‹ Commentaire français littéral de la Somme Théologique de Saint Thomas d'Aquin (volume 4)Chapitre 20 sur 40 · QUESTION XXXIV. DK LA PERSONNE UU FILS · texte numérisé non relu

QUESTION XXXIV. DK LA PERSONNE UU FILS

tant qur dans cette siyniticaliun est incluse l'essence » d'une façon oblique, ainsi qu'il a ('>té dil. <( De nu^Mue, en elï'et, qu'il est pro[)re au Fils d'être Fils, ^le même il lui est propre d'être Dieu eniçendré ou Créateur engendré. Et à ce titre se trouve itn[)li(|ué le lapport à la créature dans le nom de N'erbe », même à prendre ce nom-là en ce qu'il a de tout à fait personnel. — Dans cet ad primi/m, saint Thomas vient donc de nous montrer que dans le mol Verbe est compris le rapport à la créature, pour une double raison : premièrement, parce (pie le Verbe est Dieu, et par suite ayant à la créature le rapport de principe qui connaît et qui cause; secondement, parce qu'il est Dù'ti engendré; et, par suite, de même qu'il reçoit du Père la nature divine, II reçoit de Lui d'être l'expression et la cause de la créature.

Lad secundum répond à l'objection tirée du côté temporel des relations de Dieu à la créature. Il rappelle que « les relations suivent les actions ». Or, il y a en Dieu deux sortes d'actions : l'action au dehors et l'action au dedans. « Il y aura donc des noms qui impliqueront de Dieu à la créature la relation qui suit à l'action de Dieu au » dehors portant sur un effet extérieur, comme l'action de créer ou de g-ouverner; et ces termes se diront de Dieu dans le temps. Mais il est d'autres relations qui suivent à l'action qui ne porle pas sur un effet extérieur, mais demeure en celui qui agit, comme l'action de savoir ou de vouloir. Les te mes qui les expriment ne se disent pas de Dieu dans le temps; c'est de toute éternité que Dieu connaît et veut les créatures qui ne seront que dans le temps. « Or, c'est une telle relation à la créature qui est comprise dans le nom de Verbe ». On voit par là qu' « il n'est pas vrai », comme semblait l'entendre l'objection, « que les noms impliquant une relation de Dieu à la créature se disent tous de Dieu dans le temps* ceux-là seuls «e disent ainsi qui impliquent un rapport suivant à l'action de Dieu qui porte sur un effet extérieur ».

Vad tertiuni n'a qu'un mot pour résoudre l'objection qui l(ju(he, nous l'avons dit, au point le plus délicat de la question actuelle. L'objection prétendait ipie si le Verbe disait un rapiiort à la créature, il s'ensuivrait qu'il procéderait de la créature. Saint Thomas répond (jue « les créatures ne sont pas connues

De la Trinité. 21

32 3! SOMME TIIKOLOGIQUE.

de Dieu! par une science qui serait tirée des créatures ellesmêmes, mais bien par son essence. Il s'ensuit qu'il n'est pas nécessaire que le Verbe procède des créatures, bien qu'il en soii l'expression ». Le Verbe procède bien de la connaissance que Dieu a des créatures; mais II ne procède pas des créatures, attendu que Dieu ne tire pas des créatures la connaissance qu'il en a. H ne tire cette connaissance que de Lui-même. Par conséquenl, ce n'est que de Lui que le Verbe procède. Nous allons revenir tout à l'heure à cette question, qui a soulevé d'assez vives controverses parmi les théologiens scolastiques.

Uad quartum est très précieux. Il le faut bien retenir; car il marque nettement la différence qu'il y a entre les idées divines et le Verbe divin. « Le nom d'idée, explique saint Thomas, a été employé principalement pour désigner le rapport à la créature; et voilà pourquoi on le dit au pluriel en Dieu », selon la multiplicité et la diversité de ces rapports, a ni il n'est un terme personnel. Le nom de Verbe, au contraire, a été employé principalement pour désigner le rapport à Celui qui le dit; ce n'est que conséquemment qu'il a trait à la créature, selon que Dieu en s'entendant Lui-même entend toute créature. Aussi bien le Verbe en Dieu est unique et se dit personnellement ».

Uad quintiim ne voit aucun inconvénient à admettre que le Verbe de Dieu dit un certain rapport, même à ce qui n'est pas. Il en est de Lui comme de la science divine. « De même que la science de Dieu porte sur le non-être, de même le Verbe de Dieu; car il n'est rien qui soit dans la science de Dieu et qui ne soit pas dans son Verbe, ainsi que le dit saint Augustin {de la Trinité, liv. XV, ch. xiv). Seulement, quand il s'agit des êtres qui sont, le Verbe de Dieu a tout à la lois raison d'expression et de cause, tandis qu'il ne fait qu'exprimer ou manifester le non-être », Il ne le cause pas.

La doctrine exposée par saint Thomas dans cet article et dans les réponses que nous venons de voir se retrouve dans la question 4 de Veritate, article 5. Il ne sera pas inutile de reproduire ici cet article du de Veritate : « Toutes les fois, y explique le saint Docteur, que deux choses ont rapport entre elles de telle sorte que l'une dépend de l'autre sans que cette autre dépende

Page 1