QUESTION LXVI. — DL VOL ET DE LA RAPIXE
saisir la doctrine. Mais, auparavant, lisons les réponses aux objections.
Lad priinuin dit que u la communauté des choses est attribuée au droit naturel, non que le droit naturel dicte que toutes choses doivent être possédées en commun et rien en propre; mais parce que la distinction des possessions n'est point due au droit naturel; elle vient plutôt des conventions humaines, ([ui appartiennent au droit positif, ainsi qu'il a été dit plus haut (q. 3;, art. 2. 3). Aussi bien la propriété des possessions n'est point contre le droit naturel ; mais elle se surajoute au droit naturel pav l'invention » ou comme fruit « de la raison humaine ».
h'ad secunduin fait observer (|ue « celui (jui, venant le premier aux spectacles, préparerait au\ autres la voie, n'agirait pas d'une façon illicite; mais ce qui est illicite dans son action, c'est qu'il empêche les autres. Kt, pareillement, le riche n'agit point d'une façon illicite, si, occupant le premier la possession d'une chose (jui au commencement était comnmne, il la communique aux autres ; mais il pèche s'il refuse aux autres, d'une façon indiscrète, l'usage de celte chose. C'est pour cela que saint Basile dit, an nwMue endroit : Pour(juoi es-(u da/i.s t'dijondanre ri lui d<ins l<i nwndicilr, siitoii afin (jitc /« ohlienne.s les ini'i'iles d'une bonne disfteii.sfdion el lui la ronronne f/ui rrroniprnsera aa palienee ? »
].'ad lerlitnn répond dans le même sens. « Quand saint Ambroise dit : Oue personne n'a i)i)elle propre re (jid esl eoaunun, il ])arle de la propriété (piant à l'usage. Et voilà pourquoi il ajoute : Tout re ijui dépasse le néressaire. le (jarder esl une injuslice ».
Tout est à retenir dans cet articje de saint Thomas et dans ces réponses. Pour entendre dans son vrai sens la doctrine si profonde, si délicate et si opportune à l'heure actuelle, (|ue le saint l3octeur nous \ li\ie, nous ne pouvons mieux faire (pie d'en demander la clef à saint Thomas lui-même. Il nous fa (lonn<' dans son conunentaire sur le livre II des Poliliques d'Arislote, leç. \. ha fjuestion examinée en cet endioit est