‹ Commentaire français littéral de la Somme Théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 4)Chapitre 11 sur 40 · QUESTION XXX. DE LA PLUR.VLITK IJKS PRRSON.VES EN DIEU · texte numérisé non relu

QUESTION XXX. DE LA PLUR.VLITK IJKS PRRSON.VES EN DIEU

du P. Billot et dans toute son argumentalion, le mot subsistence est trop pris dans h* sons de simple existence réelle par mode de substance. Or, il dit plus que cela, nous l'avons vu. Il signifie, en effet, soit le fait d'exister en soi et pour soi, soit, d'une façon concrète , cela nicmc qui existe ainsi en soi et pour soi, distinct de tout ce qui n'est pas soi et, par suite, incommunicable. Et sans minute, l'essence divine considérée en elle-même et sans tenir compte des relations personnelles, existe bien en soi et pour soi, de façon incommunicable, par rapport à tout ce qui n'est pas Dieu ; mais elle n'existe pas de cette façon-là en Dieu où elle est communicable et où elle est communiquée en fait par le Père au Fils, par le Père et par le Fils "au Saint-Esprit. Il s'ensuit qu'elle n'a pas la raison de subsistence en ellomème, mais seulement dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit.

Un dernier mot du P. Janssens nous fera comprendre la portée de celte doctrine qu'il appelle, à si juste litre, « plus profonde, profiindior »,. et dont il nous dit qu'elle « manifeste plus efficacement la nécessité essentielle et pour ainsi dire organique du Dieu-Trine ». Le P. Billot avait dit : « Nous devons tenir comme certain de la plus absolue certitude que la signification de ce mot Dieu est absolument la même pour le philosophe et pour le théologien; attendu que ni le Père, ni le Fils, ni le Saint- Esprit n'entrent dans le concept formel de Dieu, et qu'ils n'emportent que la réelle identité de ce Dieu souverain ou de cette infinie essence en elle-même subsistante, avec les trois relations personnelles par lesquelles sont constitués les suppôts distincts ». On remarquera toujours la même confusion du mot subsistence avec l'existence réelle par mode de substance : car s'il est vrai que chacune des propriétés personnelles en Dieu a d'être la réalité souveraine qu'elle est, à cause de son identité avec l'essence divine, c'est elle qui donne à cette divine essence d'avoir la raison de subsistence, c'est-à-dire d'exister de façon incommunicable, raison qu'elle n'a pas par elle-même, jaiisque par elle-même elle est communicable et qu'elle ne devient incommunicable ou existant en soi et pour soi — non par rapport aux créatures, mais en Dieu — qu'autant qu'elle a raison de Père ou de Fils ou

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de Saint-Esprit, ce qu'elle n'a précisément que par les propriétés personnelles. — Aussi bien, le P. Janssens n'hésile-t-il pas à ajouter : « Il est vrai que par le raisonnement philosophique on arrive à démontrer que Dieu est si souverainement simple qu'en Lui l'essence et la suhsistence ne se dislingueut aucunemonf d'une distinction réelle. Mais là s'arrête la philosophie. — Oiuint à savoir si cotte suhsistence » qui, en effet, s'iden'ifie réellement à l'essence divine, « est une ou trine, non seulement elle ne le cherche pas, mais elle n'aurait jamais soupçonné qu'on pût le chercher. La révélation, ici, complète la philosophie; et non seulement elle fait connaître le problème, mais encore elle le résout en telle manière, selon nous, qu'elle enseigne qu'il faut nier qu'il y ait en Dieu la subsistence une et affirmer en Lui la suhsistence trine. D'où il suit que le mot Dieu, pris d'une façon concrète, n'a pas pour le philosophe et pour le chrétien une signification de tous points identique; car en prononçant le mot Dipu, le philosophe entend un seul sui)sistant; le chrétien, au contraire, entend que dans une seule et même nature divine ils sont trois subsistants : le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. C'est pourquoi nous estimons que la révélation a complété la signification même formelle concrète du mot Dieu ».

On ne pouvait mieux dire; et nous sousciivons sans réserve à ces graves et admirables paroles du P. Janssens.

Après avoir traité de la pluralité des personnes divines en elle-même, saint Thomas étudie ce qui suit à l'unité ou à la pluralité en Dieu, c'est-à-dire des termes qui se réfèrent soit à l'une soit à l'autre et de la manière de nous exprimer à leur sujet. C'est l'objet de la question suivante.

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