil parle de la présence à Larsa d'une ziggurat appelée (bit) DUR-AN-KI. Ungnad dit que Dur-ili résulte •d'une fausse leçon et qu'on devrait lire « lien du ciel et de la terre ».
Dans sa doxologie, H' fait figurer les faits importants de son règne. Comme chez les Sémites, les années de règne des rois étaient désignées par le fait le plus saillant de chaque année, et comme nous possédons les noms des années du règne de H, nous pourrons indiquer les faits signalés dans ce panégyrique qui ont -servi à désigner les années de règne de ce grand roi.
60-62. E Kur « maison de la montagne » est le temple d'Enlil (Bel), à Nippur. Il s'agit de la montagne ■où ce dieu fixait les destinées du monde.
Za-ni-nu-um, « celui qui prend soin », peut être rendu par « sacristain », puisqu'il s'agit d'un temple.
63. Li-ia-um venant de la racine Ph, qui signifie pouvoir^ a ici le sens de capable, puisqu'il s'agit ■d'œuvres de puissance.
Dans cette doxologie, H interrompt plus d'une fois l'énumération de ses exploits pour souligner ses ■précieuses qualités.
64-65. H a parlé d'abord de ses œuvres pies pour Enlil (Bel), parce qu'il lui doit la vocation. Avant de mentionner celles qu'il a accomplies en l'honneur de son dieu national, il rappelle celles qu'il a entreprises •en faveur d'Enki (Ea), père de celui-ci 64-11 1.
Eridu, située à l'embouchure de l'Euphrate, était la ville la plus méridionale du pays de Sumer. Elle 'était consacrée à Enki (Ea). Le nom de cette ville était exprimé par le signe nun qui représente et désigne un poisson. Cette particularité s'explique par le fait que Ea était souvent représenté sous la forme d'un poisson. Enki, cf. I 8-10.
Puisque H parle de la restauration de Nippur, il faut croire que cette ville avait été détruite ou fortement endommagée par un fléau naturel ou par des ennemis.
66-CoL. 11, 1. Suluhhum sanctuaire, la partie la plus sainte du temple. Sans doute H fait allusion à des embellissements et ornementations.
2-4. Les anciens avait divisé le cercle terrestre en quatre secteurs ou réglons. Par conséquent les quatre régions signifient toute la terre. On désignait ces quatre régions par les noms des pays placés aux quatre points cardinaux : Amourrou, l'ouest ; Soubartou et Gutium, est ; Elam, sud ; Akkad, nord. Naram- Sin 2557-2520, de la dynastie d'Akkad, prend le titre de roi des quatre régions. Par ce texte, on voit nue H 'i-evendique la gloire de s'être mesuré avec toute la terre.
5-6. Cf. I, 16-26. Dans cette partie de la doxologie, H indique d'abord comment il s'est acquitté de sa mission vis-à-vis de la capitale de son empire et ensuite il manifeste la façon dont il a rempli ses devoirs reUgieux envers son dieu national.
H dit d'une façon générale qu'il a rendu grande, magnifié la renommée de Babylone. Comme nous avons ici zikru et non sumii, nous préférons la traduction « renommée » ù celle « nom ». Remarquons que H, aussi bien que Anu et Enlil, a magnifié Babylone. En effet le verbe rabii à la voix causative est «mployé ici et dans I 15.
7-9. Marduk est le seigneur de H, parce qu'il est le dieu de la capitale de son empire.
« Toute la psychologie des Hébreux et des Akkadiens tourne autour du cœur. Il est le principe de la vie sensible, intellectuelle et morale... Il est le résumé de l'homme intérieur par opposition à la chair qui «st l'homme extérieur et tangible. » Dhorme, Emploi métaphorique, jR. B., 1922, p. 508. Ici le cœur est
s COMMENTAIRE DU CODE d'hAMMOURABI
10-12. sa umi-(mi)-su iz-za-zu a-na É-sag-ila 13-15. zêr sar-ru-tim sa (ilu) En-Zu (§in) ib-ni-ù-su 16-17. mu-na-ah-hi-is (al) Urim (ki)
considéré comme le siège de la joie et de la tristesse. Mulib ayant rendu bon, content, satisfait, réjoui le cœur de Marduk. Ce bonheur intérieur est plus profond que le bonheur extérieur (de la chair) que H est appelé à procurer à ses sujets I, 47-48.
10-12. E-sag-il, maison à la tête haute, c'est-à-dire élevée, est le temple de Marduk, â Babylone. Voir dans Koldewey, Das wieder erslehende Babijlon, pp. 198-209, la description des ruines et des reconstitutions de ce temple.
C'était pour prier son dieu national, que H entrait chaque jour dans son temple.
13-15. Enzu, « celui que personne ne peut éclairer », est l'équivalent sumérien du dieu sémite Sin, appelé aussi Nannar, dieu lunaire, et par suite le seigneur des jours, des mois et des années. Tandis que Anu, Enhl (Bel) et Enki (Ea) forment la première triade, Enzu (Sin), Samas et Hadad, constituent la seconde.
H, dans l'épilogue convie ce dieu à accabler de ses malédictions le contempteur de son code XXVIIv 41-63, où il fait allusion à plusieurs des prérogatives de Sin. Il est fait allusion, là comme ici, au pouvoir créateur de Sin « Dieu créateur », 42, on attribuait donc à Sin le pouvoir créateur, comme à Ea.
En s'appelant « semence zêr de royauté », H veut signifier qu'il est le fondateur d'une éclatante royauté îUi' Babylone et qu'en même temps, il est capable de la transmettre à de nombreux descendants.
16-17. Il s'agit ici de la ville d'Ur que la Bible signale comme étant la patrie d'Abraham « 'Ur Kasdim », Gen. XI, 28. Ici son nom est écrit par les signes SiS AB (ki), auxquels on donne la lecture phonétique Urum, Ur. Il est à croire que ce dernier nom est d'origine accadienne et correspond à iirni, qui signifie; lumière, ou feu.
Cette ville est située à mi-chemin entre Bagdad et le golfe persique à environ 18 km à l'ouest du cours actuel de l'Euphrate. Dans le sable du désert s'élèvent quelques monticules qui sont les vestiges de l'ancienne Ur. Les Arabes donnent au plus élevé d'entre eux, celui de la zigurrat, le nom de « Tell al Magajjar », colline de poix. L'identification du site de la patrie d'Abraham fut faite en 1854 par J.-E. Taylor, consul anglais à Basra. Ayant fait des fouilles à Tell-al-Mugajjar, il découvrit des inscriptions indiquant qu'il se trouvait sur les ruines de l'antique ville d'Ur. On méconnut la vraie valeur des découvertes de Taylor. Après deux hivers de fouilles, on recouvrit les lieux. En 1922 le directeur du Musée de Pensylvanie, Dr. Gordon, proposa une expédition à Ur, qui serait confiée au Musée de Pensylvanie et au British Muséum. Ce projet fut réalisé sous la direction du Dr. Léonard Woolley, qui y travailla durant sept hivers et pubha les résultats dans Ur Excavations et Ur uncl Sinlflul (le Déluge.) .
Le fait le plus important, que les fouilles de Woolley nous ont appris sur la préhistoire d'Ur, c'est la réalité de l'existence du Déluge, dont nous possédons des relations dans la Bible, et dans des documents sumériens et chaldéens. En effet on a constaté que les vestiges de deux civilisations différentes étaient séparés par une couche de limon de plus de 2 "> 50 d'épaisseur. Une crue ordinaire des fleuves n'aurait pas laissé des dépôts aussi importants. A priori on peut dire qu'un déluge analogue à celui dont la tradition nous a été conservée est nécessaire pour exphquer des vestiges supposant une telle profondeur d'eaux. Il faut noter que les vestiges, situés au-dessous de la couche de limon, attestent une civihsation plus avancée que ceux qui se trouvent au-dessus. « Ainsi peut-on expliquer ce qui jusqu'à ce temps constituait la plus grande énigme du sud de la Mésopotamie, c'est-à-dire la soudaine et complète disparition de la poterie peinte qui paraît avoir été autrefois généralement fabriquée dans la contrée Sud. Les gens qui la faisaient, les anciens habitants du pays, furent engloutis par le Déluge. Les Sumériens, qui survécurent, n'avaient point développé leur culture jusqu'à ce- point, ainsi que nous l'apprennent les fouilles », p. 22. Dans sou article « le Déluge babylonien » paru dans la Rev. bib., 1930, Dhorme nous dit que l'on a fait des découvertes analogues à Kish, aujourd'hui el-Oheimir, qu'on y a retrouvé des tablettes datant de 3100 et « qu'il est certain, d'ores et déjà, que la date de 3300 av. J.-C. proposée par Langdon pour le cataclysme peut s'adapter aux découvertes d'Ur comme à celles de Kish ».
Woolley croit que les premiers habitants d'Ur étaient un peuple se rapprochant des Akkadiens et parlant une langue sémitique. A une époque impossible à déterminer, les Sumériens s'étabUrent dans le pays. Ils n'exterminèrent pas les premiers habitants du pays, mais ils vécurent à côté d'eux, en les traitant toutefois eu esclaves. On a trouvé en effet, dans les couches des tells, des vestiges des deux races. Après de multiples générations, durant lesquelles Ur augmenta sa prospérité, survint le Déluge.
Les autres découvertes faites à Ur sont de la plus grande importance. Au point de vue historique, on trouve des tombeaux de rois et de particuliers que l'on peut dater de 3500 à 3200, c'est-à-dire d'un temps antérieur à la V^ dynastie d'Ur (3100). On sait que cette dynastie est la troisième après le Déluge ; celles de Kish et d'Uruk lui sont antérieures. Parmi ces tombeaux royaux préhistoriques le plus remarquable par ses richesses est celui de la reine Schub-ab. Cf. Wooley, pp. 30-36. Le fondateur de la III"^ dyn. d'Ur fut Ur-Nammu. Jamais, dit Woolley, Ur n'eut autant d'éclat, comme capitale du royaume de Sumer qu'à cette époque. « Ur-Nammu était un grand conquérant et un souverain de valeur, célèbre par sa justice et ses bienfaits ; ses possessions s'étendaient du golfe Persique à la Méditerranée, et ses monuments s'élevaient dans toutes les villes de la Mésopotamie. 11 affranchit son pays de la suzeraineté d'Uruk. Ce fut un bâtisseur infatigable. La construction principale d'Ur-Nammu fut le grand temple de Nannar. On sait que ce fut l'œuvre de ce roi par les cylindres de Nabonide vers 550 av. J.-C, trouvés par Taylor, ea 1854, dans la partie supérieure de la ziggurat. Ces textes nous racontent toute l'histoire du monument et nous disent notamment qu'il fut fondé par Ur-Nammu et par Dungi, son fils et qu'il demeura inachevé. Cf. Woolley, p. 73,
« Si haut que nous remontions dans l'histoire monumentale et documentaire de la ville d'Ur, le dieu qui apparaît comme présidant à ses destinées est le dieu-lune. Sous son nom sumérien de Nannar et sous son nom sémitique de Sin, ce dieu figuré dans les plus anciennes inscriptions... La déesse associée au dieu Sin dans le culte des habitants d'Ur est Nin-gal « grande dame », qui s'appelle « mère d'Ur », de même que