QUESTION XLII. KGALITÉ ET SIMILITUDE DES PERSONNES
coMiimmaulé de la nirinc nature (Ji\iiie, f]ui, lout en reslani parl'ailenienl une et ideiitifjue, se reli'ouve en rliacune des trois Personnes divines, dont la raison propre, d'ailleurs, exige et inclut, pour chacune d'elles, la raison propre des autres, avec ceci encore, cpic le caractère même de leur origine demande et accuse cette parfaite ininianence de l'une dans l'autre. — Apiès Vcgalilé de durée et l'égalité de grandeur, il ne nous reste plus à examiner que l'égalité de puissance.
C'est l'objet de l'article suivant.
Article VI.
Si le Fils est égal au Père en puissance ?
Nous devons faire de nouveau, ici, la remarque déjà faite plusieurs fois au cours de cette question. Bien que saint Tiionias ne s'enquière expressément que du Fils, il s'agit aussi de l' Esprit- Saint. Que si le saint Docteur mentionne plus spécialement le Fils, c'est à cause des difficultés particulières soulevées à son su- , jet. — Trois objections, où nous trouvons résumées toutes celles que faisaient les ariens, veulent prouver que « le Fils n'est pas égal au Père, en puissance », — La première cite la parole du Christ, en saint Jean, ch. v, v. 19, déclarant que « le Fils ne peut rien faire de Lui-même, mais seulement ce qu'il voit que le Père fait. Or, le Père peut agir de Lui-même. Donc le Père est plus grand que le Fils, en fait de puissance ». — La seconde objection fait remarquer qu' « il y a plus de puissance en celui qui commande et enseigne, qu'en celui qui obéit et écoute. Or, le Père commande au Fils, selon cette parole du Christ, en saint Jean, ch. xiv (v. 3i) : ainsi que le Père m'a marquéj ainsi Je fais. De même, le Père enseigne le Fils, selon cette autre parole, que nous lisons en saint Jean, ch. v (v. 20J : le Père ai/ne le Fils et II lui montre tout ce qu'il fait. Pareillement., le Fils écoute, comme nous le voyons par ce mot, en saint Jean, ch. v (v. 3o) : ainsi que /entends, je juge. Le Père est donc d'une plus grande puissance que le Fils ». — La troisième objection,
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très sul»tile, note que « c'est une propriété de la toute-puissance du Père de pouvoir engendrer un Fils égal à Lui. Saini Aus^uslin dit, eu effet, dans son III^ livre contre Maximin (ou liv. Il, ch. vu) : s'il na pas pu engendrer quelqu'un qui lui soit égal, où est sa toute-puissance ? Or, le Fils ne peut pas engendrer nu autre Fils, ainsi que nous l'avons montré plus haut (q. l\i, art. (î, ad /""S ad 2'""). Donc le Fils ne peut pas tout ce qui est du ressort de la toute-puissance dans le Père ».
L'argument sed contra est le mot décisif de Jésus-Ciirisl en saint Jean, ch. v, v. 19 : Tout ce que le /^ère/ait, cela, le Fils, aussi, le fait semblablement. Et, comme le fait remarquer ici le P. Janssens, ce texte si décisif n'est que la suite du texte cité dans la première objection. Par où l'on voit avec quelle ph'nitude saint Jean a pénétré l'enseignement du Christ sur Luimême, marquant, d'une part, que tout ce qu'il a, son être, sa puissance, son agir, lui vient du Père, et que., d'autre part, Il a tout ce que le Père a, le même être, la même puissance., le même agii'. — L'autorité de l'Eglise est intervenue sur cette question et ne laisse aucun doute au sujet de la parfaite égalité, dans la puissance, des Personnes divines. Nous lisons dans le symbole qui porte le nom de saint Athanase : Tout-puissant est le Père, tout-puissant est le Fils, tout-puissant est le Saint-Esprit. Le IV** concile de Latran déclare aussi que « le Père qui engendre, le Fils qui naît, l'Esprit-Saint qui procède, sont consubstantiels, et coégaux, et co-tout-puissants, et coéternels » (Denzinger, n" 355).
Au corps de l'article, saint Thomas répond qu' « il est nécess;iire de dire (jue le Fils est égal au Père, en fait de puissance. C'est qu'en effet, prouve saint Thomas, la puissance d'agir suit la perfection de la nature; et nous voyons, réellement, parmi les créatures, que plus un être est parfait dans sa nature, plus il a de vertu pour agir. Or, nous avons montré plus haut (art. 4)) que la raison même de la paternité et de la filiation divines exigeait que le Fils soit égal au Père en grandeur, c'est-à-dire, au point de vue de la perfection de la nature. Il s'ensuit de toute nécessité que le Fils est égal au Père dans la puissance. — Et la même raison, ajoute saint Thomas, vaut pour l'Esprit-Saint, relative-