‹ Commentaire français littéral de la Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 3)Chapitre 20 sur 77 · DES PRÉCEPTES AVANT TRAIT A LA PRUDENCE · texte numérisé non relu

DES PRÉCEPTES AVANT TRAIT A LA PRUDENCE

Cette question comprend deux articles :

1° Des préceptes ayant Irait à la prudence. 3° Des préceptes ayant trait aux vices opposés.

Article Premier.

Si, au sujet de la prudence, a dû être donné quelque précepte parmi les préceptes du Décalogue?

Trois objections veulent prouver (ju" « au sujet de la prudence, a dû être donné ([uelque précepte parmi les préceptes du Décalogue ». — La première dit qu' (( au sujet de la vertu principale doivent être donnés les principaux préceptes. Or, les principaux préceptes de la loi sont les préceptes du Décalologue. D'autre part, la prudence est la vertu principale parmi les vertus morales. Donc il semble (ju' (( au sujet de la prudence, a dû être donné (|ucl(jue précepte parmi les préceptes du Décalogue ». — La seconde objection déclare que « dans la doctrine évangélique, la loi se trouve contenue surtout (piant aux préceptes du Décalogue (cf. Z"-?"^, q. 107). Or, dans la doctrine évangéliciue, est donné le précepte de la prudence ; comme on le voit en saint Matthieu, ch. x (v. 16) : Soyez prudents comme des serpents. Donc, parmi les préceptes du Décalogue, a dû être marqué l'acte de la prudence». — La troisième objection fait observer (pie « les autres livres de l'Ancien Testament sont ordonnés aux préceptes du Décalogue ; aussi bien est-il dit, dans Malachic, chapitre dernier (v. 4) : Souvenez-vous

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de la loi de Moïse, mon serviteur, que je lui ai donnée sur l'Ifnreb. Or, dans les autres documents de l'Ancien Testament, sont donnés des préceptes au sujet de la prudence ; ainsi, dans les Proverbes, ch. ni (v. 5) : Ne t'appuie pas sur ta prudence; et plus loin, chapitre iv (v. 20) : Que tes paupières précèdent les pas. Donc, dans la loi aussi, a dû être placé quelque précepte au sujet de la prudence, et surtout parmi les préceptes du Décalogue ».

L'argument sed contra oppose qu' « on voit le contraire en parcourant les préceptes du Décalogue ».

Au corps de l'article, saint Thomas se réfère au grand exposé qu'il nous a fait du Décalogue dans le traité de la loi. (( Gomme il a été dit plus haut, quand il s'agissait des préceptes (/"-S"*^, q. 100, art. 3; art. 5, ad 1""*), les préceptes du Décalogue, de même qu'ils ont été donnés à tout le peuple, tombent aussi dans la compréhension de tous, comme appartenant à la raison naturelle. Or, ce qui appartient surtout au dictamen de la raison naturelle, ce sont les fins de la vie humaine », ou ce que l'homme doit chercher et vouloir comme étant son bien, u lesquelles sont, dans l'ordre de l'action, ce que sont, dans l'ordre de la spéculation, les principes connus naturellement, ainsi qu'il ressort de ce qui a été dit plus haut (q. 47, art. 6; l"-2''^, q. 9^1). Puis donc que la prudence ne porte point sur la fin, mais sur ce qui est ordonné à la fin, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. ^-, art. 6), il s'ensuit qu'il n'était pas à propos que fût placé parmi les préceptes du Décalogue quelque précepte se rapportant directement à la prudence. Toutefois à la prudence se réfèrent tous les préceptes du Décalogue, selon qu'elle-même doit diriger tous les actes des vertus ».

L'ad primuni répond que « si la prudence l'emporte sur les autres vertus morales, cependant la justice est plus intéressée à la raison de chose due, qui est requise pour le précepte, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. 44, art. 1 ; /"-S"^, q. 99, art. i, 5; q. 100, art. 5, ad 1"'"). Et voilà pourquoi les principaux préceptes de la loi, qui sont les préceptes du Décalogue, ont dû se rapporter à la justice plutôt qu'à la prudence ».

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