QUESTION LXVI. DU VOL ET DE LA RVPINE. OQJ
r/ratificari iiKUcjenlibas... \on juslHidc, excepto in rchiis extremis, officia ista sunt, sed carilcUis chrislianae, quuin prufecto lecjc wjcndo pelerejus non est ».
On aura remarqué que le Souverain Ponlifc parle de charité chrétienne, non de justice, en ce qui est de lobligalion. pour ceux qui possèdent, de donner de leur superflu à ceux qui sont dans le besoin, sauf le cas d'extrême nécessité, où la justice inlerNicnl au sens strict. — Et il n'est pas sans intérêt de rapprocher ces mots de ceux (|ue nous lisions dans Arislote, à la suite de saint Thomas, où la communication des biens était donnée comme le fruit de l'amitié parmi les hommes : doctrine merveilleusement concordante, qui nous montre transformée et surélevée par la charité chrétienne une condition de l)ien social que la droite raison dictait déjà au |)liil()sophe |)aïen. Nous voyons, par là, aussi, combien serait oulrée, el non seulement peu chrétienne, mais même peu en harmonie avec les ^raies conditions de notre natuic, la doctrine rpii voudrait ré^Mer par la seule justice stricte les rapports des hommes entre eux. Il y a toute une zone, une zone très vaste, et aux applications infinies, où le \rai bien parmi les hommes ne peut être promu que par des vertus supérieures à la stricte justice. Elles s'appellent, dans l'ordre surnaturel, la charité; el. même dans l'ordre naturel, une amitié faile de bienveillance el de condescendance. C'est ici que doivent inlerveiiir, à côté ilea Justes Iftis, impuissantes à tout ré'^^ler pour le bien des liommes, ces belles coutumes dont nous parlait Aristote et dont il nous marquait un exemple si plein d'inlérêl dans la cité de Lacédémonc.
Ces belles coutumes s'ai)pellent, dans lEj^lise catholifiue. du nom (Vœuvres de charité, où ceux (jui possèdent trouvent un njoyen si facile el si sur de faire parvenir aux iuili^aMits le superflu qui doit être la part de ces derniers. Mien n'est supérieur, dans l'ordie des movens destinés à assuier, même du point de vue temporel, le bien des hommes, à celte doctrine el à celle |)iati(|ue constante de l'EjUflise calholi(|ue. faisaril des œuvres de charité le couronnement de toutes les autres œuvres pouvant exister |)armi les hommes en \ ne de remédier aux maux inséparables de la vie humaine. Il \ aurait donc, comme
SqC) sommk thiîologique.
le remarque le Pape Léon XllI, clans son Encyclique lieruni novarum, injustice et ingratitude, en même temps qu'imprudence souveraine, à passer sous silence ou à discréditer ce rôle de l'Eglise dans les œuvres de charité, pour ne plus en appeler qu'à la raison de justice, dans les rapports des hommes entre eux, et aux institutions sociales d'ordre exclusivement laïc hasées sur l'intervention de la loi civile.
En disant que l'obligation de tenir pour commune dune certaine manière et non point comme exclusivement propre la possession des choses extérieures quant à l'usage, et, par suite, de faire part de ces choses aux autres, relève de la charité ou de l'amitié et de la bienveillance, non de la justice au sens strict, nous n'entendons pas exclure toute raison de justice dans cette obligation. C'est qu'en effet la raison elle-même, fondée sur le droit naturel, dicte que les choses extérieures étant faites pour l'homme, si quelqu'un possède ces choses en surabondance alors que d'autres sont dans le besoin, c'est un devoir pour lui de ne point retenir son superflu mais d'en faire part aux autres. Les autres n'ont pas le droit, sauf le cas d'extrême nécessité, d'exiger de lui, en rigueur de justice, la communication de ce superflu; mais lui-même est tenu, au nom même de la seule raison naturelle, de faire cette communication selon le mode qu'il jugera le plus approprié : en telle sorte qu' « il aura un jour à rendre compte, et de façon très sévère, à la justice de Dieu, de l'usage de sa fortune » ; ce sont les expressions mêmes du Pape Léon XllI.
Toute cette grande doctrine, avec les nuances que nous venons de préciser, se trouve exposée en termes magnifiques dans le Panégyrique de saint François d'Assise par Bossuet. « .le dis donc, ô riches du siècle, s'écrie Bossuet, que vous avez tort de traiter les pauvres avec un mépris si injurieux. Afin que vous le sachiez, si nous voulions monter à l'origine des choses, nous trouverions peut-être qu'ils n'auraient pas moins de droit que vous aux biens que vous possédez. La nature, ou plutôt, pour parler plus chrétiennement, Dieu, le Père commun des hommes, a donné dès le commencement un droit égal à tous ses enfants sur toutes les choses dont ils ont besoin pour la conservation de