QUESTION LXIII. — DE L ACCEPTION DES PERSONNES
AllTICLE 11.
Si dans la dispensation des choses spirituelles trouve place l'acception des personnes?
Quatre objections veulent |)i()U\er ({ue i- clans ia tlispciisation des choses spirituelles, n'a point de place l'acception des personnes » sous sa raison de péché. — La première dit que « conférer une dignité ecclésiastique ou un bénéfice à quel([u'un en raison de la parenté semble appartenir à racceplion des personnes; car la parenté n'est j)as une cause ([ui rende digne d'un bénéfice ecclésiasti([ue. Or, ceci ne semble pas être un péché, puisque les prélats dans l'Kglise ont coutume de le faire. Donc le péché de l'acception des personnes ne semble i)as trouver place dans la dispensation des choses spirituelles ». — La seconde objection déclare ([ue c préférer le riche au pauvre semble appartenir à l'acception des personnes, comme on le voit par saint Jacques, ch. ii (v. i et suiv.). Or», flit l'objt'ct-ion.el on remarquera avec quelle netteté saint Thomas la présente, « on accorde plus facilement des dispenses aux riches et aux puissants (piant au fait de contracter mariage à un degré |)rohibé, qu'on ne le fait aux autres. Donc le péché fie l'acception des personnes ne semble pas avoir lieu dans la dispensation des choses spirituel le-'T ». — La troisième objection, paiticulièrement impoitante, fait o!)servei' t[ue « selon les prescriptions du droit » dans lliglise (chap. (jun (/ilrr/as. de hUeclione), I' il sutfit d'éliic (|uelc[u'un (|ni soit bon, cl il n'est point re(piis d'élire le meilleur. Or. élire (pielqu'un (jui est moins bon à queU|uc chose qui est plus haut semble appartenir à l'acception des personnes. Donc l'acception des personnes n'est |)as im péché, quand il s'agit des choses spirituelles ». — La qualrièm'e objection en ii|)pelle à cc (pie « selon les statuts de l'Kglise (au iiMMue endroit), il faut élire cpieUpriin cpii soit du giron de légli.sc », c'est-à-dire (jui appartient à l'église même dont il
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s'agit d'élire lo litulairo. « Or, cela semble appartenir à l'acception (les personnes, parce (pie (pieUpiefois on trouverait ailleurs des sujets plus coinpélenls. Donc l'acception des personnes n'est pas un p(5clié dans les choses spirituelles». — Ces objections tendent à prouvei-, on le voit, (juc ce que nous avons détini l'acception de ])ersonncs et dont nous avons dit fpie c'était un péché contre la justice distributive, peut bien se trouver dans la gestion des choses si)irituelles et s'y trouve, en effet, souvent; mais qu'en ces choses-là le caractère peccamineux ne racconi[)agne pas. ^ous venons tout à l'heure comment saint Thomas répondra à ces objections.
L'argument scd conlra s'apj)uie sui" le nu)t de saint Jacques, dans son chapitre n (v. i), où <i il est dit : I\'ayez point dans l'acception des personnes la foi de Notre-Seigneur Jésus-Christ. El la glose de saint Augustin dit, à ce sujet : Comment pouvoir supporter que soif élu un riche pour occuper le siège (Vhonneur dans l'Église, au nu-pris du pauvre plus instruit et plus saint ? »
Au corps de l'article, saint Thomas nous rappelle d'abord, que « comme il a été dit (art. préc.), l'acception des personnes est un péché en lant qu'elle est contraire à la justice. Or, ajoute le saint Docteur, plus un homme transgresse la justice eu des choses importantes, j)lus il pèche gravement. H s'ensuit que les choses spirituelles étant supérieures aux choses temporelles, c'est un péché plus grave de faire acception des pei'sonncs dans la dispensation des choses s})i rituel les (pie dans la dispensation des choses lemi)orellcs. VA parce ([uv l'acception des ])ersonues se produit quand on attribue (|uel(iue chose à une personne en dehors de la pi'oportion de ce qui l'en rend digne, il faut considérer que kiflignité d'une personne [)eul se prendre d'une double manière. D'abord, purenuMit et sinqilement, ou en elle-même; et, de ce chef, la plus grande dignité sera en celui qui abonde le plus des dons spirituels de la grâce. D'une autre manière, par rapport au bien commun. C/csl (pren effet, il airi\e (pu'kpu'fois (pie celui (pii est moins saint et moins savant peut ceperulant coiitrihuci- davantage au bien commun, en raison de sa |)uissance, ou de son industrie dans le siècle, ou pour toute autre chose de cette nature. Et parce