QLESTION L\[II. — DE L ACCEPTION DES PERSONNES
Même dans la dispensalion des clioscs spirituelles, ou des biens et des dignités de TEglise, l'acception des personnes peut se trouver. Elle s'y trouve, en efl'el, quand ces biens ou ces dignités sont conférés à telle personne pour elle-même et non en raison de motifs (jui Icn rendent digne et même plus digne que toute autre, sinon d'une façon pure et simple, du moins eu égard à l'utilité du bien commun, (^ette acception des personnes, (|uand elle se produit ainsi dans la dispensation des choses spirituelles, est un péché encore plus grave que lorsqu'elle se produit dans la dispensalion des choses corporelles. — Mais peut-on dire f|uc le péché de l'acception des personnes se lencontre aussi dans les témoignages d'honneur ou de resi)ect rendus aux (li\ erses personnes |)armi les hommes? C'est ce (|u"il nous laul maintenant considéier; et tel est l'objet de l'article qui suit.
Article 111.
Si dans les témoignages d'honneur et de respect a lieu le péché d'acception de personnes?
Trois objections veulent prouver (|ue « dans les témoignages d'honneuiel de respect n"a [)oinl lieu le péché de l'acception des |)crsonncs ». — La première déclare (jue « Ihonneur ne semble être rien autre (pi'une certaine mar(|ue de respect donnée à (pieWju'un en témoignage de la miIii; comme on le ^(^il par \ristote, au li\re 1 de V l\llti/iir (eh. \, ii. .") : de S. Th., Icç. .")). Or, les prélats et h's princes «joivent être honorés, même s'ils sont mauvais; comme aussi les |)arenls au sujet desquels il est ordonné, dans i'K.rotlr, eh. \\ (\ . ii) : lloïKn-c Ion père cl lu nirrc. \A mèrnc les maities doivent être honorés par leurs esclaves, seraienl-ils d'ailleurs mauvais'; selon cette |)arole de la |)ieinière Kpiire à riniol/irr, eh. m (V. I) : (Jiir cf'ii.r (jiii soni esclaves sous le joiuj lie/iiiciil leurs innUres cominc (l'ujncs d'honneur. 11 semble donc (pie l'acccp-
,îOO SOMMI-: TMKOLOGIQUE.
lion de la personne ne soit pas nn péché dans les marques d'honneur (|ue Ton donne aux hoinnies ». — La seconde objection rappelle qu" « il est prescrit, dans le LévUiqae, ch. \i\ (v. 82) : Devant une tête blanche, lève-loi, et honore la personne (lu vieillard. Or, cela semble appartenir à lacceplion des personnes; car, parfois, les vieillards ne sont point vertueux ; selon cette i)arolc de Daniel, ch. \ni (v. ô) : L'inirjuilé est venue des vieill<u'ds du peuple. Donc l'acceplion des personnes n'est pas un péché dans les témoignag^es d'honneur ». — La troisième objection fait remarquer que « sur ce mot de saint Jacques, ch. II (V. 1) : A'«yec point dans Icweeplion des personnes, etc., la glose de saint Augustin dit : Si ce que marque saint Jacques : Alors qu entre (Ui milieu de vous un homme ayant un anneau iTor, de. s'eidend des réuiuons (juotidiennes, qui donc ici ne pèche pas, si toutefois il pèclie. Or, il y a là une acception de personnes, quand on honore les riches pour leurs richesses. Saint (Jrégoire dit, en ellcl, dans une certaine homélie (llom. wviii, sur l'Évangile) : .\otre orgueil est confondu, parce que dans les hoiiunes, ce n'est point la nature qui les fut à l'image de Dieu, mais les richesses, que nous honorons. Il suit de là que les richesses n'étant j)oint une cause sullisante d'honneur, honorer les riches pour leurs richesses appartiendra à l'acception des personnes. Donc l'acception des personnes n'est pas un péché quand il s'agit des témoignages d'honneur ».
L'argument sed coidra o|)pose qu' « il est dil, dans la glose sur saint Jacques, cliapilre 11 (v. 1) : (Jinconque honore le riche pour ses ric/wsses pèclie. El, pour la même raison, il y aura péché, si quel([u"un est honoré en raison d'autres motifs qui ne le font poinl digne (l'Iionneur ; chose qui appartient à lacceplion des personnes. Donc l'acception des personnes dans les témoignages d'honneur est un péché ».
Au corps de l'article, saint Thomas formule en quelques mois d'une admirable précision toute la doctrine de l'honneur, d'où il inféreia immédiatement la solution des difficultés soulevées dans les objections, u L'honneur, nous dit-il, est un certain témoignage rendu à la \ertu de celui (|ui est honoré. Il suit de là que seule la \erlu est la cause qui juslilie l'iion-
QUESTION LXIII. — DE l'aCCEPTION DES PERSONNES. 3oi
ncur. Toutefois, il faut savoir que quelqu'un peut être honoré, non seulement pour sa vertu proi)re, mais aussi pour la vertu d'un autre. C'est ainsi ([ue les prinees et les prélats sont honorés, même s'ils sont mauvais, en tant (ju'ils gèrent la personne de Dieu et de la communauté à la((uelle ils sont pré|)osés ; selon cette parole des Proverbes, ch. wvi (v. 8) : Comme celui (jai (ipporle des pierres an las de Mercure, lel esl celui (jui reml honneur à Cinsensé. C'est que », expli(jue saint Thomas, « les païens attribuaient à Mercure la raison ou le calcul ; et. à cause de cela, on appelle tas ou monceau de Mercure le cnmul de la dette, où le marchand met (pielquefois une petite pierre à la place de cent marcs d'aigent ; pareillement aussi l'insensé esl honoré, parce qu'il est mis à la place de Dieu et à la place de toute la communauté ». Le texte des P/-oi«e/7>ev peut se lin- de diverses manières. Et, paieillement, l'application (|u'en fait saint Thomas ou re\i)lication (|u'il en donne pourraient se discuter du point de vue littéral. Quant à la jjraticjue des marchands (ju'il signale et à l'application (|u'il en l'ail dans la question qui nous occupe, le sens ressort de lui-iuènie : en soi, une petite pierre ne saurait être considéiée comme ayant la valeur de cent marcs ; mais, si elle se trouve placée dans un tas conventionnel, elle pourra représenter cette valeur. De même, parmi les hommes, l'insensé ne mérite en soi aucun h(jnneur; mais s'il occupe telle place où il représente, par la fonction (piil accomplit, Dieu l.ui-uiême et la communauté au nom de qui il agit, dans ce cas on l'Iiouorcia en raison de Dieu et de la communauté. On aura remaitpié, dans le texte de saint Thomas, le rap|)rochemenl et l'union de ces deux formules, répétées par deux fois, au sujet de ceux cpii rem|)lissent une fonction sociale : ils (jèreni lu iiersonne de Dieu el de lu communuulr; ils sont mis à la place de Dieu cl de toide la communtuité. Nous voyons par là à (pielle distance était, du faux démocratisme, la pensée de saint Thomas, en ce (pii louche à la vraie natnicdn |)ouvoir dans la société. Si le chef représente le peuple, il représente davantage encore Dieu Lui-même; et quelle (|ih' |)uisse être la forme démocraticpie d'un l"]lat, la volonté du peuple n'a de valeur (pie si elle est conforme à la volonlé de Dieu.
3o2 SOMME THKOLOGIQUF.
Saint Thomas ajoute, apivs avoir ainsi justifié les tériioij^nagos (riioiuicur qu'on donne auv princes ou aux ])rélats, même s'ils sont mauvais, ((ue « pour la même raison, on doit lionorer les parents et les maîtres, à cause de la participation de la dignité de Dieu, Père et Seigneur de toutes choses. — Quant aux vieillards, on doit les honorer, à cause du signe de la vertu, qui est la vieillesse, hien que ce signe soit ({uelquefois en défaut » et puisse nous tronquer. « Aussi bien, comme il est dil au livre de ((t Sagesse, eh. vi (v. 8, 9) : La vieillesse doit toujours cire Jionorée : mais elle ne se compte point par la longueur et le nombre des années : les clieveux blancs sont pour lliomme su sagesse ; et son âge avancé, sa vie immaculée. — Pour les riches, on les doit honorer en ce qu'ils ont une plus grande place dans les communautés. Si on les honorait seulement eu raison des richesses, ce serait le péché de l'acception des personnes ». — Sur ce dernier point, qui est en un sens le plus délicat, saint Thomas nous donne lui-même un conq:)lément de doctrine extrêmement précieux, dans un article de ses Quodlibet {Quodlibet, X, q. G, art. 1). k Si l'honneur est rendu au riche, nous dit-il, pour des motifs où les richesses peuvent servir, ce ne sera point l'acception des personnes; ce le serait, si les richesses n'étaient pour cela d'aucune utilité. Or, ajoute le saint Docteur, il y a une double sorte d'honneur. L'un, qui est du à quelqu'un en raison de lui-même et pour la vertu qui est en lui ; telle est la recommandation, la louange et autres choses choses de ce genre. Pour cet honneur, les richesses ne servent de rien. Aussi bien, si un tel honneur est rendu à quelqu'un en raison de ses richesses, c'est l'acception des personnes. Et c'est pour cela qu'au témoignage de Valère Maxime, les honneurs qui sont dus à la vertu, comme les triomphes et autres choses de ce genre, ne pouvaient jamais, chez les anciens Romains, être achetés à prix d'argent ». Ilélas ! qu'est devenue la fière indépendance de ces vieux Romains, en nos tcnqîs où l'on a vu des titres qui ont pour devise le nom même de l'honneur être conférés souvent aux plus indignes et s'acheter par les trafics les plus honteux. Saint Thomas ajoute qu' « il est un autre honneur, qui est du à l'homme en raison de la place
QUESTION LXIII. — DE L*ACCEPT10> DES PERSONNES, 3o3
qu'il occupe dans la république «ou dans la communauté. <( Dans ce cas, c'est la république » elle-même ou toute la communauté « qu'on honore dans la personne de tel individu. Telle est la raison qui fait qu'on honore les rois et les princes et autres personnes semblables », quand bien même ces personnes n'aient aucune vertu. Ce n'est point en raison d'elles-mêmes, mais en raison de leur fonction ou de leur place qu'on les honore, d Et parce que, ajoute saint Thomas avec une Une pointe d'ironie mélancolique, dans la républi(|ue » ou la société « terrestre, les riches occupent un état plus élevé, à cause de cela les citovens de la Jérusalem céleste », c'est-à-dire les âmes saintes, « comme en exil dans celte leire de Babylone, doi^ent se conformer aux usages de ceux au milieu desquels ils vivent, ainsi que le dit saint Augustin au livre de la Cilé de Dieu, dans les choses (jui ne sont point contraires à Dieu. Et, pour autant, il est aussi permis d'honorer les riches de ces sortes d'honneurs seulement cpii ont trait au commerce extérieur ». Ce dernier mot est ainsi expliqué à Vml priinuni du même article : « Dans les choses qui ont trait à la foi du Christ, ce serait un péché de préférer les riches aux pauvres, comme dans l'administration des sacrements et autres choses de ce genre ; mais dans les choses que le conmierce du inonde iniplicjuc. il faut se conformer aux usages du monde : ifi liis (/tin' inti/i(U conviclus requirU, oporlcl inundi ijerrrc inoreni ». Quelle sagesse et (pielle mesure dans ces paroles de notre saint Docteur! Et il finit par ce mot. à Vad srcundiun. répondant à une objection (jui \oulait (|u'on ré.serve les honneurs pour ce qui est tli\in, ajoutant (pi'il n'y a rien de divin dans le riche en raison de ses richesses : — « Même les richesses, en lanl ([u'clles soni un certain bien, sont quelf|ue chose de divin, surtout en tant (pielles fournissent le moyen de faire beaucoup de choses bonnes ».
Saint Thomas ajoutait, ici, dans la Soniine, après l'exposé du corjjs de l'article : « Par où les objections se trouvent résolues ».
Donner à quelqu'un une marcjue d'hoimeur ou de respect si n'éclate pas en lui une Maie veitu proportionnée à cette marque d'honneur et de respect, qu'il s'agisse de sa \eitu pio-
3o4 SOrMH TUKOLOGIQIE.
prc ou de la vertu (riiii aiilrc iiu il représente, ou à tout le moins le signe de la \erlu, ou encore une certaine prééminence, ne serait-ce qu'en raison de sa fortune el de l'action salutaire qu'il peut avoir par là dans la société, ne laisse pas d'èlre un véritable péché d'acception des personnes, contraire à la justice distributive : car de donner aux uns, sans la raison (|ui le ludtivc, ce à (pioi les autres n'ont droit qu'à cause de cette laison , c'est diminuer la valeur de ce qu'on donne à ces derniers, quand il s'agit des choses de llioiineur et (\u respect, si tant est d'ailleurs qu'on ne les en prive pas euxmêmes pour le donner aux autres indûment : et, dans un cas comme dans l'autre, c'est pécher contre la justice distributive. — Il ne nous reste plus qu'à examiner si le péché de l'acceptiiMi des personnes peut avoir lieu dans les jugements. Ce va être l'objet de l'aiticle qui suit.
AUTICLE IV.
Si, dans les jugements, a lieu le péché de l'acception
des personnes?
Trois objections veulent prouver que « dans les jugements n'a point lieu le péché de l'acception des personnes ». — La première rappelle que « l'acception des personnes s'oppose à la justice distributive, ainsi qu'il a été dit (art. i). Or, les jugements sendilent le plus appartenir à la justice commutative. Donc l'acception des personnes n'a point lieu dans les jugements )). — La seconde objection fait observer que « les peines sont infligées par un certain jugement. ()r. dans les peines se produit l'acception des personnes sans qu'il y ait péché : c'est ainsi que sont puni- i)lus gravement ceux qui commettent une injure contre les personnes des princes que ceux qui la commettent contre les personnes des autres. Donc l'acception des personnes », sous sa raison de péché, « n'a point lieu dans les jugements ». — La troisième objection remarque qu' a il est dit, dans VEcclésiastùjiie, cli. iv [\ . lu) : Qaaiul la jnijes, sois
QUESTION LXIII. — DE LaCCEPTION DES PERSONNES. 3o5
m'iséricordieux mue pupilles. Or. cela semble faire acceplioa de la i)ersoiine du pauvre. Donc l'acceplion de la personne dans les jugements n'est pas un péché ->.
L'argument sed contra cite le texte des Proverbes, ch. xvni (v. 5), où ft il est dit : Faire acception de la personne dans le jugement n'est pfis chose fxjnne ».
Au corps de l'article, saint Thomas répond que « comme il a été dit plus haut (q. 60, art. i), le jugement est l'acte de la justice, selon que le juge ramène à l'égalité de la justice les choses qui peuvent causer l'inégalité opposée. Or, l'acception des personnes implique une certaine inégalité, en tant qu'on attribue à une personne au delà de sa proportion, dans laquelle consiste l'égalité de la justice » : il n'y a égalité, en elTet, que si l'on attribue à une personne ce qui est en proportion avec ce (jui est en elle, ou avec ce qui constitue son droit; si donc on lui accorde, dans le jugement, ce à quoi elle n'a pas droit, uniquement parce que c'est elle, il y a là une acception de la personne qui constitue au premier chef un péché contre la justice. « Il s'ensuit manifestement que l'acception des |)ersonnes gâte le jugement » et le rend injuste.
Lad primum dit que « le jugement peut se considérer d'une double manière. — D'abord, par rapport à la chose même qui est jugée. De ce chef, le jugement est quelque chose de comjnun à la justice commutative et à la justice distributive : on j)eut, en cfTet, délinir ou déterminer par le jugement comment quelque chose de commun doit être distribué entre plusieurs, et conmient l'un doit restituer à un autre ce qu'il lui a pris. — D'une autre manière, le jugement peut être considéré quant à la forme même du jugement, en tant que le juge, même dans la justice commutative. prend de l'un pour donner à l'autre ». Ici, on ne considère plus directement ou en soi la chose elle-même qui passe de l'un à l'autre: mais on considère le fait qu'on prend de l'un et qu'on donne à l'autre : ce sont les personnes qui sont directement considérées, en tant que^ l'une |)erd et que l'autre reçoit. « Or, ceci appartient à la justice distributive > dont le propre est de considérer les personnes dans leurs rapports avec la cause, objet de l'acte de justice.
\I. — Lm Prudence et la Justice. 20
3o6 SOMME THKOLOGIQLE.
« Il s'ensuit qu'à ce litre, eu toiil ju^etnenl pont avoir lieu racceplion des personnes ».
Vad secunduin déclare ((ne a si (|uelqu'un est pinii plus gravement pour une injure conunise contre une personne plus haute, ce n'est point l'acceiilion des personnes; parce que la diversité des personnes produit dans ce cas une diversité dans la chose elle-même, ainsi qu'il a été dit ])lus haut » (q. 08, art. lo, <i(l3'""; q. Oi, art. 2, <i(l 3'"").
Lad leiiium explique (jue « Ihomine doit, dans le jugement, subvenir au pauvre tant qu'il le peut, mais sans jamais blesser la justice ; autrement s'appliquerait ce qui est dit dans VExade, ch. xxni (^ . 3) : Tu n'auras point pUié même du pauvre dans le jugement » ; c'est-à-dire ([ue même la considération qu'il s'agit d'un pauvre et d'un miséreux ne doit point faire fléchir la justice et amener un jugement injuste. Dans le cas contraire, ce serait manifestement l'acception de la personne : car si la qualité de pauvre peut justement provoquer la pitié et la commisération, elle ne peut pas faire que le droit cesse d'être le droit ou que le droit soit altéré.
En tout jugement qui fixe en justice ce qui doit être fait soit par mode de distribution soit par mode de commutation, le péché de l'acception des personnes peut se rencontrer; parce que tout jugement implique l'attribution de quelque chose à quelqu'un. Si donc dans cette attribution on considère non point ce qui rend tel sujet digne de telle attribution, soit en raison des qualités de sa personne ou des biens qui lui assignent telle place, dans la justice distributive, soit en raison du titre légitime qui constitue son droit strict à telle chose, dans la justice conunutalive, mais simplement le fait qu'il est un tel dont la personne nous plaît en raison de ce qu'il est pour nous, il y aura toujours nécessairement acception dans la ])ersonne; et cette acception sera un péché contre la justice distributive.
Après avoir déterminé ce qui pouvait avoir trait au péché ou au vice de l'acception des personnes, opposé à la justice
QUESTION LXriI. — DE l" ACCEPTION DES PERSONNES. ùO'
dislributive, « nous devons maintenant considérer les vices opposés à lu justice comnuitative. Et, d"al)ord, les péchés qui se coniniettent à l'endroit des commutations involontaires (q. ft^-'G) ; ])uis, les péchés qui se commettent à lendroit des commutations volontaires (q. 77-78). — V l'endroit des commutations involontaires, les péchés se commettent en ce qu'on cause du dommage au prochain contre sa volonté; chose (jui peut se faire d'une double manière : par des actes; et par des paroles. — Par des actes, (juaad le prochain est lésé : ou dans sa personne propre; ou dans une personne (jui lui est unie; ou dans ses biens propres (cf. q. Gi, art. 3). De toutes ces choses donc il nous faut liaiter i)ar ordre» : des péchés contre les personnes (c[. (»'|-G3) ; ties péchés contre les biens (q. GG). — D'abord, des péchés contre les peisonnes. Ils peuvent se produire d'une double manière : l'une, radicale, et qui consiste à donner la mort; l'autre, comprenant tous les modes dont on peut violenter une personne en devà de la mort. — Le premier mode, ou « l'homicide, par UHjuel (hi nuit le plus au prochain », va faire l'objet ilc la (piestion suivante.
UlESTION LXIV