‹ Commentaire français littéral de la Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 2)Chapitre 16 sur 30 · DE LA CONNAISSANCE DES ANGES PAR RAPPORT AUX CHOSES · texte numérisé non relu

DE LA CONNAISSANCE DES ANGES PAR RAPPORT AUX CHOSES

xMATÉRlELLES

Cette question comprend cinq articles :

lo Si les anges connaissent les natures des choses matérielles?

20 S'ils connaissent, les choses singulières?

3o S'ils connaissent les choses futures?

4*^ S'ils connaissent les pensées des cœurs?

5o S'ils connaissent tous les mystères de la grâce?

De ces cinq articles, les quatre premiers examineiil la connaissance des anges par rapport aux choses matérielles considérées dans l'ordre naturel ; le cinquième, par rapport aux choses matérielles, selon que règne parmi elles l'ordre surnaturel. — Dans Tordre naturel, il y a les réalités distinctes des phénomènes de conscience, et les phénomènes de conscience. Parmi les réalités distinctes des phénomènes de conscience, on aura, d'abord, les natures spécifiques, puis les individus de ces natures, et enfin la succession, dans le temps, de tout ce ([ui évolue, ou la raison même de futur. Chacun des quatre premiers articles examine successivement ce qu'il en est de la connaissance des anges par rapport à ces divers points.

Et d'abord, de la connaissance des anges par rapport aux natures des choses matérielles. C'est l'objet de l'article premier.

Article Premier.

Si les anges connaissent les choses matérielles ?

Trois objections veulent prouver que « les anges ne connaissent pas les choses matérielles ». — La première rappelle que

(( la chose (Miteiuiiie est la perfection de celui qui euteiul. Or, les choses matérielles iie peuvent pas avoir raison de perfection par rapport aux anges, puiscpi'elles leur sont inférieures. Donc les anges ne connaissent pas les choses matérielles ». — La seconde objection cite une parole empruntée à saint Augustin et qui fait partie de la glose sur la II*' Épître aux Corint/iiens, ch. xii, v. 2, disant que « la vision intellectuelle porte sur ce qui est dans l'àme par son essence. Or, les choses matérielles ne peuvent pas être dans l'àme de l'homme ou dans l'esprit de l'ange, par leurs essences. Il s'ensuit qu'elles ne peuvent pas être objet de connaissance intellectuelle; mais seulement de connaissance imaginaire, qui saisit les similitudes des corps, ou de connaissance sensible, qui saisit les corps eux-mêmes. Puis donc (pie dans les anges il n'y a ni connaissance imaginaire ni connaissance sensible, mais seulement connaissance intellectuelle, il est impossible ({ue les anges connaissent les choses matérielles ». — La troisième objection pose en quehpie sorte la (piestion préalable. Elle fait observer que « les choses matérielles ne sont pas actuellement connaissables pour l'intelligence ; elles ne peuvent être connues que par la perception du sens ou de rimagiiuition (pii ne se trouvent point dans l'ange. Donc les aiig'es ne connaissent j)as les choses matérielles ».

L'argument sed contrd eu a[)[)elle à ce principe, que « la vertu supérieure peut tout ce que peut la vertu inférieure. Or. l'inleHigence de l'homme, «pii est, [)ar ordre de nature, inférieure à celle de l'ange, [xmiI connaître les choses matérielles. Donc^ à plus forte raison, riiilelligence de l'ang^e le pourra ». L'Ecriture sainte et la Tradition calholicpie confirment, du point de vue de l'autorité, cette conclusion, en nous montrant les aiig^es (pii s'(jccupent incessamment du monde des corps et du monde humain, pour les administrei- au nom et sur l'ordre de Dieu. Or, cette administration serait inq)ossible si les anges ne connaissaient pas les choses matérielles.

Au corps de l'article, saint Thomas se contente de faire re-

manjuer la place que les anges occupent dans l'échelle des êtres.

Il en conclut tout de suite que les anges connaissent les choses

matérielles, et qu'ils les connaissent excellemment. « 11 règne,

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