QUESTION XLII. ÉGALITÉ ET SIMILITUDE DES PERSONNES
ineiil au Père et au Fils » : Il a, nous le savons, la même na- Imc et, |»arlant, la inèiiic peifeclion (jui est dans le Pèie el dans If Kils; el donc, aussi, la même puissance. — C'est toujours la même raison qui domine toute cette question de l'égalité des Personnes divines entre elles : la communauté de la naluie di- \iiie toujours uiu; et identique. Pour n'avoir pas pris garde à cette raison, Abélard s'était grossièrement trompé, voulant faire de la Toute-Puissance une propriété du Père [Cf Patrologie latine, t. CLXXXII, col. io54).
L'ad primnm explique le texte cité dans la première objection, en le rapprochant de ce qui en est la suite, comme nous l'avons vu à l'argument sed contra. « Lorsqu'il est dit que le Fils ne peut rien faire de Lui-même^ ce n'est pas pour enlever au Fils quelque puissance qui serait dans le Père, puisqu'il est ajouté, tout de suite après, que tout ce que le Père fait, cela, le Filsj aussi, le fait seinblablement. C'est pour montrer que le Fils tient du Père sa puissance, comme II tient de Lui sa nature. •Vussi bien, saint Hilaire, au ch. ix de la Trinité (n. 48), a-t-il pu dire : U unité de la nature divine est de telle sorte que le Fils, bien qu'il agisse par Lui-même, n'agit pourtant pas de Luimême ». — Nous voyons, par cette réponse, combien téméraire et désastreuse est la prétention des critiques qui veulent inter- [)réter les textes bibliques sans tenir aucun compte de la théologie; bien plus, avec le secret espoir, trop souvent, de montrer, par les textes, que la spéculation théolog^ique est une chimère. Aussi bien aboutissent-ils — et c'était fatal — à trouver partout des contradictions, dans le texte biblique, parce qu'ils se sont privés de la seule lumière qui devait leur en faire voir l'harmonie.
L'ad secundum donne une double réponse. — La première consiste à dire que « dans la dr/tianstrafion du Père et Vaudition du Fils, nous devons entendre seulement que le Pèi-e communique au Fils sa science comme 11 lui communique son essence. Et l'on peut ramener au même ce qui est dit du mandat du Père, l'entendant en ce sens que le Père, de toute éternité, lui donne la science et la volonté d'agir, en l'engendrant. — C>n peut aussi, et préférablement encore, rapporter tout cela au
Christ » en tant qu'homme ou « en raison de sa nature humaine ».
h'ad tertium rappelle Vad secundum de l'article 4 <îI l'article 5 de la question précédente. C'est la même réponse. « De même, nous redit ici saint Thomas, que la même essence, qui, dans le Père, est paternité, dans le Fils est filiation ; pareillement, c'est la même puissance qui fait que le Père engendre et que le Fils est engendré. Et l'on voit donc que tout ce que peut le Père, le Fils le peut aussi. Il ne s'ensuit pourtant pas qu'il puisse engendrer; car, conclure ainsi, serait passer de la substance à la relation » : le mot puissance, en effet, est un terme absolu, ou d'essence; tandis que « le mot engendrer est un terme de relation, en Dieu. Le Fils a donc la même puissance que le Père, mais avec une autre relation. Car le Père l'a comme Celui qui donne, et le Fils l'a comme Celui qui reçoit »; mais Celui qui donne n'a pas plus que Celui qui reçoit, puisque c'est identiquement la même chose qui est dans les deux. « Or^ précisément, quand nous disons que le Père peut engendrer, nous \ oulons signifier que la puissance est en Lui comme en Celui qui donne; et quand nous disons que le Fils peut être engendré, nous voulons signifier que la puissance est en Lui comme en Celui qui reçoit ».
Les trois Personnes divines sont, entre elles, d'une parfaite et absolue égalité : égales en durée, égales en grandeur ou en perfection, égales en puissance. La seule chose qui marque leur différence, sans nuire, en rien, d'ailleurs, à leur parfaite égalité, c'est leur ordre d'origine, en ce sens que tout ce qui est dans le Fils, et qui est précisément et adéquatement cela même qui esl dans le Père, lui vient du Père ; et tout ce qui est dans le Saint- Esprit, qui est cela même qui est dans le Père et dans le Fils, lui vient du Père et du Fils. « Dans ce qui procède de Lui. le Père voit et aime une beauté égale à Lui-même, une beauté infinie, splendeur suprême de l'ordre dans la suprême égalité des perfections. Ne craignons pas d'exalter la gloire du Fils, elle rejaillit sur son Père; ne craignons pas d'exalter la gloire de l'Es-prit-Saint, elle revient tout entière à ses principes. Père, Fils,
QUESTÎON XLrr. — KGALITÉ ET SfMtLITTTDR DES PERSONNES. 565
Esprit-Siiiiil sonl t'miiix on touirs choses, Ancmi d'eux ne précède les autres dans l'éternité, aucun d'eux ne surpasse les autres en grandeur et en puissance. Cependant c'est une hiérarchie où les origines sont subordonnées aux principes, les missions aux origines. Ei,'^;di(é sans confusion, hiérarchie sans dépendance, le plus bel ordre qui se puisse concevoir dans une société, la plus belle société qui se puisse concevoir dans l'unité. — 0 merveilleuse beauté! » P. Monsabré, Conf. de Notre-Dame, carême de 187/1, coif- lo-
Il ne nous reste plus à contempler (jue le 'iernier trait de cette divine beauté; et c'est celui des missions diviiles.
QUESTION XLIll.